PARTI SOCIALISTE. --Pour le président de Désirs d'avenir en Gironde, la candidature d'Alain Rousset sur Bordeaux aux élections municipales serait un
électrochoc salutaire
:Propos recueillis par Dominique de Laage
« Je doute que le maire de Blanquefort l'aurait emporté lors de la primaire à la CUB sans le parcours préalable de Ségolène Royal
»
PHOTO THIERRY DAVID
Militant socialiste depuis 1969, permanent de la fédération de la Gironde de 1995 à 2002 au côté d'Alain Anziani, André Grèze a pris le
parti de Ségolène Royal courant 2006. Et mené la campagne de Désirs d'avenir en Gironde avec Maïté Cazaux et Solange Ménival. Au grand dam de la fédération de la Gironde. Présent depuis
hier à La Rochelle, il livre ici son sentiment sur le PS, notamment girondin.
Sud-Ouest. Etes-vous toujours un inconditionnel de Ségolène Royal ?
André Grèze.
Le problème n'est plus là. Nous ne sommes plus en campagne. C'est la rénovation du parti qui compte. Je me sens rénovateur de chez les
rénovateurs.
Sans être un admirateur béat de Ségolène Royal, on ne peut pas rejeter le travail considérable qu'elle a mené. Elle doit être auprès de nous dans
cette rénovation. Pour l'heure, je ne vois personne sortir du lot pour en prendre le leadership.
Y a-t-il un enjeu à La Rochelle ?
Ceux qui disent qu'il ne s'y passera rien se trompent. En l'absence des ténors et de la logique des écuries présidentielles, la jeune génération
et les nouveaux militants vont pouvoir débattre au fond.
Si le PS ne sait pas ouvrir ses fenêtres, les lendemains seront très difficiles. On l'a bien vu à Bordeaux. Le rassemblement autour de Michèle
Delaunay est allé bien au-delà du PS, jusqu'au MoDem.
Jules Guesde est mort, vive Jaurès. Ceux qui veulent rester sur des bases gauchisantes en refusant la société réelle n'ont qu'à aller chez
Besancenot. Si le parti ne décide pas, à La Rochelle, de mettre en mouvement des assises pré-congrès pour se renouveler, nous le ferons nous-mêmes. Voilà l'enjeu de La
Rochelle.
La Gironde était fabiusienne. Comme vous, elle s'est convertie à Ségolène Royal l'an dernier. Où en est la fédération aujourd'hui
?
La Gironde est un laboratoire. L'élection de Vincent Feltesse à la Communauté urbaine est la traduction dans la réalité de la rénovation en
cours. Je doute que le maire de Blanquefort l'aurait emporté lors de la primaire à la CUB sans le parcours préalable de Ségolène Royal.
Il suffit de constater combien la fédération de la Gironde s'est refermée, parallèlement à cette ouverture à la CUB. Il ne se passe plus rien à
l'intérieur de ce parti en Gironde. Il n'y a eu aucune dynamique fédérale autour des 1 500 nouveaux adhérents. Tous ces gens sont privés d'action, tenus à l'écart. Comme si la stratégie
était de les décourager pour rester entre soi.
J'ignore même aujourd'hui qui est le permanent du parti en Gironde, alors que je suis membre du bureau fédéral ! L'élection de Vincent Feltesse
prouve qu'on rénovera ce parti par la marge.
Comment poursuivre dans cette voie ?
En encourageant Alain Rousset à se présenter à Bordeaux. J'appelle de tous mes voeux cette candidature. Ce serait un geste de portée nationale.
Cela provoquerait un électrochoc.
L'ensemble du parti doit se rassembler derrière cette candidature. Alain Rousset a les qualités de gestionnaire requises. Et je lui fais
confiance pour pratiquer l'ouverture, pourquoi pas jusqu'au MoDem. Mais il lui faut aller vite pour se déclarer. Sa candidature entraînerait une rénovation immédiate du PS en Gironde. Elle
constituerait les travaux pratiques de la rénovation que nous appelons de nos voeux.
« Ceux qui veulent rester sur des bases gauchisantes en refusant la société réelle n'ont qu'à aller chez Besancenot
»
Commentaires