C’EST UBU pris dans le cyclone. Car il n’y a rien de plus bête qu’une dictature. La junte militaire qui règne sans partage sur ce pays presqu’aussi peuplé que la France, celle
qui, depuis tant d’années, laisse en résidence surveillée l’icône de l’opposition, Aung San Suu Kyi, sait sans doute qu’elle vit sa plus grande épreuve. Le dernier bilan officiel à prendre avec
des pincettes laisse penser que le coût humain de la catastrophe pourrait se révéler bien plus lourd. On parle de 50 000 morts. Et cette junte ,prévenue deux jours avant de l'arrivée du cyclone
par l'Inde, n’a rien fait et semble aussi impuissante après qu’avant. Les autorités militaires ont finalement décidées d’accepter les dons financiers de plusieurs pays tout en refusant de donner
carte blanche aux équipes de secours. La question d'une aide étrangère est ultrasensible dans un pays qui vit depuis 1962 sur le mythe de "l'autosuffisance socialiste". Le régime doit autoriser
un accès immédiat et sans restriction pour les organisations non gouvernementales et les agences d'aide", a déclaré un des membres du Forum pour la démocratie en Birmanie (FDB). Les ONG vont
réclamer la faculté "d'agir librement dans les opérations d'assistance directe à la population sinistrée". Que fait la junte ? Que fait l’armée ? "Je ne sais pas où sont les troupes qui ont
réprimé les manifestations pacifiques en septembre 2007", remarque une femme. "A l'époque, ils se sont montrés très rapidement. Maintenant, ils ne peuvent pas venir pour aider les victimes du
cyclone." Une pénurie alimentaire mal gérée par les militaires pourrait encore relancer l'agitation antigouvernementale réprimée en 2007. La rancœur et la colère enflent de jour en jour. La haine
envers les généraux ne s'apaise pas non plus chez l'homme de la rue, durement touché par une inflation galopante. "Le pays est un volcan social prêt à entrer en éruption", prévient un homme
d'affaires birman. "Il suffit d'une étincelle pour mettre le feu aux poudres." Les prix flambent, et près de 90 % des ménages dépensent plus de 80 % de leurs revenus rien que pour se nourrir.
Malnutrition et pauvreté prennent des proportions alarmantes, pendant que la junte consacre d'énormes sommes à l'achat d'armements et de matériel militaire. Pendant ce temps, les militaires
continuent imperturbablement d’affirmer le maintien pour ce samedi du référendum sur une nouvelle Constitution, taillée sur mesure pour elle. Comme si de rien n’était.
Jean-Marcel Bouguereau
Editorial du Nouvel'Obs de ce jour
PS: Désirs d'Avenir Lacanau s'interroge sur la non-réactivité de la communauté internationale (que se soit le machin de l'ONU , ou l'UE, les USA) . On va assister à la mort de centaines de milliers de personnes qui n'ont que le tort de vivre dans un pays corrompu et dirigé par une clique de militaires obtus.
Heureusement que Kouchner ira avec son sac de riz et fera un rapport sur les installations de Total en Birmanie!!!!
C'est d'une dérision.
Et dire que nous fêtons le 8 mai 1945 où nous avons vu ce qu'a été la machine nazie.
Commentaires