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Le rapport de l'Institut national des hautes études de sécurité (Inhes), qui dépend du ministère de l'intérieur, sur les relations entre la police et la population en Seine-Saint-Denis, dont la publication avait été gelée par le ministère de l'intérieur et dont le contenu a été révélé samedi 2 juin par l'AFP, a provoqué une polémique en pleine campagne législative. Cette étude sur les violences et les relations police-population dans le "9-3", dénonce notamment un "climat d'insécurité permanent entre la police et les habitants des quartiers sensibles" et des "relations difficiles et empreintes de tensions évidentes". Dans ce travail finalisé en décembre 2006, la mission d'étude de l'Inhes souligne une "déferlante de violence" avec un "nombre croissant de mineurs" mis en cause dans la délinquance, mais aussi une "dégradation", voire "parfois une césure", police population.

Selon les experts de l'Inhes, l'état réel de la délinquance "révèle une face cachée significative d'un profond malaise", la Seine-Saint-Denis étant dans une situation de "marginalisation croissante" sur le plan économique et social. Ils demandent en conséquence de "prendre en compte le contexte dans lequel vivent" les habitants du département et préconisent de "renouer les liens avec la population des quartiers" et "réorganiser le travail de la police et de ses techniques d'intervention".

Les conclusions de cette étude et les conditions dans lesquelles elle a été "oubliée" ont suscité de vives réactions politiques. Pour le maire (UMP) de Montfermeil, Xavier Lemoine, la responsabilité de cette situation incombe à la justice qui a perdu de son crédit : "La délinquance est devenue sans risque. Des jeunes ont été interpellés, parfois plusieurs dizaines de fois, et remis en liberté sans être inquiétés." 07-06-04-Alliot-Marie.jpg

"UNE SITUATION DÉGRADÉE DEPUIS TROP LONGTEMPS"

Le nouveau président du conseil général des Hauts-de-Seine, Patrick Devedjian, s'est lui interrogé, dimanche sur Radio J, sur les origines de ces violences en Seine-Saint-Denis : "C'est parce que (ce département) était géré par le Parti communiste", a-t-il assuré, ajoutant que "les communistes ont ancré les gens dans la misère parce que c'était aussi une manière pour eux d'asseoir leur pouvoir politique".

L'analyse a fait bondir les élus de gauche et notamment du PCF. "Il faut prendre ce rapport très au sérieux et pas simplement comme un instrument de polémique parce qu'il décrit une situation qui est grave", a réagi le numéro un du PS, François Hollande, lundi sur LCI. Interrogée, Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF et députée du Blanc-Mesnil, a dénoncé "une manière de détourner l'attention du fond du rapport et de l'échec de la politique de M. Sarkozy". "Nous avons beaucoup de gens en difficultés dans nos villes mais ce ne sont pas les communistes qui ont mis les gens au chômage !", renchérit Stéphane Gatignon, maire de Sevran, qui souhaite un débat sur la répartition des logements sociaux en Ile-de-France.

Le maire communiste de Saint-Denis, Didier Paillard, insiste lui sur "une situation dégradée depuis trop longtemps entre la police et les jeunes. Il faut revoir la qualité d'intervention de la police, et notamment de la BAC qui est devenue une police des banlieues. Nous avons besoin d'une police présente pas de police d'exception".

Plusieurs élus ont réclamé des suites au rapport de l'Inhes. Mme Buffet a demandé une "réunion d'urgence" du préfet de Seine-Saint-Denis avec les élus du département, tandis que le maire (Nouveau Centre) de Rosny-sous-Bois, Claude Pernès, recommande "l'organisation d'une table ronde". La députée PS de Seine-Saint-Denis Elisabeth Guigou a demandé lundi au gouvernement de prendre "six engagements pour réduire la délinquance en Seine-Saint-Denis". Elle suggère la création d'une "police des quartiers", un commissariat dans chaque ville, la fin des instructions demandant de "faire du chiffre", l'augmentation des moyens accordés au tribunal de Bobigny et aux éducateurs, une maison de la justice et du droit pour 50 000 habitants, et enfin une mesure qualifiée de "symbolique" : "l'interdiction du tutoiement" de leurs interlocuteurs par les policiers.

 
   

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