C'est ce que propose Piketty : Taxer les hauts revenus. Voici un extrait de cet article fort intéressant :

En France, nous sommes complètement à contre-courant et à contretemps. Non seulement, nous rattrapons à vive allure les sommets atteints aux Etats-Unis en termes d'explosion des revenus primaires, comme l'ont démontré les recherches de Camille Landais, mais nous affirmons parallèlement, à travers les réformes fiscales introduites par Dominique de Villepin puis Nicolas Sarkozy, que la priorité absolue est de réduire la progressivité de l'impôt.

Tout cela aboutit à une situation totalement insupportable du point de vue de la justice sociale. Comment pouvez-vous oser expliquer aux gens qu'il faut introduire des franchises médicales afin de faire des économies de quelques euros sur les remboursements de Sécurité sociale et, dans le même temps, dire qu'il faut absolument laisser la moitié de leurs revenus aux personnes qui gagnent des dizaines de millions d'euros? C'est évidemment totalement impossible à comprendre, et même si cela ne concerne qu'un nombre relativement réduit de personnes, c'est clairement une menace pour le fonctionnement de la démocratie.

Et regardez cette courbe, elle montre le taux maximum d'imposition ( la plus forte tranche) aux USA sur quelques dizaines d'années. On est monté jusqu'à 90%. C'est à dire que certains revenus étaient taxés très fortement, 2 fois plus qu'actuellement.


Ces taux élevés n'ont pas empêché l'économie américaine se se porter bien dans les années 60 et le début des années 70. Les problèmes ont commencé ensuite.

Les taux n'ont baissé qu'à partir des années où les idées ultra-libérales sont apparus, comme cette idiotie de théorie du ruissellement qui fait croire aux gogos que l'argent des nantis aide les pauvres en leur donnant du travail. A part des emplois de jardiniers, de chauffeur et de services à temps partiels pour gosses de riches que voyez vous d'autre ? Coiffeur pour caniches peut-être ?

L'explication du bordel financier est clair: Ce sont les folles rémunérations des castes financières qui ont permis l'explosion de ces produits dérivés: les bénéfices engrangés étant de moins en moins taxé par l'impôt. Le fric entraine le fric, avec les conséquences que l'on connait désormais.

On rappellera que fin 2006, les bonus de la finance anglaise atteignaient 20 milliards d'euros. Pour la France on ne sait pas, certains disent que c'est 20 fois moins, d'autres 5 fois moins. Et où part cet argent? dans quels circuits de l'économie réelle? La spéculation immobilière bien sûr, et le luxe et de nouvelles bulles spéculatives. Donc le système s'entretient de toute façons, pour avoir de nouveaux bonus, ces nantis de la caste financière vont devoir inventer de nouvelles méthodes pour générer plus de "valeur" (loufoque pour un comptable) et donc toucher plus de bonus qui eux sont réels. Et ainsi de suite. Cette année, on nous a dit que cette caste avait décidé de ne pas faire dans l'exubérance. Comme c'est dommage, certaines victimes auraient peut-être eu envie de ré-éduquer ces pénibles à coup de claques et de fessées en place publique.

Je viens d'apprendre qu'entre 2002 et 2009, la croissance moyenne du PIB Mondial était de 5%, alors que les liquidités ont cru de 15% en moyenne. On voit donc que ces liquidités sont pourries d'un niveau non négligeable.

Le meilleur moyen de mettre fin à ces folies est tout simplement de commencer par rétablir une forte progressivité des impôts sur les revenus, qui fera qu'au delà du raisonnable et du comparable aux revenus du travail, ceux du capital seront soumis à la guillotine fiscale. Tout cela pour éviter qu'on ne voit arriver de nouveaux des produits dérives comme ces assurances sur les dettes bancaires revendues à on ne sait qui et cotées en bourse.

Ça va être dur, les libéraux doivent toujours fantasmer sur la flat-tax , leur délire simplificateur lié à la grotesque théorie du ruissèlement et ces ânes là ont agit dans certains pays de l'Union Européenne.

Un autre truc à taxer lourdement avant de l'interdire, ce sera la spéculation à découvert. Ce truc permet de gagner du fric sur le dos d'une entreprise dont le cours va baisser, tout en ne déboursant pas une seul centime. Par contre si ça marche c'est tout bénéfice. Les effets de bord, c'est à dire les victimes peuvent être de doute taille. Cela ne gène pas les capitalistes dans ce mode de pensée et dont les amis nous disent qu'il faut un peu d'éthique ou de moralité dans le système. Non, ce qui manque ce sont des coups de tatanes, de la prison ferme, des prélèvements inversement proportionnels au risque pris par le spéculateur.

On pourrait aussi forcer ces ordures à se mettre dans la peau de leurs victimes, disons par exemple avec un salaire de 800 euros pendant quelques mois et interdiction de toucher à la bourse. Ca arrive à des gens très diplomés (comme eux) dans certains pays (Espagne, Grèce). Oui, je parle de ré-éducation par le travail. On pourra aussi les envoyer en stage forcé chez Mistral pour construire des HLM HQE. Et oui, Vive le goulag 2.0!