Le projet SVE, celui de la
Sogerma, ou encore d'un centre
préindustriel de bio-développement...
Alain Rousset, président de région Aquitaine, a annoncé «
plusieurs
bonnes nouvelles » en fin de matinée, lors de ses vœux à la presse.
Le projet SVE, « porté par la région depuis deux ans », devrait déboucher d'ici à quinze jours. A cette date, on saura si oui ou non Dassault jette son dévolu ferme et définitif sur un site
girondin pour y créer une unité d'assemblage des systèmes de batteries pour des véhicules électriques. « C'est une bonne nouvelle pour l'un des deux sites en pleine reconversion, qui sont sur
l'agglomération bordelaise ». En clair, le site de
Flextronics ou celui de
Ford
Aquitaine Industries, en Gironde.
« L'unité de Flextronics tiendrait la corde. On se bat avec les dents et la négociation est rude car il y a des sites hors du territoire français que Dassault regarde », explique-t-on à la
Région. Ce qui est sûr c'est qu'Alain Rousset met la pression sur Dassault. Au point de balayer d'un revers de main
la prudence d'Alain Juppé,
exprimée en aparté lors des vœux à la presse, faisant état des difficultés que Dassault rencontrerait pour trouver un constructeur. « Juppé n'y connaît rien », lâche d'un trait Alain Rousset
qui n'oublie pas qu'il est candidat au fauteuil de maire de Bordeaux.
Autre « bonne nouvelle », qui concerne cette fois le site de
Sogerma Services, filiale de TAT-Sabena Technics, installée à Mérignac. Alain Rousset n'en dit pas plus. Dans les prochaines heures, la DGA devrait
lancer un communiqué annonçant que Sogerma Services et Thalès ont remporté l'appel d'offres lancé pour le marché de la rénovation de l'avionique des 14 avions C130 Hercules de l'armée de l'air
française. Un marché qui vient conforter le maintien de l'activité de Sogerma Services en Gironde et qui représente l'équivalent d'une centaine d'emplois pendant trois ans pour les deux
entreprises. Là encore la concurrence a été dure, face à des équipementiers américains portugais et anglais. Pour la peine, Alain Rousset a écrit à Hervé Morin, ministre de la Défense. De même,
il avait rencontré la DGA l'été dernier.
Autre dossier : la création d'un centre préindustriel de bio-développement, à savoir la possibilité, pour des PME spécialisées dans les biotechnologies, de disposer d'un centre de mutualisation
de moyens industriels et d'essais. La Région compte injecter 5 millions d'euros dans ce projet qui va être implanté à cheval sur les communes girondines de Mérignac et de Pessac. « Nous devons
changer la culture industrielle de notre région. Ne nous battons pas simplement pour préserver le tissu existant. Innovons et créons», a répété le président du Conseil régional. Et de lancer, à
voix haute, des idées.
Ainsi, pourquoi ne pas réfléchir à la création d'un parc naturel régional que constituerait le Médoc. « Il pourrait devenir un territoire d'équilibre
écologique, économique dans lequel seraient menés des projets autour de la biodiversité », explique-t-il. Et d'annoncer son intention de mener une réflexion avec les viticulteurs, les chasseurs
et les PME encrés sur ce territoire « immense et magique » que constitue le Médoc. Lyrique, enflammé, Alain Rousset est intarissable sur l'aménagement du territoire. Au point de
reconnaître qu'abandonner la Région pour se lancer à l'assaut de Bordeaux n'est pas facile. « C'est un arrachement affectif que de quitter une responsabilité lorsqu'on y a mis ses racines ».
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