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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 07:26


C'est donc officiel. Rachida Dati sera en deuxième position (donc éligible) sur la liste UMP d'Ile de France aux prochaines élections européennes de juin. Elle quittera donc le gouvernement, au plus tard à cette date. Qui la regrettera ?

Une icône grillée
Depuis son irruption sur la scène médiatique nationale, Rachida Dati est une triple icône : jeune, dans un paysage politique dominé par des quinquagénaires; femme, au milieu d'hommes; maghrébine, en pleine polémique sur la faible représentation politique des "minorités visibles". Pour ces trois motifs publicitaires, la ministre a bénéficié d'une indulgence médiatique hors du commun, y compris de certains à gauche lors de sa nomination.

Malheureusement pour elle, elle a ajouté 3 dimensions à sa stature iconique : incompétente, autoritaire et bling bling. Son incompétence s'est révélée assez vite. Rachida Dati, qui a peu pratiqué le droit (3 ans de magistrature, après un diplôme obtenue par équivalence), et s'est trouvée incapable de gérer son ministère. Même les syndicats plutôt classés à droite ont rapidement été exaspérés par son absence totale de sens politique. Rachida Dati s'est brouillée avec le corps judiciaire en quelques mois, incapable qu'elle était de ne faire autre chose que singer et répéter son Président.
Son autoritarisme est désormais légendaire : les conseillers ont valsé depuis sa nomination, poussés à bout ou découragés. Bling Bling, la future ex-ministre l'est assurément. Rapidement caricaturée par les Guignols de l'Info comme une obsédée du shopping chez Prada et Chanel, la Garde des Sceaux a mieux incarné la Sarkofrance "Bling Bling" que Nicolas Sarkozy lui-même. Sa fameuse séance de photos tout en bijoux et robes de haute couture pour Paris Match à l'automne 2007 fut un sommet du genre. Chaque Conseil des Ministres en est devenu une "montée des marches" digne du Festival de Cannes.
L'ancienne ministre Marylise Lebranchu lui avait porté ce conseil indulgent : "Quand on est la ministre de la Justice, malheureusement on est la ministre du malheur des autres. Et "l'hyper-showbusiness" entretenu autour d'elle - première page des magazines, robes qui coûtent un an de salaire d'un surveillant pénitentiaire..., ça ne peut pas fonctionner. Il y a quelque chose qui ne va pas entre le personnage qu'elle a créé et la fonction de ministre de la Justice."

Narcissisme exacerbé
Rachida Dati a sans doute souffert de Nicolas Sarkozy. Un temps favorite de la Cour, elle est entrée dans l'ombre quand Nicolas divorça de Cécilia Sarkozy. L'irruption de Carla Bruni quelques semaines plus tard a achevé sa mise à l'écart. Sarkozy ne la convia même pas à son "G7", ces réunions périodiques avec les ministres les plus proches. Pire, Nicolas Sarkozy lui jetta dans les pattes dès son premier jour son conseiller justice, Patrick Ouart, véritable ministre de l'ombre.
Au plus fort de la constestation médiatique et judiciaire, Dati tenta de reprendre son indépendance. Elle se consola en se rapprochant de Nathalie Kosciusco-Morizet. Elle se fit plus discrète. Mais son narcissisme la rattrape à chaque fois. La création d'un site internet tout entier à sa gloire, payé par l'Etat, est un symbole du genre.
En presque 24 mois de ministère, Rachida Dati a paru sincère et sensible une fois seulement. Quand un mariage fut annulé pour cause de "non-virginité" de l'épouse, la réaction de Dati tenait davantage de l'intime. Deux jours après, Sarkozy lui imposait un volte-face.

Mesures contestées
Rachida Dati devait appliquer le programme présidentiel. Qui lui reprochera ? Elle le fit avec zèle. Peines plancher supposées anti-récidive, abaissement de la minorité pénale, loi sur la rétention de sûreté. La politique judiciaire du pays est tombée dans le tout-répressif sans se préoccuper de l'engorgement des prisons. La situation carcérale, déjà indigne en mai 2007, n'a cessé de s'aggraver. Volte-face, l'annonce d'un effort en faveur des peines alternatives, comme le bracelet électronique, ajoutait l'incohérence à la honte.
La ministre prit aussi exemple sur Sarkozy, si prompt à instrumentaliser chaque fait divers dûment choisi (un enfant sauvé des griffes d'un pédophile plutôt qu'un enfant sans-papier qui se défenestre quand la police frappe à la porte). Jamais autant depuis 30 ans, l'indépendance des magistrats n'a paru aussi menacée et secoué. Dati a ainsi choqué quand elle assuma l'interrogatoire des magistrats et parquetiers par les services de l'inspection judiciaire après le suicide d'un prisonnier mineur à Metz ... Elle n'a rien fait pour améliorer des relations houleuses avec le corps magistral : pression sur les magistrats ou mises en cause médiatique, tout fut utilisé pour asservir la profession. Ainsi, dès septembre, les magistrats s'indignent de la convocation d'un procureur de Nancy par la ministre de la Justice en raison de propos critiques sur la loi contre la récidive, propos que l'intéressé a nié avoir tenus. En octobre 2007, le premier président de la cour d'appel d'Agen René Salomon a saisi le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) du cas du procureur général d'Agen à qui la Garde des Sceaux Rachida Dati a demandé de quitter son poste.

Elle aussi quittera son poste d'ici juin, un ministère où personne ne la regrettera. Elue maire du 7ème arrondissement de Paris, elle doit s'exiler. Mais elle reviendra.

"Pour moi, cela a été un immense honneur d'avoir été ministre de la Justice et quitter le ministère de la Justice, cela fait partie du parcours politique"

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