En 2005, Sarkozy lançait les donations en espèces et defiscalisées, afin de soutenir la croissance et la consommation. Elle visait par défaut, les revenus supérieurs. Or deux ans
plus tard, on peut se poser la question: cette politique fiscale basée sur la fameuse théorie du ruissellement n'a produit aucun effet sur la croissance et sur la consommation.
Ces «
donations Sarkozy » ont rencontré un succès certain: On ne peut pas le nier. En effet, fin 2005, on comptait plus d’un million d’actes enregistrés et près de 18 milliards
d’euros ainsi donnés. La moyenne des dons était de 16 000 euros, ce qui n'est pas négligeable et montre que ces dons venaient de foyers fiscaux dans les tranches les plus élevées. Cela fait donc 18
milliards d'euros injectés dans l'économie vers des destinataires qui n'étaient pas forcément les moins lotis. A l'époque l'INSEE notait que «
L'écart constaté entre les montants en jeu et le
surplus de consommation observé laisse à penser que les ménages ont, en tout état de cause, largement employé ces sommes à d'autres fins, comme l'investissement logement ou une modification de leur
structure d'épargne.»
Ainsi donc, c'est la spéculation immobilière qui a été bénéficiaire et une évolution de l'épargne. sans doute dans des foyers fiscaux nantis.
L'impact de ces mesures sur la croissance a été invisible ou même négatif: la
croissance du PIB n'a
été que de 1,7% en 2005. Contre 2,5% en 2004 et 2% en 2006. le différentiel de croissance est donc compris entre 0,3 et 0,7%. Dans cette merveilleuse année 2005, on trouve aussi le déblocage
anticipé de l'épargne salariale pour 12 milliards d'Euros.
Cela fait donc un total de 30 milliards d'Euros qui ont été libérés par Sarkozy en 2005 en pure perte. La première était basée sur la théorie du ruissellement: On libère l'argent des plus riches
dans l'espoir que celui-ci ruisselle jusqu'aux plus pauvres.
En plus de la croissance molle, as-t-on vu à l'époque une baisse de la pauvreté? Au contraire, elle s'est accrue sans cesse
depuis 2002.
Pire encore, en favorisant les donations défiscalisées, on favorise les jeunes issus de milieux favorisés à devenir propriétaire ou a créer leur entreprises. Le décalage entre ceux-ci et les autres
est mesuré par les enquêtes "Patrimoine" de l'Insée.
la probabilité de creér une entreprise sans l’aide d’une donation est de 4,1 % , elle monte à 6,5 % pour les donataires ; si l’on cumule les
créations et les reprises d’entreprises, on passe de 6,9 % d’entrepreneurs sans donation à 9,3 % chez les donataires. Cela montre que l'effet de ces mesures conduit à favoriser la rente au
détriment de la croissance, et elle amplifie le coté auto-reproducteur de la société, brisant ainsi tout espoir de revoir l'ascenseur social reprendre son chemin.
J'ai trouvé les données permettant l'écriture de ce billet dans le .pdf de 300 pages intitulé "
Une jeunesse
difficile". Il est très bien documenté. Je conseille sa lecture à ceux et celles qui veulent comprendre comment les politiques fiscales et autres conduisent à une paupérisation des classes
moyennes et encore plus pour les précaires.
Et bien sûr, la politique actuelle est basée sur les mêmes théories présentées comme du bon sens par les sarkolatres... Elle produit et produira
les mêmes effets.
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