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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 11:55

Alexandre Delaigue EcoBlabla

Cette semaine, Standard & Poors a dégradé la note de la dette publique portugaise, après la Grèce, l'Espagne, et indiqué que l'Irlande risquait fort de suivre. Ce genre d'indication a de lourdes conséquences pour les gouvernements concernés, puisque cela élève immédiatement le coût de tout endettement ultérieur.

Par contre, General Electric a conservé sa notation triple A, ce qui, comme le souligne Felix Salmon, est parfaitement absurde. Un actif triple A est après tout considéré comme "sans risque", et rien dans les comptes de General Electric ne permet d'en retirer cette conclusion. Rien, sauf l'idée qu'en cas de faillite, General Electric entre dans la catégorie "too big to fail" et bénéficie donc d'une garantie implicite du gouvernement américain. Ce qui est fort possible, mais pas certain. Et quand bien même, si le gouvernement américain apporte la garantie implicite de sauvegarder toutes les grandes entreprises nationales en faillite, n'y a t-il pas un problème dans la notation de ce gouvernement?

Les notations ne signifient rien lorsque des gouvernements de pays souverains et stables, qui peuvent augmenter les impôts, bénéficier en cas de problème d'aides d'autres pays européens, voire d'un plan du FMI en cas de difficultés, sont plus mal notés qu'une entreprise qui a 500 milliards de dollars de dette et dépend, jusqu'à preuve du contraire, de la bonne volonté de ses clients pour ne pas mettre la clé sous la porte. Ou lorsque ces pays reçoivent des avertissements pour "la hausse de leur endettement" alors que les USA et la Grande-Bretagne, dont l'endettement s'est accru beaucoup plus, n'en reçoivent aucun.

Il est assez incroyable que l'on accorde encore la moindre crédibilité aux agences de notation, après que celles-ci aient systématiquement déclaré "sans risques" les actifs titrisés les plus pourris pendant des années, et ce, en pleine connaissance de cause. Des banques ont fait faillite, d'autres ont été nationalisées, d'autres se voient imposer des contraintes en contrepartie d'aides, des licenciements importants ont eu lieu dans les institutions financières. L'affaire Enron avait coûté, en son temps, son existence au cabinet comptable Arthur Andersen.

Mais les agences de notation, Standard & Poors la première, alors qu'elles ont eu systématiquement tort au cours des dernières années, et sont amplement responsables de la crise, semblent s'en sortir avec leur crédibilité intacte, et continuent comme si de rien n'était de donner leur avis sur le risques des actifs, avis suivi benoîtement par les opérateurs des marchés financiers. Alors qu'on sait désormais que cet avis est largement fondé sur des préjugés, et a produit la crise actuelle. Combien de temps cette fumisterie va t-elle encore durer?

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Published by La boulange - dans Economie
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