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Une fois oubliés le spectacle, la super-production, force Al Gore et Prix Nobel, la communication réussie et les slogans de campagne électorale, il va bien falloir entrer dans le "dur", la réalité quotidienne, les milliers de camions sur les routes, les semis de maïs de printemps qui seront vite arrivés. Et donner un contenu à cette fameuse taxe carbone, si chère à Nicolas Hulot, qu'il va bien falloir compenser par d'autres baisses de charges, sauf à fâcher Laurence Parisot.
La première étape du Grenelle de l'Environnement, franchie sans encombre dans une sorte de grande concertation à visée aussi politique que pédagogique, la seconde commence. Et, d'évidence, elle
ne sera pas de tout repos pour les ministres en charge du "développement durable". Certes, il y aura notamment par le biais de la fiscalité, à promouvoir une autre façon de construire et
d'équiper les logements en France. De formidables progrès à faire, là où d'autres pays, et pas seulement nordiques, ont, de longue date, mis en place des politiques qui conjuguent économies
d'énergie et confort. Certes, des règlements plus stricts vont faire disparaître du marché des pesticides et autres fongicides que les viticulteurs, par exemple, emploient, partagés entre le
souci de l'efficacité et l'angoisse de possibles conséquences sanitaires. Certes, la SNCF va être priée instamment de mettre en route un plan fret. Et, à cet égard, on ne doute pas de la
détermination du Royannais Dominique Bussereau, l'homme des transports au ministère, qui milite, avec vigueur, pour le retour massif du trafic marchandises.
Il faudra expliquer pourqoi on ferme le centre de triage de Houcade à Bègles, centre qui gère l'ensemble des transports ferroviaires du sud-ouest.
Alors, enfin de riantes perspectives pour un développement plus équilibré auquel la société aspire? Pour y parvenir, il va falloir, non seulement, de la pédagogie, des investissements mais aussi des incitations. Car, enfin, lorsqu'on entend Jean-Louis Borloo évoquer le ferroutage et l'inversion rapide du trafic de marchandises de la route vers le rail on peut, à tout le moins, être incrédule. Il n'est même pas question de résistances éventuelles, de lobbies qui d'ailleurs ont bien évolué, mais plus simplement de cohérence européenne. En Aquitaine, en Poitou-Charentes, en Midi-Pyrénées, en Languedoc-Roussillon, dans nos régions où se croisent, sur la route, Europe du Nord et Europe du Sud, on voudrait bien savoir comment la France et son gouvernement vont s'y prendre pour mettre, du jour au lendemain, les camions sur les trains. Avec la bénédiction des Espagnols, des Portugais, des Polonais ou des Slovaques. A suivre...
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