
Cette 47ème semaine depuis l'élection de Nicolas Sarkozy fut celle de la normalisation. Qui sait si elle durera. Mais la Sarkozie s'est brutalement
(inévitablement ?) normalisée ces derniers jours.
François Fillon est devenu premier ministre
Cette semaine, il a bien fallu
annoncer les mauvaises nouvelles : les comptes 2007 sont mauvais (difficile de le cacher plus longtemps); les prévisions pour 2008 sont faiblardes; et les grandes promesses fiscales et sociales
sont enterrées sine die. Fillon est devenu premier ministre, le gars qui annonce les mauvaises nouvelles avec sourire et optimisme (lire Partageons Mon Avis). Il a retrouvé la langue de bois habituelle des Premiers de
gouvernement : il peut déclarer qu' "il ne changera pas" au cours du même entretien qui dévoile que la promesse de réduction de 68 milliards d'euros des prélèvements obligatoires est gelée
jusqu'à nouvel ordre. Paradoxalement, la crise mondiale qui
se profile lui donne l'excuse idéale de la méfiance économique qui nous
frappe.
Nicolas Sarkozy a découvert le costume présidentiel
Après son déplacement
en Afrique du Sud, Nicolas a emmené Carla rencontrer la Reine d'Angleterre. Son smoking présidentiel, au soir du 26 mars, le faisait ressembler à ses prédécesseurs. Pour la
première fois, Nicolas Sarkozy "faisait" président. Pas
de téléphone portable collé à l'oreille, moins d'agitation, des propos concentrés sur son "domaine réservé", la politique étrangère. Certes, d'aucuns
jugeront que ces déclarations franco-britanniques dynamiteront un peu plus la construction européenne. Aller à Londres pour expliquer que l'amitié franco-allemande ne suffit plus est une drôle
de manoeuvre.
Sarkozy a également confirmé qu'il enverrait davantage de soldats
français en Afghanistan, une initiative contraire à la politique européenne de défense commune.
Les petits arrangements entre amis ne se cachent plus
Marianne appelle cela la "Promotion des nuls" : comme la Mitterrandie ou la Chiraquie avant lui, la Sarkozie récompense ses amis fussent-ils inefficaces. La pratique du pouvoir n'a pas changé avec Nicolas Sarkozy. l'illusion
d'une Présidence irréprochable, impartiale ou modeste a vécu. Cette semaine, les
dépenses somptuaires de Rachida Dati ou la nomination avortée de
Georges-Marc Benamou à la Villa Médicis ont pu être épinglés.
Le week end dernier, les photos "volées" du couple présidentiel en
villégiature au Maroc (leur quatrième périple touristique privé depuis décembre, après Pétra, l'Egypte, la Jordanie !) nous rassuraient: les Ray Ban sont bien toujours là,
"dans un petit palais princier, au coeur de la palmeraie."
Les ménages les moins aisés n'ont plus d'illusion
De toutes les annonces
de "réformes" de ces derniers jours, on pourrait se féliciter de la "modernisation du marché du travail", qui comprend notamment l'installation d'une
séparation à l'amiable. Nous resterons prudent : cette "réforme" doit passer sous les fourches caudines d'une majorité parlementaire UMP qui grogne.
pour le reste, les "caisses étant vides", la rigueur ne
s'annonce pas mais se confirme. Peu importent les mots. Le gouvernement n'a ni les moyens ni la volonté de protéger les plus faibles alors qu'une crise économique globale se profile.
Ami Sarkozyste, avais-tu voulu cela ?
Cela vaut un sacré détour et il serait on ne peut plus dommage de s'en passer. Tout ceci étant possible grâce à un phénomène musical : La Chanson du Dimanche.
Au pays d'Elisabeth
envoyé par sarkophage
Et pour ceux qui en veulent encore, il faut regarder "Nicolas et Rachida". C'est bon non ?!
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