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Les dirigeants d'EADS, maison mère de l'avionneur Airbus, étaient au courant dès le 6 mars 2006 des retards du programme A380, incitant les dirigeants du groupe européen
de défense et d'aéronautique à exercer leurs stock-options dès le lendemain, selon La Tribune de mardi 29 mai.
Selon le quotidien économique, un nouveau plan interne de production avait été édité le 6 mars 2006, prévoyant la livraison en 2007 de seulement 24 A380 au lieu des 29 initialement.
Cette révision à la baisse des livraisons n'était pourtant pas mentionnée dans le procès verbal du conseil d'administration d'EADS qui s'était tenu le lendemain à Amsterdam pour arrêter les
comptes du groupe, ajoute La Tribune.
Dans une conversation téléphonique entre l'homme d'affaires Jean Galli Douani et l'ex-directeur technique d'Airbus Alain Garcia, ce dernier affirme pourtant que lors du conseil d'administration
"de graves problèmes industriels d'Airbus" et des retards "conséquents" ont été abordés, selon le quotidien.
Arnaud Lagardère entendu par l'AMF
L'enregistrement de cette conversation a été remis aux autorités judiciaires, poursuit le journal, soulignant qu'EADS a démenti les propos d'Alain Garcia, parti en retraite en avril.
Le 7 mars au soir, l'ancien coprésident exécutif d'EADS Noël Forgeard avait fait signer par Hans-Peter Ring, directeur financier du groupe, l'autorisation de vendre ses stock-options. Au total,
85% des 800 dirigeants possédant des stocks les exercent, précise La Tribune.
L'autorité des marchés financiers (AMF) doit entendre ce mardi Arnaud Lagardère, coprésident français d'EADS, dans le cadre de l'enquête sur l'exercice de stocks-options et de possibles délits
d'initiés. Le 22 mai, l'AMF avait déjà entendu Jean-Paul Gut, le directeur général délégué d'EADS.
L'enquête porte sur la vente d'actions par les principaux dirigeants du groupe en mars-avril 2006. L'action était alors au plus haut, entre 30 et 35 euros. Trois mois plus tard, es retards du
programme A380 étaient annoncés, provoquant une baisse brutale de l'action. Le titre passait sous les 30 euros en avril-mai, puis perdait 26% en une seule séance, le 14 juin, pour tomber à 18,73
euros.
Plus-value
Pendant une période autorisée pour la vente d'actions issues de stock options, entre le 8 et le 28 mars 2006, Noël Forgeard a réalisé une plus-value de 2,5 millions d'euros et des ventes
d'actions réalisées par ses enfants avaient rapporté un million de plus-value supplémentaire.
De son côté, Jean-Paul Gut a réalisé une plus-value de 1,15 million d'euros. Quatre autres salariés membres du comité exécutif d'EADS ont réalisé des plus-values s'échelonnant de 365.000 à 1,2
million d'euros.
Quant aux ventes lancées par les groupes Lagardère et DaimlerChrysler, elles représentent un produit d'environ 2 milliards d'euros pour chacun d'entre eux au cours du 4 avril 2006, alors que le
14 juin, les actions cédées n'auraient valu que 1,15 milliard.
Et dire qu'Arnaud Lagardère fêtait l'élection de qui vous savez ensemble au Fouquet'S le dimanche 6 mai.
Comme quoi, tout se tient dans ce joli monde du CAC40.
Le personnel d'EADS doit se contenter d'encaisser les 10000 licenciements.
Allez à la prochaine!
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