… Et surtout, la santé !

Cette question de la santé, pas seulement chez les personnes âgées, mais aussi chez les jeunes retraités, voir les bientôt retraités, est loin d’être une question annexe : elle laisse apercevoir l’enjeu plus large de la dépendance et de sa prise en charge.

Si certains pensent que l’insécurité au sens policier du terme est le principal souci des personnes qui vieillissent, à n’en pas douter, ils se trompent.

Passé le cap de la cinquantaine/soixantaine, voyant les enfants s’éloigner et ses propres parents décliner, la crainte de la perte d’autonomie est forte. Pour ceux qui ont les moyens, on commence alors à envisager de déménager en centre ville, d’aménager le rez-de-chaussée,…

Le souci de devenir une charge pour les autres et pour soit devient constant.

La question de la prise en charge, individuelle ou collective, du vieillissement est un enjeu politique majeur d’une société vieillissante : enjeu électoral justifié par un enjeu de société.

Un enjeu électoral

Que Sarkozy ait sorti dans la dernière ligne droite de la présidentielle la question de l’Alzheimer, profitant utilement de la médiatisation de l’état de santé d’Annie Girardot, n’est pas innocent. Il plaçait là une pièce maîtresse de sa stratégie électorale, parlant aux craintes intimes de chacun, et en particulier d’une population majoritairement vieillissante.

Le résultat de ses promesses est pourtant à l’image du reste de son orientation : les promesses servent à justifier les reculades sociales et l’aggravation orchestrée de la situation de la majorité des français.

En guise de plan Alzheimer, les plus anciens paieront la redevance, la franchise médicale et les futurs anciens verront leurs retraites diminuées. On imagine que son plan vieillesse séparera ceux qui peuvent de ceux qui bénéficieront de l’assistance.

S’il fallait mettre en phase les valeurs de gauche avec la stratégie électorale en direction d’une population vieillissante, à n’en pas douter, plutôt que la sécurité, il faudrait choisir la prise en charge collective du vieillissement.

Un enjeu de société

Les élections, municipales et cantonales, sont un formidable vecteur pour la gauche pour dénoncer les régressions portées par la droite et surtout pour être imaginatif : la prise en charge sociale de la vieillesse entre dans les compétences des communes et des départements.

S’il ne restait que 5 propositions sur un programme municipal ou cantonal, celle de la prise en charge du vieillissement devrait être en bonne position.

Les expériences de services à domicile accessibles pour tous existent déjà dans de nombreuses communes en particulier de gauche.

Dans le même ordre d’idée, la gauche avait en partant en 2002, permis un début de réforme de prise en charge du vieillissement avec l’APA, allocation personnalisée d’autonomie, la droite oubliant simplement d’alimenter ce dispositif.

Au-delà de la seule question des structures d’accueil et du maintien à domicile, qui parle aux plus âgés, c’est également celle des services à domicile pour les moins âgés qu’il convient de poser.

Les pistes sont à creuser, notamment en terme de financement et de prise en charge collective pour éviter que demain, l’aide aux personnes vieillissantes ne devienne un marché juteux accessible à ceux qui auront les moyens ou qui n’auront simplement pas le choix, mais devienne au contraire un véritable service mutualisé, organisé et soutenu par la collectivité publique.

Face aux propositions de la droite de mettre des caméras dans toutes les rues, seront nous capables de recentrer le débat vers les priorités ?