
Il y a deux manières de voir l'affaire Société Générale : (1) la Banque française s'est fait abusé par un jeune "terroriste" de 31 ans, (2) la banque est
mal gérée.
Il est surprenant que voir la Sarkofrance s'emparer de la première thèse, plus confortable que la seconde. Cratyle a justement analysé comment LE FIGARO a jetté en patûre le jeune Jérôme
Kerviel. Sans aucune précaution, avant même que la brigade financière ne perquisitionne son appartement et ne l'interroge. Une rare célérité. Déjà, la veille, Daniel
Bouton avait traité son ex-employé de "terroriste". Principe de base du management moderne : quand vous avez perdu, quand vous avez échoué, criez au loup
! Le management moderne n'accepte pas le droit à l'erreur.
S'acharner sur un jeune employé cantonne l'affaire au fait divers. Cela évite de s'interroger sur cette planète folle. Cela évite de se demander comment une banque peut perdre en quelques
semaines l'équivalent du déficit des retraites.
Rappelez-vous, les franchises médicales doivent "rapporter" 850 millions d'euros par an. La Société Générale a perdu 5 milliards ! Sarkofrance inconsciente ?
Jérôme Kerviel, après s'être rendu spontanément à la police, fut donc placé en garde à vue samedi 26 janvier à 13H00 GMT, prolongée de 24 heures dimanche à la même heure.
Malheureusement, Kerviel se montre très coopératif. Va-t-on apprendre la vérité ? La banque use de tous les moyens : pleines pages de
publicité dans la presse nationale, interviews, notes envoyées aux journaux.
la Société générale a fait circuler ce dimanche une note accablante pour son ancien trader. Dans celle-ci, la banque se dédouane de toute responsabilité en affirmant que le jeune homme de 31 ans a manipulé seul une somme totale de 50 milliards d'euros. Ce qui reste à prouver (source JDD).Sans surprise, Eric Woerth, le Ministre du Budget, soutient la thèse du fraudeur isolé."C'est un système de fraude, visiblement, qui a été découvert par la Société Générale. Je crois que la Société Générale a dû faire le tour du sujet et met en cause un de ses employés à juste titre", a-t-il dit sur France 5 dimanche.
Les avocats de Jérôme Kerviel ont accusé dimanche 27 janvier la banque de vouloir «élever un écran de fumée qui détournerait l'attention du public de pertes beaucoup plus substantielles qu'elle a accumulées ces derniers mois». On n'a pas fini d'en parler.
Le jeune trader a été mis en examen lundi 28 janvier pour «abus de confiance», «faux et usage de faux» et «introduction dans un système de traitement automatisé de données informatiques» (source). il se défend d'avoir profité des pertes occasionnées à la banque. En d'autres termes, il n'y aurait pas eu fraude ni enrichissement personnel.
Les juges d'instruction chargés du dossier, Renaud van Ryumbecke et Françoise Desset, n'ont pas retenu les chefs de mise en examen «d'abus de confiance aggravé» et de «tentative d'escroquerie» requis par le parquet. Ils n'ont pas suivi non plus la demande de mise en détention du trader de 31 ans (source).Curieuse coïncidence, on apprenait le même jour qu'un administrateur de la Société Générale a vendu début janvier un million d'actions, dégageant près de 90 millions d'euros de plus-value. Dix jours plus tard, le titre a plongé de plus de 20%.
Second revers pour la Société Générale ?
L'affaire, qui a fait l'effet d'un séisme dans le monde de la finance, a encore pris de l'ampleur avec la révélation dimanche par la Société Générale du fait que les positions frauduleuses prises par le jeune homme avaient atteint "environ 50 milliards d'euros" avant d'être liquidées dans l'urgence, ramenant la perte finale à 4,9 milliards d'euros.
Selon la Société Générale, la position frauduleuse, découverte le 20 janvier, a été "débouclée" en trois jours et complètement "fermée" le 23 janvier au soir (source).



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