LE BAIL du 282, boulevard Saint-Germain à Paris, le bureau de campagne de Ségolène Royal, s'achève le 15 mai. Avant de rendre les clés, l'ancienne candidate a reçu la
presse hier. Pour parler d'avenir et surtout pas pour regarder dans le rétroviseur.
« Je suis regardée par l'opinion, les électeurs, comme l'un des leaders de l'opposition », explique-t-elle. Mais paradoxalement cette
« responsabilité
forte » ne la conduit pas à l'Assemblée. Finalement, elle ne sera pas candidate à sa réélection aux législatives, malgré les pressions de son entourage.
« L'important, c'est
d'avoir une cohérence entre les discours et les actes et pas en fonction des circonstances », justifie-t-elle. Fidèle à son engagement de ne plus cumuler les mandats, elle n'exercera
pas d'autre fonction que présidente de Poitou-Charentes, quitte à se priver de tribune nationale.
« Le handicap, ce serait de se renier. »
Son statut d'ancienne candidate la rendrait incontournable sur le plan national.
« Je l'ouvrirai régulièrement », promet-elle en riant.
« Ne vous inquiétez
pas ! »La défaite (46,94 % contre 53,06 %) ne l'a pas abattue. Le mot est d'ailleurs inconnu de son vocabulaire.
« Nous n'avons pas gagné », se
contente-t-elle de dire. Donc, c'est une défaite...
« Ce n'est pas comme cela que je le dis. » Dans ses résultats, elle ne voit que du positif. Le score qu'elle a obtenu
dimanche,
« c'est un souffle » qui
« permet toutes les espérances ». Dans les couloirs, une conseillère confie s'être replongée dans les écrits de François
Mitterrand après son échec de 1974...
Le droit d'inventaire sur le royalisme n'est pas pour maintenant. Elle refuse d'évoquer d'éventuelles erreurs.
« On peut le faire le moment venu, mais certainement pas
là », explique-t-elle.
« Un événement comme celui-ci ne s'analyse pas sur le coin d'une table. »
« Les échéances futures »
«
Je serai très présente pour continuer le mouvement qui s'est déclenché au cours de cette campagne. De quelle façon, on verra. Je ne m'interdis rien. » Y compris
d'exercer de hautes fonctions au PS ? Royal répondra
« après » les législatives. Mais son ambition apparaît sans fard.
« Je suis disponible pour les échéances
futures. » La présidentielle de 2012 ?
« Les échéances futures », reprend-elle.
Pour renvoyer à plus tard les questions sur les querelles internes du PS, elle invoque le sacro-saint devoir d'
« unité » avant les élections.
« Je ne veux pas
faire de déclarations qui perturbent les législatives », dit-elle.
« J'ai le sens des responsabilités. » Allusion à ses adversaires, tel Dominique Strauss-Kahn, qui a
lancé le chantier de la
« rénovation » du PS pour contester son autorité.
« J'entends la férocité d'un certain nombre d'attaques. Je me demande pourquoi tant
de hargne, tant de haine, tant de mépris. J'appelle chacun à un peu plus de modestie et de retenue », se défend-elle.
En ce qui concerne les législatives, elle n'écarte pas des accords de désistement entre le PS et le Modem de François Bayrou comme le proposent certains de ses proches. «
On verra
entre les deux tours. »
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