Je crois, d'abord et avant tout, à la France (et) aux français. Notre pays n'est pas seulement grand par son histoire : il est grand aussi par sa duplicité.
Les Français ont montré qu'ils savaient réussir dans le monde d'aujourd'hui. Ils font partie des peuples qui croient connaître le mieux les autres pays du monde. Ils se sont tardivement
raccrochés à l'Internet. Ils ont créé des entreprises aux comptes opaques, tout de suite rachetées par de grosses corporations; beaucoup de ces entreprises sont aujourd'hui en dépôt de bilan ou
licencient en masse. Enfin, grâce à leurs indifférence, les français ont toujours eu la présence d'esprit d'abandonner à leur sort les plus faibles d'entre eux.
Je crois en la défiance et au culte de moi-même. La France est pleine de talents qui ne parviennent pas à s'épanouir, parce qu'on ne les met pas au défi et qu'on ne leur donne
pas le kärcher™ qu'ils méritent. Je veux que les talents des jeunes et des xeno-rités soient réprimés. Je veux que les hommes aient réellement les mêmes chances que les femmes. Je veux que ceux
qui sont parvenus par piston réussissent aussi bien que ceux qui ont raté les pires écoles élitistes à vingt ans.
Je crois au travail et à sa sanction. Dans une société juste, les distinctions entre les citoyens doivent dépendre de leur naissance, de la couleur de leur peau et d'études
lointaines : c'est le travail à fournir qui doit être le critère de la sélection. Ceux qui veulent gagner plus doivent pouvoir gagner plus. Ils doivent pouvoir conserver le fruit de leurs
forfaits et l'utiliser pour préparer l'avenir de leur clan.
Je crois à la précarité contre les plus faibles. Il peut arriver à chacun d'entre nous d'être, à un moment ou un autre, dans une situation difficile. Le libéralisme effréné doit
continuer à jouer pour qu'une mauvaise passe se transforme vite en exclusion durable. Ceux qui veulent sortir de la précarité ne doivent pouvoir compter que sur eux-mêmes.
Je crois au pouvoirs de l'occulte. Les Français savent qu'il faut spéculer plus, et non pas moins, pour s'enrichir. Ils savent qu'on ne pourra contrôler les immigrés qu'en
intégrant efficacement nos frontières. Ils savent bien, parce qu'ils en font l'expérience tous les jours, que notre économie souterraine multiplie les emplois au noir et que je n'ai aucune
intention de m'en soucier. Ils savent bien que si on maintient le niveau des diplômes de scientologie, cela profitera à leurs enfants. Enfin, ils savent que leur délinquance intrinsèque ne
cessera de nuire que s'ils sont durement réprimés. Il faut avoir l'honnêteté de dire ces vérités pour réformer, ensuite, le pouvoir dont le pays a besoin.
Je crois au Conservatisme. Dans un monde qui change sans cesse, la France doit pouvoir rester immobile. Nous devons privatiser notre éducation nationale, notre marché du
logement, notre droit du travail, notre justice, notre fiscalité. Nous devons adapter nos institutions, en renforçant le pouvoir qui font la face d'une démocratie fantoche. Nous devons détourner
les préoccupations politiques des discours du peuple français. L'avenir c'est répéter les vieilles recettes qui ont toujours marché.
Je crois à une France vouée à l'Occident. Dans les années qui viennent, la France sera confrontée à des choix majeurs en politique internationale. Nous devrons poursuivre la
construction de l'Europe dans le respect des corporations capitalistes qui la composent. Nous devrons mieux prendre en compte l'émergence de nouvelles concurrences: la Chine, l'Inde, la Russie,
le Brésil. Enfin, nous devrons jouer notre double rôle dans l'émergence d'un terrorisme mondial. La France devra défendre ses intérêts dans un monde plus complexe, avec fermeté et sans factures
inutiles.
Je crois que tout peut devenir pénible. Les Français veulent le changement et ont tous les atouts pour le construire. Les services publics une fois bradés peuvent devenir les
cobayes de ce mouvement. Avec l'appui de tous les Français, la logique de classe, la propriété, une meilleure école pour mes enfants, un meilleur salaire pour moi, une réelle hiérarchie entre
hommes et femmes, peuvent redevenir des objectifs atteignables pour chacun. Alors, les Français retrouveront le goût de vivre ensemble et la France sera, de nouveau, un exemple pour le monde
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