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Sus à la bonne humeur et et à la vie sans compétition vantées par le film Bienvenue chez les Ch'tis! Réussir en entreprise demande cynisme, flagornerie et ambition. Devenir chef ne se fait pas comme ça, tout de même...

Comment réussir sa carrière en entreprise ? Comment optimiser sa carrière ? Voici un petit guide pratique pour réussir, «avec tout le mépris et la cruauté que cette tache requiert». Vous savez que la semaine prochaine, lundi mardi mercredi, l'assemblée se prononcera sur la réforme du marché du travail, et du contrat de travail, autant se préparer à être un bon travailleur.
Vous vous souvenez de Bonjour paresse, ce livre qui avait eu un étonnant succès. De même, comment ne pas s'étonner du succès des Ch'tis, ce film nostalgique dans lequel les fonctionnaires ne sont pas des parasites mais sont sympas, les gens s'entraident au travail comme dans la vie, les embouteillages n'existent pas, les supermarchés hideux n'existent pas, la technique n'est pas oppressive, et les gens sourient dans la rue. Le foot est aimé par des braves gens et non des nazis. La compétition a disparu. Personne n'est en compétition, sauf peut-être en matière amoureuse. Les Ch'tis c'est l'anti-rapport Attali.

L'amour du travail ne suffit pas
Il est bien temps de réagir contre ces tendances à la paresse et à la bonne humeur. Comment réussir, vous qui, tôt levés, n'aspirez qu'à marcher sur la tête de vos voisins ? D'abord, il faut répondre à la question : pourquoi travailler? Pourquoi le travail, valeur «ignoble» au sens étymologique, a-t-il cédé la place à l'intérêt au travail, à la passion du travail, à la douce narcose du stress, voire à l'alcoolisme du travail ?
La réponse tient en un mots : formatage. Nous sommes formatés à aimer le travail. En cinq générations est né l'amour du travail, des objectifs, des résultats. Mais l'amour du travail ne suffit pas pour réussir dans l'entreprise. D'où trois conseils majeurs de réussite. D'abord, vendez-vous, sachez dire que votre travail est excellent, surtout s'il ne l'est pas. Deuxièmement, courtisez le chef. Enfin, prenez la place du chef.

Le maître-mot de la chefferie: imprévisibilité
Une fois que vous êtes chef, là, il faut gérer ses employés. C'est infiniment plus facile que de monter en grade. Il faut mentir intelligemment, diviser pour régner, flatter les égos, donner des ordres intelligents mais paradoxaux, apparemment sensés mais impossibles à exécuter. L'une des clefs de la domination des hommes, c'est l'imprévisibilité. Soyez aimable autant qu'imprévisible ! Plus l'avenir de vos subordonnés est peu sûr, incertain, plus ils vous seront soumis. C'est pour cette raison que la sécurité de l'emploi du public ou du parapublic rend les subordonnés ingérables. Sachez faire la part entre les récompenses psychologiques («Tu es formidable mon vieux») et les banales augmentations de salaire. En général, les premières vous permettront d'éviter les secondes.

Un conseil de lecture: le Guide Pratique Pour réussir sa carrière en entreprise d'Antoine Darima, aux éditions Zones.


Retrouvez « L'autre économie » de Bernard Maris, en direct sur France Inter, du lundi au vendredi à 6h49.

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