Les livres sur Sarkozy pleuvent comme les CRS lors des visites du petit garçon qui se prend pour le président de la république. C'est
dire si les maisons d'édition sont inspirées et volontaires pour publier tout ce qui est possible et imaginable sur un petit garçon qui n'aime pas beaucoup qu'on l'appelle ainsi.
Dans le lot indigeste figure un ouvrage chaudement recommandé par Sarkophage : "Sarkozy, la grande manipulation" Les points sur
les i (c'est l'éditeur). L'outrecuidant qui a osé écrire cela et risque sa place et un quolibet peu amène au détour d'une rencontre avec l'auteur du "casse toi pov con" est Oliver
Bonnet.
Extraits des motivations de l'écrivain courageux et perspicace dans son analyse :
Vous venez de faire paraitre Sarkozy, la grande manipulation, une recension très impressionnante des mensonges et des impostures du président
de la République. C'est quoi pour vous le plus gros mensonge de Nicolas Sarkozy ?
Olivier Bonnet : Pour moi, le plus gros mensonge est au sujet du traité de Lisbonne puisque le Président l'a constamment présenté comme un
mini-traité et un traité simplifié. Or ce traité n'a rien de mini puisqu'il fait à lui seul 267 pages et environ trois mille avec les annexes. A titre de comparaison, la Constitution française
fait trente pages. Il n'a donc rien de mini. Et au lieu d'avoir été simplifié, il a été au contraire complexifié à l'extrême puisqu'il est parfaitement illisible pour le citoyen lambda, puis il
opère sans cesse des rappels à d'autres textes.
Merci à Charb - Charlie Hebdo
Autre mensonge: pour justifier la ratification parlementaire, le président a prétendu qu'il n'avait gardé dans le soit disant mini traité que les dispositions qui faisaient consensus. C'était un
consensus imaginaire, puisqu'il est impossible de savoir les motifs pour lesquels les gens avaient rejeté le traité constitutionnel européen en 2005 par référendum. Le traité de Lisbonne reprend
95% des dispositions du TCE qui a été rejeté. Les plus grands responsables européens l'ont tous reconnu.Donc, c'est un tour de passe-passe qu'il a réussi là pour passer en force et imposer finalement le traité de Lisbonne au peuple qui
manifestement le rejetait.
En passant en revue ces différents points, on se rend compte que toute sa politique consiste au contraire à mettre à bas et asséner des grands coups de pioche à tous ces éléments-là. L'héritage
du droit du travail: on sait qu'il n'a de cesse d'accorder au Medef toutes les souplesses qu'il désire pour que les salariés aient moins de protection. Les congés payés: sa doctrine, c'est
travailler plus pour gagner plus. Il veut à toute force que les gens augmentent leur durée de temps de travail. La sécurité sociale, il introduit les franchises médicales qui sont le doigt de
l'engrenage de la fin de l'assurance maladie solidaire. L'assurance chômage: alors qu'aujourd'hui il n'y a que 47,5% des chômeurs qui sont indemnisés, c'est encore trop. On va radier les chômeurs
qui refusent des offres valables d'emplois. On va supprimer la dispense de recherche d'activité pour les seniors. L'imposture majeure: c'est le Sarkozy social.
Qu'il ait osé se présenter comme quelqu'un de social, alors que sa politique a consisté à faire œuvre antisociale, c'est quand même la plus formidable des impostures.
Merci à Tignous
Vous attaquez beaucoup la presse et les médias pour leur complicité, leur impuissance ou leur silence. C'est quoi à votre avis la plus grande
complicité de la presse ?
Mais il y a un aspect précis, qu'il a invoqué lors de plusieurs émissions télévisées pour justifier de sa politique judiciaire répressive. Il a dit plusieurs fois « je souhaite qu'on crée des
peines planchers pour les multirécidivistes parce que 50% des délits, c'est 5% des délinquants ». Quand on prend cette affirmation telle quelle, on se dit qu'effectivement il faut lutter contre
les multirécidivistes, on va faire baisser la criminalité de moitié, si ce sont toujours les mêmes qui commettent ces délits... Or ce chiffre est grossièrement faux. Il faut faire appel aux
statistiques de résolution des affaires. Et dans 68% des cas on ne sait pas qui a commis le crime. Presque sept fois sur dix, on ignore l'identité de l'auteur du crime. Dire que la moitié des
crimes sont commis par les mêmes, c'est impossible à dire, puisqu'on ne le sait pas. Ce qui est grave c'est que ça, il l'a dit devant Arlette Chabot, dans l'émission A vous de Juger, à deux
reprises. Il a également affirmé ça au journal de 20 heures devant le duo François Bachi, Patrick Poivre d'Arvor...
Qu'est-ce qui se passe du coté des journalistes, ils ne font pas leur boulot ou ils sont connivents ?
Je ne sais pourquoi ils s'abstiennent de le contredire. Soit ils ne font pas leur travail, parce qu'ils auraient pu se renseigner. Cette
question des vrais chiffres de la récidive a été expliquée par le magistrat Serge Portelli. Les journalistes doivent le savoir. Soit ils sont tétanisés et ils n'osent pas contredire le président
de la République qui passe pour être rancunier, et avoir beaucoup de poids dans les médias.
Vous reprochez à juste titre à la presse de ne pas avoir exercé de droit de suite sur les conditions d’achat par Sarkozy de son appartement
de l’île de la Jatte et en particulier sur le soupçon de favoritisme ?
Je me suis fait la réflexion que dans n’importe quelle démocratie normale – on peut penser aux Etats-Unis ou aux pays scandinaves – un candidat
à la présidentielle qui serait l’objet d’aussi lourds soupçons puisqu’on parle quand même de corruption passive n’aurait pas pu maintenir sa candidature. En réalité il n’a jamais nié avoir acheté
son appartement au promoteur avec lequel il était en affaire en tant que maire de Neuilly. D’une façon assez peu convaincante puisqu’il n’a jamais fourni les preuves de ce qu’il avançait, il a
essayé de nier tout un tas d’autre chose, qu’il n’y avait pas eu de rabais, qu’on ne lui avait pas fait payer une partie des travaux. Mais il n’a jamais nié que M. Sarkozy, en tant que
particulier, avait acheté un appartement au promoteur à qui M. Sarkozy, en tant que maire de Neuilly, a vendu un terrain sur l’ile de la Jatte. Rien que ça c’est interdit par la loi.
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