Aujourd'hui, seul un temps de chien à ne pas mettre un Sarkozy dehors m'amène à rester chez moi pour regarder un match de l'équipe de France de rugby. Bien sûr, quand ils gagnent, le stade exulte et les médias n'ont pas de mots assez grands pour faire de simples sportifs des dieux vivants.
Un public composé de VIP triés sur le volet
Je ne voudrais pas faire injure au public du Stade de France, mais sa composition mérite un arrêt. Il est fini le temps où les provinciaux montaient à Paris, riches de leur culture quinziste. Ces cohortes chantantes ont été remplacées par des VIP triés sur le volet, dont le seul mérite est de faire partie d'un cercle de nantis ou de sponsoriser l'évènement.
Quand aux journalistes, il y a longtemps que je me pose cette question: comment après avoir été sous la douche avec les joueurs (c'est une image) peuvent-ils porter une appréciation objective sur ceux-ci?
Je ne parlerai pas des commentaires assurés sur TF1 par Thierry Lacroix et son compère [Thierry Gilardi, ndlr], car évidemment ils n'étaient pas là pour commenter un match, mais pour nous anesthésier et nous faire passer une pâle copie de rugby pour un évènement majeur.
Il n'y a plus qu'eux pour s'extasier d'un pack qui pète comme un âne pendant quinze minutes, pour un trois-quart centre qui, sur un 5 contre 2, revient péter à l'intérieur.
A l'issue de Portugal-Nouvelle-Zélande, les joueurs portugais ont salué la disponibilité des Blacks après le match, tous étonnés de pouvoir jouer au foot avec leurs adversaires du jour pour un décrassage improvisé. Nos joueurs, eux, sont placés dans une bulle, retranchés à Marcoussis,
C'est vrai que l'enthousiasme débordant de supporters du terroir est à bannir, pour préserver la préparation de nos héros. Les visites de ministres, députés, agents de joueurs, sponsors, etc. étant elles parfaitement autorisées car bénéfiques pour la médiatisation des uns ou des autres.
Un bon Chabal ne fait pas une bonne équipe
Revenons à Sébastien Chabal, l'homme providentiel de la dernière minute. Je ne veux pas faire de commentaires sur sa titularisation et celle des joueurs qui ont été retenus. En effet, le rugby est un sport d'équipe, il se joue à 15 et se gagne à 15. Et s'il est normal de célébrer les performances des uns et des autres, n'oublions jamais que le rugby commence devant et finit derrière, et qu'il ne peut y avoir d'apothéose que s'il y a auparavant sacrifice des combattants de l'ombre.
J'espère que [Bernard Laporte] nous épargnera une préparation d'avant-match style Guy Môquet. Je lui donnerai simplement un petit conseil: le rugby c'est aussi un jeu, qui se pratique avec un ballon ovale, et pour que ce sport vive au-delà de nos chicaneries, c'est le plaisir de se retrouver sur le pré qui doit être mis en avant. Sans oublier la notion de combat, les joueurs doivent retrouver la notion de plaisir de solidarité.
C'est tout pour mon humeur d'aujourd'hui.
Bon la France a gagné contre de pâles irlandais.
Nous avons échappé au discours d'avant match de Sarko (il se souvient de France-Argentine) .
Mais que ce fut pénible d'entendre Gilardi (un manchot qui n'y connait rien au rugby) , que ce fut pénible de voir un match mal filmé par la chaine du Coca-cola, que ce fut pénible d'avoir
20mn de pub avant, 20 mn de pub pendant, que ce fut pénible de faire pialler des femmes de joueurs (elles n'ont pas la "saveur" , la tchach, la répartie de nos femmes quand
nous jouions ), que c'est pénible de voir des images TF1 des VIP dans les tribunes (qui n'y connaissent que dalle ), que c'est pénible de voir notre sport rabaissé par TF1 au rang des
manchots ou des pleureuses.
Nous sommes , peut-être parano , mais ce fut l'exemple type de la manifestation du marketing de la droite bling-bling que représente Sarko.
Il va réussir à pourrir notre sport, notre culture comme il pourrit le reste.


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