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Par tous les moyens, le gouvernement veut faire baisser le coût des politiques sociales, avec des risques évidents pour les Français, mais aussi pour l'Etat...

Nicolas Sarkozy durcit le ton sur les politiques sociales. Jusqu'où peut-on aller dans la remise en cause des politiques sociales ? Très loin. C'est quoi, les politiques sociales ? Ce sont les politiques en faveur de l'emploi, de la santé, de la retraite. Les politiques sociales exigent des cotisations sociales ou des impôts, du type de la Contribution sociale généralisée. Ces cotisations sociales sont payées par les assurés et les employeurs. Dans le système français de répartition, ce sont les actifs qui payent pour les inactifs, au jour le jour. Problème : le nombre d'actifs diminue, relativement à celui des inactifs. Il y a quelque chose d'immoral, dit Monsieur Sarkozy, à faire payer par des jeunes, de moins en moins nombreux, l'entretien de vieux de plus en plus nombreux.

Les solutions pour le gouvernement...
Que faire alors? Puisqu'il est exclu d'augmenter les cotisations, il faut allonger la durée des cotisations, diminuer les prestations, et diminuer les remboursements. Ou encore, faire payer par le consommateur une partie de la protection sociale (c'est la notion de TVA sociale). Diminuer les indemnités chômage. Diminuer les pensions de retraites. On peut aussi toucher au RSA, le Revenu de solidarité active, cette prime qui serait donnée aux Rmistes désireux de trouver un emploi, afin que l'occupation de cet emploi ne soit pas trop pénalisante. Coût : 2 à 3 milliards d'euros en année pleine, selon Martin Hirsch. Les services du Premier ministre se contenteraient bien d'un milliard.
En fait, le gouvernement devrait se focaliser sur l'assurance maladie. En ce qui concerne les soins, les transferts de charges se feraient vers les mutuelles et les assurances ; en ce qui concerne les arrêts maladie, aux employeurs de payer un peu plus.

Le risque d'un système «à l'américaine»
Le risque que prend le gouvernement est triple. D'abord, il y a un risque d'impopularité. Ce sont les personnes âgées qui sont malades, et elles ne sont pas toutes riches, loin s'en faut. Ensuite, il y a un risque économique pervers : quand vous affaiblissez la dépense publique, vous affaiblissez l'économie. Si je dois cotiser pour une mutuelle, je n'irai pas dépenser ailleurs. Enfin, il a le risque d'aller insidieusement, petit à petit, doucement, mine de rien, vers un système à l'américaine, complètement absurde. Aux Etats-Unis, les dépenses de santé par habitant sont deux fois plus importantes qu'en France, et pourtant, 45 millions de personnes sont sans couverture santé, dont plus de 8 millions d'enfants. On n'en est pas encore là, la santé ne se porte pas si mal en France.

La phrase du jour
: Elle est de Mazarin «Dans les affaires, traite ton ami d'aujourd'hui comme un ennemi de demain».

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