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Budgetor est un haut fonctionnaire du ministère des Finances qui partage avec nous son analyse d’une situation budgétaire qu’il connaît... comme sa poche.


Invité à s’exprimer sur les conséquences du ralentissement économique actuel sur la croissance française, le Premier ministre, François Fillon, a clairement manifesté son inquiétude dimanche 9 septembre en indiquant que le budget 2008 devrait être « adapté à la réalité de la croissance », ce qui signifie en clair que la prévision de croissance, et donc de recettes, devrait être sensiblement revue à la baisse.

L’ensemble des experts économiques doutent en effet vivement de l’hypothèse de croissance de 2,5% envisagée par le Gouvernement pour l’an prochain. Et dès 2007, la croissance ne devrait pas dépasser 1,8% selon l’OCDE, au lieu des 2,25% toujours espéré par le Gouvernement. On est bien loin des promesses présidentielles d’une croissance de l’économie française de 3% par an...

Cette révision à la baisse des perspectives de croissance devrait avoir d’importantes conséquences en termes de recettes fiscales, qu’il s’agisse de la TVA ou de l’impôt sur les sociétés (IS) et pourrait conduire le Gouvernement à procéder prochainement à des annulations de crédits budgétaires afin de limiter les dépenses.

Les recettes fiscales connaissent en effet une stagnation préoccupante (158,31 milliards d’euros à fin juillet 2007 contre 158,52 milliards d’euros fin juillet 2006), tandis que les dépenses ont elles progressé de 2,7% sur les douze derniers mois. Résultat : le solde général du budget de l’État s’est dégradé de près de 10 milliards d’euros en un an (déficit de -47,43 Md€ au 31 juillet 2007 contre -38,17 Md€ en 2006).

Certes, comme de coutume, des explications conjoncturelles sont avancées par Bercy pour justifier cette détérioration : recettes exceptionnelles de privatisation en 2006, décalages calendaires dans le rythme des dépenses… Mais au final, ces explications ne sauraient expliquer la dégradation structurelle des comptes publics en 2007.

En outre, la crise financière de cet été pourrait affecter les résultats des entreprises et réduire fortement les acomptes d’IS versés en décembre.

Dés lors, le déficit budgétaire risque fort de dépasser la prévision de -42 Md€ de la loi de finances pour 2007, ce qui conduirait une nouvelle fois à accroître massivement l’endettement de l’État.

Et ce alors même que le coût faramineux (15 Md€) des mesures du « paquet fiscal » voté cet été n’est pas financé en 2008…

Budgetor

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