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abord, "on se cause", comme dit Arnaud
Montebourg, le député (PS) de Saône-et-Loire. Ensuite, viendra le temps d'une éventuelle structuration de ce qui se définit comme l'
"avant-garde" de la rénovation du
PS.
"Tout est possible, estime Patrick Bloche, premier secrétaire de la fédération de Paris.
Une motion, une contribution… Le problème est de savoir dans quel état
le PS arrivera à son congrès en juin 2008." Réunis vendredi 20 juillet à Evry, dans la ville de Manuel Valls, hôte de cette première étape du
"réno-tour", les
signataires de l'appel lancé début juillet (
Le Monde du 7 juillet) ont dressé un constat impitoyable d'un parti
"complètement nécrosé", d'après le député de
Paris Christophe Caresche,
"en décalage avec la société française", selon M. Valls.
"L'immobilisme est la marque du PS", déplore le député de l'Essonne,
jugeant que,
"ce qui a miné ce parti ces dernières années, c'est son incapacité à trancher sur un certain nombre de sujets majeurs".
Même si, pour parvenir à concilier des paroles issues de diverses sensibilités, les organisateurs s'étaient juré de "ne pas balancer des noms", celui du premier
secrétaire n'a pas été épargné. Pour M. Bloche, "le bureau national du mardi devient un exercice de déprime hebdomadaire". "Déjà qu'on avait du mal à décider
ensemble, on n'arrive même plus, maintenant, à travailler ensemble, poursuit le député de Paris. François Hollande a présenté son chantier de rénovation , son calendrier. On a
l'impression que c'est du réchauffé, du déjà-vu mille fois, qu'on passe notre temps à lancer des débats en étant incapables de trancher. Le premier secrétaire a porté l'art de
la synthèse à sa quintessence, mais aussi à ses limites."
Pour la plupart des participants à la rencontre d'Evry, un congrès organisé dans ces conditions n'aura d'autre effet que de "consolider l'immobilisme". Aussi, avant
d'envisager la manière dont ils vont l'aborder, entendent-ils "imposer les thèmes de la rénovation". "Notre travail est un travail de conciliation politique, de
recherche des convergences plutôt que l'exaltation permanente des divergences, affirme M.Montebourg. On a un retard stratégique phénoménal et un appareil qui tourne sur
lui-même. Il faut en finir avec le nombrilisme, reprendre contact avec les réalités de la société."
Nombre d'interventions, au cours de ce séminaire de travail, ont souligné le déficit de "crédibilité" du PS. "Sur toutes les grandes questions, on a vingt ans de
retard", analyse Laurent Baumel, une des jeunes têtes chercheuses de ce parti, qui estime que "la droite a gagné la bataille de la domination dans le champ de la
culture politique". "2007 est une défaite lourde, une défaite culturelle et politique", approuve M. Valls.
"Si nous voulons que la gauche puisse gagner des élections nationales autrement que par accident, est-ce que la tâche n'est pas plus ambitieuse encore que nous ne le
pensions?", s'interroge M. Bloche, qui énonce l'objectif de constituer "un bloc majoritaire sur des idées".
L'ambition est de taille. "On a montré que nous étions capables de dépasser des clivages, se félicite Gaëtan Gorce, député de la Nièvre, une des chevilles ouvrières
de l'appel à la rénovation. Montrons à présent que nous sommes capables de mettre au clair des idées articulées." La prochaine étape aura lieu à Tours, en septembre.
Elle aura pour thème, cette fois, la "reconstruction".
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