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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 18:40

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Le paquebot France est un bateau ivre dont le capitaine s'entête dans un mauvais cap. Les chiffres cités depuis plusieurs jours inquiètent plus qu'ils ne divisent : à la fin de cette année, le déficit public avoisinera ainsi les 7,5 % du PIB, soit près de 160 milliards d'euros, en 2009 et 2010. À lui seul, le déficit budgétaire représentera cette année les deux tiers de nos recettes fiscales nettes. Et la dette crève les plafonds européens. Elle devrait atteindre 82 % du PIB l'année prochaine, contre les 60 % autorisés par Bruxelles, nous plaçant à la merci de taux d'intérêt aujourd'hui certes favorables.

Cette situation extrêmement préoccupante n'est pas seulement liée à la crise. Elle est due à des décisions budgétaires et fiscales irresponsables : le paquet fiscal ainsi que les niches fiscales font perdre à l'État 10 milliards d'euros chaque année, tandis qu'il lui en coûtera 8 milliards pour financer la suppression de la taxe professionnelle. Or, ces mesures ne profitent pas aux ménages les moins aisés qui consommeraient pourtant davantage si leur pouvoir d'achat le leur permettait. De même que la suppression de la taxe professionnelle vient stopper l'investissement des collectivités locales qui assurent aujourd'hui 70 % de l'investissement public ! Rappelons au passage que le coût de ces deux mesures, près de 20 milliards d'euros, représente le montant du déficit de la Sécurité sociale.

Que penser dans ce contexte d'un grand emprunt national ? J'y vois d'abord l'aveu de l'échec du plan de relance du gouvernement. Pourquoi les « priorités » que le gouvernement souhaite financer ne l'ont-elles pas été lors de son plan de relance ? Comme la création d'emplois verts par exemple, c'est-à-dire tournés vers la protection de l'environnement et le développement durable, que le PS propose dans son plan de relance.

Mais je crois que cet emprunt aura d'abord vocation à financer le monstrueux déficit de la France, c'est là toute mon inquiétude. Et, par-dessus tout, quel Français a aujourd'hui les moyens de souscrire à cet emprunt ? Les Français ont rendu un avis très clair sur ce projet du gouvernement : 82 % n'ont pas l'intention d'y souscrire.

On aurait pu en effet attendre tout autre chose du gouvernement que de demander aux Français de prêter de l'argent à un État mal géré alors même qu'ils attendent des mesures en faveur du pouvoir d'achat. Un comble ! Par ailleurs, l'État emprunte régulièrement sur des marchés financiers, à des taux plus intéressants que ceux qu'il devra proposer aux Français pour les amener à prêter ce qu'ils n'ont pas. Cet emprunt nous coûtera donc très cher et pèsera inévitablement sur les générations futures. À moins d'imposer un emprunt à taux zéro aux ménages les plus aisés au nom de la solidarité nationale.

Et puis, comment ne pas évoquer le malaise des Français et des collectivités locales face à cet État qui, suite à de mauvaises dépenses, lance un appel au secours ? Il est à mon sens inacceptable de lever un emprunt alors que le pouvoir d'achat baisse et quand, par ailleurs, les dépenses de l'Élysée augmentent cette année encore de 20 % ! Tout comme il est inacceptable de laisser s'aggraver nos déficits alors qu'on supprime une ressource importante aux collectivités (ce qui coûte cher à l'État, rappelons-le) qui, elles, sont exemplaires en termes de gestion financière, puisqu'elles votent chaque année un budget en équilibre.

Le gouvernement a fait des mauvais choix sur lesquels nous lui demandons de revenir. La dérive des finances publiques n'est pas une fatalité mais le résultat de choix politiques. Nous demandons donc au gouvernement de revenir sur le paquet fiscal, de prendre en compte certaines propositions des socialistes, et nous appelons à la fin des provocations politiques insupportables pour des millions de nos concitoyens.

(1) Communauté urbaine de Bordeaux.

Ludovic Freygefond Maire PS du Taillan-MÉdoc et Vice-président aux finances de la CUB (1)

sud ouest du 6 juillet 2009

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Published by La boulange - dans Articles de journaux
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