Il est des défaites qui prennent parfois un aspect de victoire.
La distribution des gratifications par le Président de la République n’en finit pas de surprendre et de désappointer son propre camp. Invités à venir boire dans la mare de l’ouverture les
dirigeants socialistes ne boudent pas, à l’inverse des militants, leur plaisir. Dernier éléphant ainsi braconné, DSK. La sirène de l’ouverture sonne bien de plus en plus comme un naufrage pour
un PS à la dérive.
Un secrétariat d’Etat par ci, une mission par là, le ratissage grande envergure mené par Nicolas Sarkozy prend de plus en plus de monde dans ses filets. Soucieux de vider l’opposition de sa substance, le Président de la république vampirise le PS, seul parti, sur le papier susceptible, sinon de bloquer au moins de freiner, la révolution Sarkozienne.
La méthode est vieille comme le monde. Associer pour neutraliser. Et ça marche. Nostalgique des honneurs et des ors perdus des palais de la République, les leaders socialistes s’engouffrent dans la brèche. L’orgueil reste bien le pire ennemi de la caste politique, prête à tout pour en être, soucieuse par essence de ne pas rater le train du pouvoir qui passe.
A sa façon, Nicolas Sarkozy découvre des talents de machiavel que n’aurait pas renié F. Mitterrand. Alors, tant pis si la méthode suscite des crispations dans le camp de la majorité présidentielle. Le Président en sourdine a prévenu. Il y aura une rotation au niveau des postes au gouvernement. Grillés par l’ouverture, trahis par leur appétit, les transfuges pourraient passer du pays de cocagne à celui des cocus.
Eberlué par tant d’audace présidentielle et si peu de recul chez ses généraux François Hollande forme avec une poignée de grognards irascibles et insensibles aux grâces et coups de téléphone de l’Elysée, le dernier carré de résistance au PS. La mise en œuvre de la refondation n’en sera que plus douloureuse. On ne sacrifie pas un capitaine courageux qui cahin-caha aura maintenu le PS à flots à travers la tempête de la défaite, la deuxième après la désertion de Lionel Jospin en 2002.
Les lionceaux du PS pressés de prendre les places laissées vacantes devront en tenir compte. Quant aux militants, il leur faudra beaucoup de courage pour rester fidèle à une vielle maison vermoulue.



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