Ne reculant devant aucun sacrifice, même pendant des vacances bien méritées, je viens de regarder le compte-rendu de la journée olympique du 20 Heures de France 2.
J'avais oublié les quelques règles de base qui régissent cet objet narratif.
D'abord, les JO sont par essence, quoiqu'il arrive, le principal titre, et le premier sujet traité au jité, avant la relation d'un obscur conflit mettant en jeu la Russie et la Géorgie, y compris avec (ce soir-là) tentative de médiation sarkozyenne.
Surtout, l'acteur central et unique de ce spectacle, c'est le Français. Heureux ou malheureux, mais français.
Toutes sortes de Français, d'ailleurs, adeptes de disciplines obscures le reste du temps : kayakistes en eaux vives, épéïstes, tireurs à l'arc, cavaliers. Que font-ils dans l'année ? On ne sait pas, le jité ne nous en disant rien. Sans doute boivent-ils des coups avec leurs copains du village, ceux-là même qui les regardent au bistrot sur l'écran géant, devant les caméras du 20 Heures, mais sinon on ne sait pas.
Ce soir-là, ce n'étaient que Français malheureux. Ils n'ont eu que l'argent.
Et c'est ici que le commentaire du 20 Heures déploie tout son génie. Le Français a raté l'or, mais ce n'est pas de sa faute. Jusque là, il avait réussi un parcours impeccable. Irréprochable. Français. Et au dernier moment, il lui arrive une tuile totalement imprévisible dans un endroit pourtant sécurisé comme les Jeux Olympiques : il tombe sur plus fort que lui. Ou pire: plus rusé. Mésaventure ainsi survenue mardi à une judoka française, qui a eu la malchance de rencontrer en finale une Japonaise pratiquant (horreur!) l'attaque dans l'attaque. Quant au kayakiste, il lui est arrivé un impondérable plus épouvantable encore: il n'a pas su maitriser "l'exigeant bassin chinois" (je cite texto le commentaire). Sans doute pensait-il kayaker sur le bassin du jardin du Luxembourg. Mais les Chinois, non contents d'opprimer les Tibetains, avaient conçu un bassin "exigeant".
A la fin de la longue séquence de larmes et de regrets, Françoise Laborde nous montre (sans paroles) un gars, un américain nommé Phelps. On nous dit qu'il va tenter de battre son record précédent: il avait eu six médailles d'or à Athènes, il va tenter d'en décrocher sept. Ah tiens, il y a donc aussi des non Français, dans ces JO ? Ca dure quelques secondes, pas davantage. Bilalian ne va évidemment pas l'interviewer. Normal: il n'est pas français. Il fait seulement office de transition, en fin de séquence, avant les restes de l'actualité.
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