Il faut du temps pour dresser un bilan. Mais l'impression est réelle: Sarkozy accélère pour éviter de trébucher. Pour la première fois depuis le 7 mai, la presse se fait l'écho de ses premiers échecs, de sa nervosité croissante en public. Paradoxalement, Sarkozy tient ses promesses de moyens, pas de résultat.
Du côté des promesses tenues, les peines-planchers sont en place, le durcissement du regroupement familial est en passe d'être définitivement adopté, le dispositif d'heures supplémentaires défiscalisées entre en vigueur lundi et la réforme des retraites démarre.
En fait, les vraies promesses sont des résultats : et celles-là sont plus compromises.
Sur l'immigration, l'échec est double : Hortefeux ne trouve pas suffisamment de clandestins à expulser (un comble!) et provoque rafles et dérapages. Et il décourage l'immigration légale.
Le Sénat a certes rejeté l'amendement ADN, largement évoqué la semaine passée (signez la pétition que vous pourrez trouver notamment sur Archipel Rouge). Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale, a annoncé que sa majorité le ré-intégrerait (brave Jean-François. Maire, Député, ancien ministre du déficit, avocat d'affaires, il cumule tout : les postes, les salaires, les erreurs). Il nous faudra sans doute davantage de temps pour mesurer l'impasse de la politique d'immigration du Président. Encourager l'immigration économique en décourageant l'immigration familiale, c'est un peu comme si on transformait des chambres d'hôtels en cellule de prison pour attirer le touriste: tout y est, rafles, tests ADN, contrat d'accueil, tests de Français, etc.Enfin, je voudrais terminer cette lettre par une anecdote assez révélatrice. Quand mon épouse a passé son entretient d’embauche ici aux Etats-Unis, les recruteurs lui ont demandé pourquoi elle était restée sans travailler pendant deux années. Elle leur a alors raconté ses diverses démarches sans succès en France. Ils ont eu d’abord du mal à la croire et face à l’évidence et ils ont dit être surpris par ce mode de fonctionnement. Pour nous, cela a été d’un profond réconfort car nous avons alors compris que nos déboires ne venaient pas de nous mais du système français (merci Jean Quatremer)




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