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Alors que Jean-Pierre Elkabbach est convoqué au CSA la semaine prochaine pour s’expliquer sur l’annonce erronée de la mort de Pascal Sevran, « Bakchich » a dégoté un message gratiné que l’intéressé avait laissé sur le répondeur téléphonique du chargé en communication du candidat PS à la mairie de Bordeaux, fin février 2008, en pleine campagne des municipales. Un message qui ne risque pas de redorer le blason du pauvre patron d’Europe 1…
Tout a commencé un jeudi 21 février 2008, période de campagne municipale. Ce jour-là, Jean-Pierre Elkabbach recevait sur le plateau d’Europe 1, avec le journal Sud Ouest et TV 7, le candidat UMP (et maire sortant) à la mairie de Bordeaux Alain Juppé, et son rival socialiste Alain Rousset.
Une question, classique, d’Elkabbach à Juppé :
– Si vous êtes battu, [vous dites que] ça n’a pas de sens ? Et si vous êtes élu et avec une large majorité, dès le premier tour, vous allez nous faire croire que ça n’a pas de sens ?
Ce à quoi l’intéressé répond par… un petit bras d’honneur (peu visible sur l’extrait vidéo ci-dessous, mais discrètement audible à 0.12 secondes) adressé au vide, au public, aux journalistes ou aux Bordelais, qui sait ? Elkabbach laisse couler, et lui renvoie un peu plus tard le geste, sur le ton de l’humour.
L’extrait télévisuel de l’interview :
Alain Rousset et son équipe de campagne n’ont pas la même réponse. Le lendemain, vendredi 22 février, le chargé de communication du candidat, Rachid Belhadj, rédige un communiqué de presse publié sur le site internet de Rousset. Sous le titre « Pour Alain Juppé, les Bordelais ne sont que des machines à voter », le communiqué évoque les manières et le caractère du maire sortant « marketé » (« détendu », « souriant », « apprenti bobo »), et « égal à lui-même » : « cassant et irrespectueux ». L’auteur du papier glisse également une petite pique contre Elkabbach, « traité » de « complaisant » : « Quand le complaisant Jean-Pierre Elkabbach lui demande “que feriez-vous en cas de défaite ?”, il se voit gratifié d’un bras d’honneur. » Ah, Belhadj, le malheureux, s’il avait su…
Après lecture du communiqué, Elkabbach se fâche. Et passe un petit coup de biniou à ce scélérat de Rachid Belhadj. Répondeur, puis message… dont Bakchich s’est procuré l’enregistrement.
« Reçu hier à 18 h 43.
C’est Jean-Pierre Elkabbach à l’appareil. Je viens de lire votre minable papier là, votre communiqué de presse tout nul, est-ce que vous voulez me rappeler au… (numéro de téléphone), et vous verrez si le complaisant Jean-Pierre Elkabbach, vous aurez le courage de le rappeler, il va vous dire ce qu’il pense de vous et de votre équipe. Si vous aviez mieux préparé votre candidat, sur des points, il aurait été meilleur. Parce que le “complaisant” Elkabbach, il demande à monsieur Juppé si… ce qu’il peut faire en cas de défaite, alors que tous les sondages le donnent vainqueur. Où est le complaisant ? Et puis je veux discuter avec vous et avec votre chef. Alors, on va voir le courage que vous avez, sinon, je vous allumerai, moi, professionnellement aussi. Je vais dire ce que vous pesez. »
Que, sous le coup de la colère, Jean-Pierre Elkabbach laisse un message corsé à l’auteur du communiqué est une chose. Qu’il souhaite s’immiscer dans les affaires de politique locale en affirmant vouloir « allumer professionnellement » Rachid Belhadj et son chef (Alain Rousset), en est une autre. D’autant plus étonnante que le ton incisif du message laisse entendre qu’Elkabbach a les moyens de faire ce qu’il annonce et qu’à ses yeux le Belhadj ne « pèse » rien. Entre le chargé de com’ politique et le patron d’Europe 1, le rapport de force est bien en faveur du dernier.
La preuve ? Rachid Belhadj retire le mot « complaisant » du communiqué après écoute du message. Interrogé par Bakchich lundi 28 avril, Belhadj confirme cette histoire et affirme être passé à autre chose : « C’est du passé ». Même réaction du côté du bureau d’Elkabbach, contacté par Bakchich le mardi 29 avril : pour ses proches, c’est de l’histoire ancienne.
Bakchich s’excuse de jouer aux historiens de la campagne des municipales. C’était il y a un siècle au moins !
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