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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 06:45
Par François Krug | Eco89 |

Remise en état d'une ligne électrique près de Pian-Medoc dimanche (Philippe Wojazer/Reuters)

Après chaque tempête, la polémique revient: pourquoi n'a-t-on pas pensé à enterrer les lignes électriques? En fait, une partie du réseau est déjà souterraine. Mais EDF et sa filiale ERDF avertissent: pour aller plus loin, les clients devront payer. Explications.

Quelles sont les obligations d'EDF et ERDF?

Venu constater les dégâts dimanche, Nicolas Sarkozy n'a pas pris beaucoup de risques en annonçant que "dorénavant, la quasi-totalité des nouvelles lignes moyennes tension seront enterrées, avec une priorité pour celles qui sont dans les secteurs boisés".

Dans le contrat de service public conclu en 2005 entre l'Etat et EDF, complété l'année suivante par un "Plan aléas climatiques", l'opérateur s'est engagé à enfouir :

  • 90% des nouvelles lignes haute tension "A" (de 1 000 à 5 000 volts)
  • 65% des nouvelles lignes basse tension (moins de 1 000 volts)

L'opérateur s'est aussi engagé à fournir un effort particulier d'enfouissement et d'élagage dans les zones boisées. Ces engagements ont été repris par Electricité réseau distribution France (ERDF), la filiale à 100% d'EDF qui gère le réseau depuis l'ouverture à la concurrence du marché de l'électricité.

Où en est-on de l'enfouissement aujourd'hui?

Selon le rapport d'activité d'ERDF, sur les 1,2 million de kilomètres du réseau, près de 470 000 kilomètres ont été enfouis. Soit 39% du réseau. Le directeur général adjoint d'ERDF, Bernard Lassus, a indiqué à l'AFP que le rythme de l'enfouissement était de 3 000 kilomètres par an, et qu'il passerait à 5 000 kilomètres par an "vers 2012".

Les collectivités locales, qui accordent des concessions à ERDF pour l'exploitation du réseau sur leurs territoires, ne le contestent pas. Mais pour Jean-Marc Proust, directeur de la communication de la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR), l'enfouissement des nouvelles lignes ne suffit pas:

"Ce qu'on constate, c'est une baisse des investissements sur les lignes existantes: ils sont passés de 2,5 milliards d'euros dans les années 90 à 1,5 milliards. L'élagage se fait aussi de façon très variable selon les concessions. Et alors que la durée de vie des réseaux est de quarante ans, certaines portions ont 50, 60 voire 70 ans."

Certains de nos voisins ont pris de l'avance dans l'enfouissement. Dans les pays du Benelux, la quasi-totalité du réseau est souterrain. C'est aussi le cas de 75% à 80% des lignes en Allemagne.

Combien ça coûte?

Une ligne souterraine coûte beaucoup plus cher qu'une ligne aérienne. Résultat, selon EDF et ERDF: l'enfouissement total du réseau coûterait 100 milliards d'euros. La FNCCR conteste ce chiffre, et propose sa propre estimation.

Selon Jean-Marc Proust, "pour parvenir à un taux d’enfouissement du réseau de distribution de l’ordre de 75% à 80% (comme en Allemagne), il faut investir environ 50 milliards d’euros à échéance quinze ou vingt ans". Et, précise-t-il, le coût varie selon les régions: il est moins élevé "dans le sable des Landes" qu'en montagne.

Pour ERDF, la rénovation et l'enfouissement du réseau seront impossibles sans augmentation de la facture des clients. Un argument qui ne date pas de la tempête de ce week-end. Le patron d'ERDF réclame en fait depuis l'été dernier une hausse du Turpe, le "tarif d'utilisation des réseaux publics d'électricité".

Le Turpe, c'est ce qu'EDF et ses concurrents privés lui versent pour utiliser son réseau. Il représente ensuite la moitié de la facture du client final. Et pour ERDF, il faudrait l'augmenter de 15% sur trois ans pour pouvoir accélérer la rénovation des lignes.

La filiale d'EDF oppose un dernier argument aux partisans de l'enfouissement total: les lignes souterraines résistent peut-être aux tempêtes, mais pas aux inondations ou aux canicules. La FNCCR l'admet, mais se veut plus nuancée:

"L'enfouissement est la moins mauvaise des solutions. En France, les risques d'inondations sont quand même moindres que les risques de neige ou d'orages."

A lire aussi sur Rue89
Qui doit payer pour rénover le réseau?
Dans les Landes, témoignage d'un maire abandonné
Vos images de la tempête

Ailleurs sur le Web
Le contrat de service public conclu en 2005 entre l'Etat et EDF
Le rapport d'activité d'ERDF

Photo: remise en état d'une ligne électrique pèr de Pian-Medoc dimanche (Philippe Wojazer/Reuters)

EFG

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Published by La boulange - dans Médoc-Gironde
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