Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Compteurs

Pages lues: ype="text/javascript" src="http://www.ovnet.net/cpt/?code=5/56/7102/7/3&ID=414678637"></script>

Visiteurs:

Recherche

Texte Libre

Archives

23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 05:18

 

 

Par Pascal Riché | Rue89

Cette crise ne ressemble à aucune autre, plus rien ne sera comme avant, le capitalisme est mort, etc. Quand on relira dans quelques années toutes ces déclarations millésimées 2008-2009, on sourira sans doute.

Contrairement à ce qu'on essaye de nous faire croire à droite comme à gauche, le capitalisme n'est pas une vieille carne essouflée : c'est un animal musclé, elastique, roué et dangereux. Il est plein de vie, parce qu'il est mû par des forces basiques, les fameux « esprits animaux » chers à Keynes : l'instinct de survie, le besoin d'action, le goût du pari, la cupidité, le pouvoir, l'aventure, le plaisir de la domination, la compétition… ce genre de trucs.

Si les politiques ne font rien pour brider le capitalisme, le domestiquer, il bouffe les sociétés toutes crues.

C'est ce qui est en train de se passer, comme en témoigne le desarroi des dirigeants du G20. Ils décident par exemple de s'attaquer aux paradis fiscaux, très bonne idée, et de contrôler les rémunérations des traders, mesure éminemment saine. Mais qu'observe-t-on ?

On découvre d'abord l'absence de la liste des paradis fiscaux de places intouchables : Londres, Jersey (Grande-Bretagne), Hongkong, Macao (Chine), le Delaware (USA)…

Et depuis hier, on constate un concert de couinements autour de l'affaire des « bonus garantis » accordés par les banques : Goldman Sachs a provisionné 20 milliards de dollars pour ses bonus à venir, »l'équivalent de la somme allouée par le G8 pour la faim dans le monde » précise Le Monde…

Obama fustige l'absence de « remords » des princes de Wall Street, tandis qu'en France, la ministre des Finances Christine Lagarde dénonce le retour aux anciennes pratiques qu'elle qualifie de « honte absolue »…

Autant de déclarations qui relèvent de la tartufferie. Comment peut-on croire un instant que les banquiers, pris de « remords », vont s'autodiscipliner, et cesser spontanément de couvrir d'or des traders ou des dirigeants qui, parient-ils, vont les enrichir encore plus ?

Comment s'étonner, comme le fait Lagarde, que certaines banques étrangères ne « jouent pas le jeu » ? Et de quelles règles du jeu parle-t-on, d'ailleurs ?

Si cette crise aurait dû donner une leçon aux politiques, c'est que l'autorégulation, cela ne marche pas. Ce qui marche, en matière économique, ce sont les les décisions politiques : la fixation de règles. La réforme des normes comptables ; la nationalisation partielle des banques ; l'interdiction de certaines pratiques speculatives ; l'interdiction de traiter avec des paradis fiscaux, etc.

Ce type de décision doit idalement être pris « là où le pouvoir économique a déjà pris ses aises », comme dit le chantre d'une nouvelle constitution économique, Paul Jorion : au niveau global. Hélas, aucune institution globale n'a actuellement suffisamment de dents pour être efficace, et les dents n'ont pas l'air d'être au programme du G20, simple club informel.

En attendant, les Etats, eux, ont un peu plus de dents. Et sur le plan national, il existe des moyens d'action. L'impôt par exemple, est un outil qui marche bien. En France, on peut déjà suggérer à Christine Lagarde la suppression du bouclier fiscal, qui permettrait d'atténuer certaines des situations d'enrichissement et de prises de risque qui semblent la choquer tant.

Partager cet article

Repost 0
Published by La boulange - dans Economie
commenter cet article

commentaires