Certains écarquillent les yeux, selon le récit d’un membre du bureau à Bakchich. Dans la plus grande discrétion, Denis Gautier-Sauvagnac, alors encore président de l’organisation, avait en octobre dernier acheté une partie d’un immeuble contigu au siège de l’UIMM, avenue de Wagram à Paris. Ce bien immobilier, dont l’adresse se trouve boulevard de Courcelles, donne sur la cour intérieur du siège. Il a été prévu d’y rassembler divers sites de la fédération aujourd’hui éparpillés dans la capitale.
Deux hics dans l’histoire. Tout d’abord, plusieurs membres du bureau, structure qui reste quand même l’organe de décision suprême, rassemblant 17 patrons ou chefs de composantes de la fédération, n’ont pas été informés de la dépense, alors qu’il ne s’agit pas vraiment de l’achat d’une studette. Ensuite, l’acquisition a été signée par « DGS » alors qu’a déjà éclaté le scandale des 20 millions d’euros distribués en liquide par sa grâce à de mystérieux bénéficiaires et qu’une enquête préliminaire a été ouverte par le procureur de la République de Paris, quelques jours avant. Bref, Gautier-Sauvagnac se sait sous surveillance. Mais le président délégué général de l’UIMM fait comme si de rien n’était. Plus de 10 millions sont engagés dans cet achat sans que l’organe décisionnel soit consulté. « Le bureau avait mandaté Gautier-Sauvagnac pour cette opération, assure un proche de l’UIMM. Le projet avait été engagé depuis pas mal de temps ». Pourtant, comme le confie à Bakchich un membre du bureau : « Je n’étais pas au courant et trouve tout cela fort de café ».
Mais cela se passe comme ça à l’UIMM. La fédération des industries métallurgiques, la puissante UIMM, tangue comme un bateau ivre. Frédéric Saint Geours, son nouveau président depuis décembre dernier, fait face à la tempête de révélations sur les gentillesses accordées à DGS, mis en examen en janvier. Convoqué par Laurence Parisot ce lundi, Saint Geours a décidé à la place de réunir ses troupes… et le fait savoir. Ses proches s’interrogent sur le jeu de la patronne du Medef. Ils murmurent que, en tant que « fille d’un ancien patron d’une fédération composante de l’UIMM », selon eux, elle se réveille un peu tard pour stigmatiser les pratiques de l’organisation. Pas faux… Mais signe du bras de fer qui perdure, Parisot a demandé que les membres de l’UIMM qui exercent des mandats dans des organisations paritaires au nom du Medef démissionnent.
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