
Certes, un récent sondage, cette fois pour le Point (après ceux du Figaro et de Libération), confirme la chute de popularité du Président. Ce n'est pas un
fait nouveau. Ces baromètres étant mensuels, ils confirment, les uns après les autres, une tendance générale. Nicolas Sarkozy est donc impopulaire à un niveau record que ni De Gaulle, ni
Giscard, ni Pompidou, ni Mitterrand n'avaient connu aussi vite en leur temps : environ 60% des Français ne font plus confiance au Président qu'ils ont pourtant
élu à 53% moins de 9 mois auparavant. La presse fond sur David Martinon, se délecte du "climat délétère" qui règnerait au sein de l'exécutif,
plonge dans les anecdotes SMS, s'amuse de Jean Sarkozy. Mais tout ceci semble rater l'essentiel. Sarkozy a déjà commencé à riposter, et avec succès.
1. Sarkozy riposte en faisant le ménage chez lui.
L'aventure rocambolesque à
Neuilly-sur-Seine est le signe que le ménage a commencé. David Martinon était l'un des
proches de Cécilia Sarkozy (Cette dernière avait réussi à écarter Frédéric Lefebvre, le vrai confident du candidat Sarkozy,
celui qui savait et couvrait les agapes noctures de son boss. Cécilia l'exila à Issy-Les-Moulineaux plutôt que de l'accepter à l'Elysée). Mais David Martinon est aussi un symbole
pour les autres. Faible et politiquement incompétent, il est brûlé pour l'exemple. Le Roi est magnanime : il a refusé sa démission de porte-parole de
l'Elysée.
A ses ministres le 6
février dernier, le Président a aussi menacé ses ministres de sanction post-municipale: "J'écoute, je lis, j'entends tout ce qui se dit. Après les
municipales, je prendrai avec sang-froid les décisions qui s'imposent."
Paradoxalement, les plus résistants sont ... les chiraquiens. Valérie Pécresse est suffisamment sûre de sa légitimité pour avoir refusé de se présenter
aux municipales. Xavier Bertrand se voit déjà premier ministre. Les "créatures
sarkozystes" sont obligées d'en rajouter: Rachida Dati suit son maître dans les déplacements internationaux les plus improbables pour une ministre
ayant des lois à faire passer.
2. Sarkozy riposte en se posant comme une victime.
Le syndrome de la victime est une stratégie déjà usitée (affaire Clearstream notamment).
Sarkozy n'est jamais meilleur que quand il se pose en victime des médias, de ses adversaires, des "charognards", etc. La victimisation du Président est sans doute l'axe principal de
la riposte. Rama Yade lance une charge contre les journalistes "charognards"
qui a surpris jusqu'à Jean-Michel Apathie. Il avait attaqué Ryannair, maintenant le Nouvel Obs.
3. Sarkozy riposte en faisant des cadeaux.
Il fait annoncer un plan de soutien à
l'exportation, par son secrétaire d'Etat au Commerce Extérieur Hervé Novelli (Quand l'Allemagne annonce un excédent commercial de quelque
200 milliards d'euros, la France affiche son pire déficit depuis 20 ans, à 39 milliards d'euros). Il rencontre les chauffeurs de taxis puis les buralistes. Il annonce son plan banlieue et une revalorisation des minimums vieillesse. "Ensemble,
tout devient possible".
4. Sarkozy riposte en faisant diversion.
Il s'est félicité de l'adoption rapide et sans débat du Traité Non-Simplifié Européen, une intervention de 7 minutes à la
télévision, comme à la meilleure période de la Présidence gaullienne. Il exhibe son fils Jean au "royaume de Neuilly". Il visite sa
clientèle ouvrière (de Gandrange à Michelin); il inaugure un train pour rappeler son "sauvetage" d'Alsthom ("Ce
lancement de l’AGV marque aussi à mon sens l’aboutissement du renouveau d’Alstom. Un renouveau qui survient après une crise terrible, en 2004, qui menaçait l’existence même de
l’entreprise" - source). Il part en Guyane pour rencontrer Lula, attaquer les orpailleurs, et parler de la
conquête la planète Mars (sic !).
La riposte sera-t-elle efficace et suffisante ? L'heure est sans doute grave, mais les opinions sont cycliques. Jacques Chirac a été sanctionné dès le printemps 1996, puis aux
législatives de 1997, lors des élections régionales de 2004, puis européennes, et même lors du référendum sur la Constitution.
Résultat ? Il fut Président ... 12 ans.
Nicolas Sarkozy a plaidé pour un "programme mondial" d'exploration de la planète Mars lors d'une visite au centre spatial de Kourou, en Guyane Française. "Parce que Mars est là et que Mars est accessible aux technologies dont dispose aujourd'hui l'humanité, nous ne pouvons refuser de tenter cette aventure", a déclaré le président de la République, qui effectue son premier déplacement outre-mer (source)




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