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22 juin 2009 1 22 /06 /juin /2009 07:30


La future ex-Garde des Sceaux restera l'un de ses énigmes politiques sarkozyennes : une femme politique parfois touchante, souvent incompétente, toujours iconique. Le ministère de la Justice a adressé aux médias un fascicule de 102  pages vantant ses mérites. On sait depuis que l'entreprise de communication personnelle de la ministre est bien plus vaste que cela.


Se servir de l'Etat avant de servir l'Etat
Rachida Dati a usé et abusé des moyens de son ministère pour défendre sa carrière et soutenir son image. Quelques mois après son entrée en fonction, on s'inquiétait de l'envolée de ses dépenses de réception et de communication. La Garde des Sceaux se faisait prêter robes et bijoux, participait à tous les voyages présidentiels (même sans raison). En septembre dernier, elle créait une web-Tv toute entière dédiée à sa gloire personnelle: Rachida Dati par ci, Rachida Dati par là. En début d'année, alors que les prisons grondent, et que l'affaire Coupat fait scandale, la ministre évite les sujets, et préfère des interviews presque apolitiques au JDD et chez Europe1, puis une émission spéciale de "Vie Privée Vie Publique" chez France 3. Depuis plusieurs mois, elle a fait travailler, aux frais du contribuable, des agences de communication. Maurice Levy, le patron de Publicis, a ainsi reconnu avoir la ministre pour cliente. Sa filiale Verbe, avec le concours de Yannick Le Bourdonnec, ancien journaliste économique et ex-patron de Verbe, a planché sur la rédaction d'un livre-bilan qui devait sortir en mai. Manque de chance (ou incompétence ?), la publication fut abandonnée pour cause d'élection européenne. Dati étant candidate, la promotion du livre aurait été intégrée à ses comptes de campagne !
Plus récemment, Anne Méaux, la présidente de l'agence Image 7, s'est chargée du lobbying politique de la ministre, en organisant rencontres et entretiens avec des journalistes politiques. Avez vous entendu l'un de ses éditorialistes raconter les dessous de ces démarches ? Non bien sûr.

Un caractère autoritaire
Depuis son arrivée au ministère, on a découvert son caractère : un manque de sang-froid et de diplomatie qui ont fini par bloquer les réformes présidentielles en matière de justice. Dans son bilan, la ministre nie l'évidence: "le dialogue et la concertation n'ont jamais fait défaut". Pourtant
En mai dernier, la violence de ses mensonges à l'encontre de l'une de ses prédécesseuses, Elizabeth Guiguou, en a surpris plus d'un, y compris à droite. On savait que la ministre était colérique et fichtrement incompétente en matière de management humain. La moitié de ses proches conseillers fut viré ou démissionna dans les 6 mois suivant son installation à la Justice.

Des réformes inégales
En matières de réformes, on retiendra la rétention de sûreté à vie, indigne d'une République moderne et adulte; la refonte de la carte judiciaire, sans concertation ni études, ou les peines planchers dès l'été 2007, qui ont aggravé la surpopulation carcérale, sans  résoudre la flambée de la délinquance violente que Nicolas Sarkozy n'a su combattre depuis 2002. L'auto-bilan de la ministre omet soigneusement d'évoquer la situation des prisons (67 000 détenus pour 52 000 places). Le projet de loi pénale, minimaliste et non encore adopté, ne prévoit aucun moyen supplémentaire. Grande ambition présidentielle, la réforme de la justice des mineurs s'est enlisée. Rachida Dati s'est même fait retoquée par François Fillon sur l'abaissement à 12 ans de l'âge légal de responsabilité pénale. Finalement, la réforme s'est proposée de réaménager les peines encourues par les mineurs: davantage de progressivité dans les sanctions, modification "pédagogique" du vocabulaire pénal (on préfèrera ainsi l'expression «avertissement judiciaire» à celui d'«admonestation»), et abaissement à 13 ans de la responsabilité pénale

Même du point de vue présidentiel, Rachida Dati est une déception. Elle fut rapidement éjectée du cercle des proches; ses peines planchers sont appliquées dans 20% des cas; son impopularité au sein de la profession judiciaire, à gauche comme à droite, est quasi-totale.

Rachida Dati est une icône, elle incarne la Sarkofrance. Elle ne lâchera pas, mais nous ne la lâcherons pas non plus.

Elle est trop symbolique.

Merci pour nous.

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Published by La boulange - dans pipolerie
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