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16 juillet 2009 4 16 /07 /juillet /2009 05:58

 

Le président a renoncé à la traditionnelle interview du 14 juillet. Pas les chaînes de télévision qui rivalisent d'audace en ces jours de fête nationale pour saluer l'action du président de la République. France 5 a déjà diffusé un documentaire ultra-complaisant sur sa politique étrangère, TF1 a réalisé une interview magique de Carla Bruni et un entretien avec le féroce Michel Drucker a suivi sur France 2.



Chacun son domaine réservé. Après l'excellent travail de cirage de pompes présidentielles effectué par le service public, France 5 en l'occurrence, qui lundi soir proposait une émission-portrait en forme de prise de dimension historique sur fond de politique étrangère, TF1 se devait de montrer, en ces temps difficiles de quoi elle était capable.

Pour ce faire, en ce 14 juillet la chaîne leader a sorti l'artillerie lourde, à savoir notre Jean-Claude Narcy national. A lui seul, JCN, que la chaîne ne sort que pour les grandes occasions a de quoi donner du fil à retordre aux Malard et Vaillot, les deux cerveaux aux commandes de la propagande de France 5.

C'est que le responsable des opérations spéciales de la Une a ses entrées à l'Elysée et entend bien le faire savoir. Ayant obtenu une visite privée des bureaux de l'Elysée et une interview exclusive -une de plus...- de la dixit «  first lady », il remercie d'emblée « son ami Pierre Charon ». C'est bien le moins  entre gens bien élevés. Conseiller de Nicolas Sarkozy et de Carla, Pierre Charon est le trait d’union de Sarko avec les milieux du showbiz et des médias et toutes les demandes d'interview de Carla passent par lui.

«Je vous appelle Jean-Claude ? »

Avec Claude Guéant...
Avec Claude Guéant...
Hormis quelques soucis techniques, la première partie du reportage de JCN embedded à l'Elysée se passe sans encombres. Claude Guéant prend les choses en main, emmène son hôte dans son bureau. Questions rituelles de JCN: « Vous avez beaucoup de téléphones, lequel est celui qui vous relie directement au président ? »
- « On dit que c'est vous êtes le véritable premier ministre bis? ».
- « Envisagez-vous de vous lancer en politique comme l'a fait Dominique de Villepin? ». La réponse est négative et la seule évocation de Villepin fait tiquer le secrétaire général de l'Elysée. Ok. Passons dans le « saint des saints », le bureau du président. C'est grand, c'est beau. On apprend qu'il n'y a plus de boites de chocolats, Nicolas Sarkozy n'en mangerait plus. Mais Narcy est pressé, l'homme a une mission à accomplir: servir la soupe à la première Dame qui l'attend dans son bureau.

Encore quelques soucis techniques, JCN et Carla ne savent pas qu'ils sont à l'antenne; « Je vous appelle Jean-Claude ? » questionne Carla, candide, avant de lâcher: « C'est beau la lumière, on a de la chance avec le temps ». Suit un magnifique sifflement. Point de fioritures ici, encore moins de relations internationales. TF1 est sur son terrain de prédilection: la peopolitique.

Une salve de publireportages à la gloire du président

Vers les jardins...
Vers les jardins...
Arrive donc  « la cerise sur le gâteau » comme le qualifiera quelques minutes tard Jean-Pierre Pernaut, l'entretien avec Carla. Un grand moment de télévision. On apprend entre autres que Carla Bruni, qui minaude à peine, a appris La Marseillaise toute seule, comme une grande, qu'elle peut avoir le président directement au téléphone - « Non ! avec ce grand téléphone là ?!  » lâche Narcy, ébahi-. Un téléphone tellement simple d'utilisation « qu'il suffit de décrocher » répond Carla. Dingue ! Côté travail, Carla ne chante pas, et ne joue pas de guitare à l'Elysée. Trop de travail justement. Dans le détail, on ne saura pas.

La première Dame emmène le responsable des opérations spéciales de TF1 dans ses jardins privés. Evoquant la personnalité du président, une véritable complicité s'installe entre Jean-Claude et Carla. Le premier finit sans hésiter les phrases de son interlocutrice, comme un dialogue écrit à l'avance:
- « Il parcourt le monde en permanence, on dit de lui que c'est un homme un peu pressé. Est-ce que vous le calmez? »
- « On se calme mutuellement. Le bonheur est quelque chose qui apaise. Ce n'est pas un homme pressé, il est habité par une obsession qui est de servir notre pays et d'aller au bout de ses promesses ». JCN qui boit les paroles de la première en aurait bien repris un peu mais déjà il faut se quitter.

Carla tient quand même à revenir sur « le magnifique, vraiment magnifique défilé militaire que nous avons eus». Tel Sun Tzu, la voici philosophant sur l'art de la guerre: « C'est magnifique que tous ces hommes, toutes ces armes, tous ces avions, soient au service de la paix car désormais l'armée nous protège de la guerre ».
Narcy acquiesce: « c'est sur cette réflexion sur l'armée et sur votre sourire que nous allons nous quitter ».

Une salve de publireportages à la gloire du président

Un entretien que Jean-Pierre Pernaut qualifiera avec la retenue qu'on lui connaît d'« assez magique ».
Le président n'en demandait pas tant. Pour sûr qu'en matière de communication, l'exercice sarkozyste relève de la prestidigitation. Un entretien sur les armées françaises - mais aussi le vélo- mené par le féroce et grand spécialiste des questions de défense Michel Drucker avait encore lieu mardi soir sur France 2 dans le cadre d'une émission quasiment co-réalisée avec l'armée de terre. Outre une interview du Président, les télespectateurs ont pu découvrir la visite de Liane Folly au Cenzub (Centre d'entrainement des unités urbaines), l'arrivée de Guy Marchand en parachute, le reportage de Bixente Lizarazu au sein des forces spéciales, celui de Gérard Darmon en Afghanistan, Michel Drucker au centre de planification et de conduite des opérations. Enfin, le raid d'Arielle Dombasle au Tchad. On ne rit pas...

Le président a renoncé au traditionnel entretien du 14 juillet. En quelques jours, c'est une véritable salve de documentaires hagiographiques, interviews complaisantes,  publi-reportages sarkozystes mis en scène par une Audiovisuelle au garde à vous qui s'est abattue sur nos écrans télés. De quoi redonner du baume au coeur du chef de l'Etat avant de prendre ses quartiers d'été.
source: marianne2

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Published by La boulange - dans Propaganda
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