Maïté Cazaux a soutenu Ségolène Royal
PHOTO CLAUDE PETIT
Secrétaire de la section de la Bastide, où elle est inscrite depuis 1976, Maïté Cazaux ne prétend pas synthétiser l'opinion des militants et
parle en son nom propre. Il est vrai que le PS bastidien offre une configuration inhabituelle : les fabiusiens sont devenus ségolénistes !
Directrice-adjointe des services de la mairie de Cenon, après avoir travaillé pendant quatorze ans à la CUB, Maïté Cazaux est dotée d'une forte
personnalité qui aurait pu lui permettre de briguer le suffrage universel : « Je ne suis pas faite pour ça, les inconvénients surpassent les avantages. »
Néanmoins, son poids au PS bordelais est loin d'être négligeable. Elle a cofondé l'antenne girondine de Désirs d'avenir avec André Grèze et Solange
Ménival. Si la section (95 inscrits) a quasiment doublé avec 40 nouveaux adhérents (dont 25 pour Désirs d'avenir), Maïté Cazaux y est pour beaucoup : « Certains sont venus uniquement pour voter,
d'autres pour distribuer des tracts, ce qu'ils n'avaient jamais fait de leur vie. » Ségolène Royal a obtenu 60 % des voix à la Bastide dans le vote interne alors qu'en novembre 2005, avant l'afflux
des « 20 euros », la section avait choisi la motion de Laurent Fabius pour le congrès du Mans : « Par 17 voix contre 11, ce qui m'a mise en minorité, mais les adhérents ont voulu que je reste
secrétaire d'une section que je dirige depuis six ans maintenant. » De même, le non l'avait emporté pour le référendum constitutionnel, alors que Maïté Cazaux avait voté oui.
Le privé en hausse. A l'évidence, le PS bastidien (qui occupe uniquement le septième
canton, renouvelable prochainement, dont l'élu est Daniel Jault) a changé ces derniers mois : « Nous avons reçu beaucoup de gens venus du privé, parfois en situation difficile parce que chômeurs ou
smicards, si bien que notre éventail s'est à la fois rajeuni et élargi. »
Cette évolution n'est pas pour déplaire à Maïté Cazaux : « Je suis pour un discours de vérité et c'est pour ça que j'ai soutenu Ségolène et la motion
Hollande; le Parti socialiste n'est plus révolutionnaire depuis le congrès de Tours en 1920 et je suis pour une mondialisation régulée. »
Cette position est, peu ou prou, celle de son mentor, Gilles Savary. La rupture de ce dernier avec Laurent Fabius a été approuvée par Maïté Cazaux, qui
se sent très « deuxième gauche » : « Je suis issue du mouvement autogestionnaire et toujours adhérente à la CFDT. »
Bien que nullement hostile à Alain Rousset, elle ne cache pas sa préférence pour Michèle Delaunay (1) comme tête de liste aux municipales : « J'ai adoré
faire sa campagne aux législatives et j'avais prévu sa victoire; promouvoir une femme à Bordeaux aurait de la gueule. » Demain : Bordeaux-Caudéran.
(1) Michèle Delaunay a obtenu 61 % des voix sur le 7e canton et Ségolène Royal 63 %.
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