Alain Rousset, le candidat PS aux municipales à Bordeaux (Gironde) avait choisi hier, dimanche, de présenter sa liste à Cap Sciences. Ce centre de culture scientifique et industrielle, implanté
sur les quais, le long de la Garonne, symbolise « l'attachement » porté par le candidat au potentiel scientifique et technologique de cette ville, qu'il entend bien faire fructifier, convaincu
que c'est là où le bat blesse.
« Ce n'est pas parce que la ville s'est embellie qu'elle s'est réveillée » a t-il répété, arguant du fait qu'il n'y a pas ou peu d'actions économiques portée par Bordeaux. Ainsi, il a listé les
points laissés en jachère par
Alain Juppé, comme les friches industrielles. « Bordeaux dispose d'un potentiel foncier libre exceptionnel » que le maire actuel « laisserait à la spéculation immobilière
». Mais aussi les infrastructures et ses conséquences en terme d'attractivité pour la ville.
« Je m'inquiète du devenir de Bordeaux lorsque celle-ci sera à deux heures de Paris avec le TGV. ll y a le risque qu'elle se vide si nous n'avons pas la capacité à y faire venir des sièges
sociaux d'entreprises, à mettre en place un vrai développement économique, à attirer de grands manifestations culturelles ou autres » a t-il martelé avant de présenter un à un les membres de sa
liste. Une liste « ouverte à ceux qui portent l'innovation et la générosité ».
En bonne place - à la cinquième - figure Jean-Pierre Renaudin, P-DG de Mod'8 (260 salariés, 35 millions d'euros de chiffre d'affaires), fabricant de chaussures pour enfant implanté sur la
commune girondine de Blanquefort. Ce dernier répète sur tous les tons que Bordeaux a accumulé un retard au plan économique qui est « énorme » par rapport à d'autres villes qui ont su trouver le
consensus et s'unir autour de projets économiques comme Montpellier (Hérault) ou Nantes (Loire-Atlantique). Cette ville de l'ouest voit ainsi son école de commerce adossée à une pépinière
d'entreprises : « la ville, la Région, la communauté de communes boostent la pépinière » a-t-il commenté. Et d'observer que Bordeaux « vient à peine de se doter d'une pépinière artisanale.
Alors qu'il y aurait 5 000 m² de pépinière autour de l'agglomération ».
De même, il fustige la stratégie du candidat
Juppé qui
mise sur le tertiaire, une politique qu'il juge « dangereuse ». « Attirer des centres d'appels, c'est spectaculaire mais c'est volatile. Les délocalisations ne se font pas que dans
l'électronique ».
Enfin, il attaque la méthode du maire en place vis à vis des PME, citant l'exemple de
Marie Brizard, sur le point de déménager en région parisienne son siège social. « Lorsque le groupe Belvédère a repris l'entreprise, la première chose
à faire était d'aller voir le repreneur, de l'accompagner et d'entretenir des contacts réguliers avec lui, plutôt que de pleurer aujourd'hui dans le quotidien local et d'éprouver de la
compassion ». On l'aura compris Jean-Pierre Renaudin, n'est pas un adepte de la langue de bois, mais tiendra-t-il cette attitude dans l'arène politique ? A voir...
De notre correspondante en Aquitaine, Colette Goinère
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