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En cette 45ème semaine de Sarkofrance, Nicolas Sarkozy semble paraphraser en creux l’illustre Général de Gaulle devant les foules françaises à Alger au printemps 1958. Trente ans plus tard, sans gloire ni combat, le président fatigué semble crier aux foules d’électeurs déçus : "Je ne vous ai pas compris".

Cette semaine, Sarkozy a nié son échec. Dimanche 16 mars au soir, les équipes présidentielles ont usé de toutes les ficelles pour nier une sanction électorale. La seule stratégie payante pour ce scrutin était de nier son appartenance au camp présidentiel. Sarkozy a nié jusqu’au bout la portée nationale de ce scrutin. Curieusement, il en a en tiré les conséquences en virant certains de ses proches et, plus grave, en gelant les réformes depuis l’automne dernier. Dimanche 16 mars, nous n’avons pas eu droit à l’équation rudimentaire : "pas de raz-de-marée à gauche = succès pour Sarkozy". Il est vrai que les échecs de la majorité présidentielle à Périgueux, Strasbourg, Amiens, Toulouse, ou Caen sont des signaux. Curieusement, les ministres présents sur les plateaux TV dimanche soir se sont essayés à nous convaincre que ces résultats n’avaient avaient aucune portée nationale : en fait, les maires de droite perdant ne peuvent s’en prendre à qu’à eux-même... Surprenant, non ?

Cette semaine, Sarkozy a nié les attentes Nicolas Sarkozy n’a retenu qu’une leçon de ses difficultés sondagières et électorales : l’électorat frontiste l’a lâché. Il doit se droitiser. L’ouverture politique n’a rien produit : elle n’a pas éteint la gauche (comme il l’espérait en juin dernier, rappelez vous !), elle a déçu sa droite. Nicolas Sarkozy va donc (enfin ?) reprendre les réformes qu’il avait gelé depuis octobre dernier. Début janvier déjà, nous parlions de sa "seconde étape". Nous n’avons en effet qu’un seul conseil à lui donner : "Président, dépêche-toi !" Il faut que les Français réalisent le plus vite possible que ton programme est voué à l’échec. L’incompétence fiscale, l’échec de la politique d’immigration, la dégradation du pouvoir d’achat, ou la faillite budgétaire (*). Ses défiscalisations massives ont même creusé un peu plus le déficit des régimes de retraites alors qu’il se félicite de la réforme des régimes spéciaux en octobre dernier... Reste qu’il va lancer une seconde salve de mesures après les élections municipales. Et il n’infléchira rien à l’application de son programme : réforme des institutions (notamment pour mettre en place les quotas ethniques), financement de la télévision publique, réforme de la justice des mineurs, modification du régime général des retraite.

Cette semaine, on a nié la Présidence Refuser de serrer la main du Présidence (Nicolas ou Carla) semble être devenu un sport national ces derniers jours. Au récent Café des Blogs, un confrère s’étonnait de la vulgarité du visiteur du Salon de l’Agriculture qui osa déclarer au Président "Tu me salis". A titre personnel, j’ai dû reculer de quelques pas quand Nicolas s’approcha de moi. Serrer la main à un Président qui vous fait honte, est-ce vraiment vulgaire ?Les élections municipales ont révélé, comme en 2004, que l’opposition n’était pas prête à grand chose. Une ex-candidate se défonce en sillonant la France. Un futur ex-Premier Secrétaire la contredit sur les alliances avec le Modem. Les Verts se sont légèrement redressés, sauf à Paris. Le Parti Communiste s’est enclumé dans ses bastions. Le Modem a confirmé qu’il était un parti de gauche avec des dirigeants de droite. L’opposition a oublié le concept du vote utile : voter d’abord contre le pire, puis, éventuellement, pour le meilleur.Nous attendons avec impatience son intervention télévisée lundi 17 mars au soir.

Cette semaine, l’opposition a nié la nécessité

 

Ami Sarkozyste, reste jusqu’au bout. La fête n’est pas terminée.

(*) Rappelons que le déficit du budget est prévu à 42 milliards en 2008, sans marge de manoeuvre. Pour mémoire, Copé, quand il était ministre du budget de Villepin, l’avait prévu à 36 milliards et il termina à ... 42 milliards.

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