Nous connaissions la démocratie
représentative, même si celle-ci a eu du plan dans l'aile à cause du cumul des mandats; la démocratie sociale, toujours vivace (pour preuve, le taux de participation aux élections
profressionnelles); la démocratie participative, que la candidate Ségolène Royal avait popularisé pendant la campagne présidentielle. Voici venu le temps du forum
des lobbies.
Le Président élu depuis 6 moins a écrasé tous ses rivaux institutionnels: les députés se taisent. Les ministres sont des porte-paroles. Le premier Ministre un exécutant. La justice se tait et
la presse aussi. La France contemple l'action du Président, ses émotions, ses coups de gueule et ses accès de sincérité ("personne ne me résiste" a-t-il
déclaré aux journalistes des Echos il y a 8 jours). Michel Wieviorka
directeur d’études à l’EHESS, écrivait récemment dans Libération : "Nous sommes en effet dans une phase où le pouvoir ne
met pas en jeu les libertés fondamentales, mais nous pousse – et peut-être la société se laisse-t-elle elle-même pousser – vers une sorte de passivité, vers l’acceptation de fait du spectacle
politique qu’il met en scène, sans répit, et en faisant fi des intermédiaires qui permettent d’ordinaire à la démocratie de fonctionner."
Le Président élu depuis 6 mois a remplacé les débats parlementaires par des Grenelles ou des incantations : un grenelle quand le sujet est épineux pour son camp; des incantations quand il s'agit de faire passer son programme et supprimer
tout débat ("j'ai été élu pour cela").
Le Président élu depuis 6 mois tente également de modifier la Constitution, comme s'en alerte très justement et très régulièrement LA PIRE RACAILLE.
La Président élu a même inventé une "novlangue", comme le soulignait Laurent Fabius cette semaine dans les colonnes de Libération.
Pourtant, cette semaine encore eut son lot de révélations sur l'absence de rupture avec la France d'avant : la couverture des magouilles
de l'UIMM témoignent de la futilité du slogan de campagne du candidat Sarkozy sur la "démocratie irréprochable". La diplomatie
avec les dictatures au service des pires commerces (nucléaire et armement) est l'un des reniements les plus rapides et flagrants du candidat. Le pouvoir d'achat est un combat perdu (pour l'instant), alors que le "paquet fiscal" en était la solution première de l'équipe Sarkozy (lire Intox2007 et la France de
demain). Sarkozy en a servi certains, mais pas tous. Qui contestera ? (Merci Irène Delse pour la
référence à THE INDEPENDANT)
Julien Tolédano explique que le sarkozysme
s'implante mal car les pouvoirs locaux lui résistent. pensez y lors des prochaines élections. Il n'est pas anodin de voir la quasi-totalité des membres
du gouvernement se porter candidat à une municipalité en mars prochain (Rachida Dati, Brice Hortefeux, Christian Estrosi, Nathalie Kociusko-Morizet, Laurent Wauquiez, David Martinon, Eric
Besson, Jean-Marie Bockel, etc).
Qu'est ce donc que le sarkozysme ? Lisez Lait d'Beu, la revue Esprit ou Sarkophage.
Ce qui me frappe aussi, c’est la novlangue officielle, cette communication érigée en propagande. « Travailler plus pour gagner plus » fut un slogan clé de la campagne : on voit maintenant la réalité, bien différente. On ferme brutalement 160 tribunaux, cela s’intitule « rapprocher la justice des citoyens ». On supprime plus de 10 000 postes de professeurs par an, cela s’appelle « intéresser les enseignants ». La taxation des malades est rebaptisée « responsabilisation des patients ». Et le chef de l’Etat, lorsqu’il s’augmente de 200 %, ne fait que « rendre transparent son salaire ».



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