Il n'avait rien à annoncer. Il n'avait rien à promettre. Mais il avait convoqué toute la presse française et étrangère pour conjurer le mauvais sort des sondages et du pessismisme ambiant. Il
choisit la quête de sens. En fait, que n'a-t-il pas dit ?
Il n'a pu s'empêcher de faire quelques annonces, davantage des "promesses de réglages". Sur le fonds, les propositions ont déjà été moultes fois discutées depuis son élection: après Balladur,
Simone Veil (en retraite politique depuis décembre ?) va contribuer de sa réflexion à la réforme des institutions, notamment sur les questions de parité. Il espère aussi changer les instruments de
mesure de la croissance, et a chargé deux Nobel d'économie, Joseph Stiglitz et Amartya Sen, d'y réfléchir. Il a annoncé 10 chantiers de rénovation universitaire, application logique de la promesse
de Valérie Pécresse en septembre dernier de rénovation.
Que n'a-t-il pas dit ? Il n'a pas voulu confirmer son mariage : son éventuel
mariage avec Carla Bruni fut ... la seconde question posée au Président ! "vous la compris, c'est du sérieux" a-t-il répondu, agacé.
Il n'a pas voulu prononcer de moratoire sur la culture OGM: comme son gouvernement, et sa secrétaire d'Etat à l'Ecologie ("NKM") face à un José Bové en grève de la faim il y a
quelques jours, il s'est caché derrière la future "haute autorité sur les OGM" : "Si la haute autorité sur les OGM, qui se prononce demain, soulève des doutes sérieux sur les OGM actuellement
cultivés en France, je suis disposé à recourir à la clause de sauvegarde, jusqu'à ce que la Commission européenne tranche le problème".
Il n'a pas voulu annoncer la réforme des obligations de soutien à la production audiovisuelle par les chaînes de télévision. Tout au plus a-t-il annoncé "une réflexion" sur le
financement du service public (ce n'était pas l'inquiétude des professionnels de secteur, ça l'est devenu avec cette annonce). Ces chaînes publiques "pourraient être financées par une taxe sur
les recettes publicitaires accrue des chaînes privées et une taxe infinitésimale sur les chiffres d'affaires des nouveaux moyens de communication comme l'accès à Internet ou la téléphonie
mobile".
Il n'a pas dit comment il voulait abroger les 35 heures : l'accumulation récent d'assouplissements tous azimuts frise l'usine à gaz (heures supplémentaires, monétaisation des RTT,
etc).
Il n'a pas voulu annoncé la date du prochain remaniement ministériel.
Il n'a pas voulu expliqué comment les malades, et notamment les plus pauvres, conserveraient "un égal traitement et accès aux soins" depuis la mise en place des nouvelles
franchises médicales.
La seule véritable annonce est désagréable pour les humanistes : il a enfoncé le clou de la discrimination des immigrés en France en annonçant la création d'une juridiction
pour Etrangers. Ca ne vous rappelle rien ?
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