Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Compteurs

Pages lues: ype="text/javascript" src="http://www.ovnet.net/cpt/?code=5/56/7102/7/3&ID=414678637"></script>

Visiteurs:

Recherche

Texte Libre

Archives

25 juillet 2009 6 25 /07 /juillet /2009 17:35
RAIL. Dans un courrier à François Fillon, la présidente de Poitou-Charentes renvoie la patate chaude du financement dans le camp gouvernemental

Ségolène Royal a voulu préserver les dessertes TGV. (photo ph. taris)
Ségolène Royal a voulu préserver les dessertes TGV. (photo ph. taris)

Si l'on en croit Charles Trenet, « les enfants s'ennuient le dimanche ». Preuve qu'elle n'est plus une enfant depuis longtemps et qu'elle n'a rien contre le travail dominical quand l'actualité l'impose, Ségolène Royal a pris sa plus belle plume, dimanche dernier, pour écrire à François Fillon. Et lui proposer une solution pour sortir de la véritable crise qui oppose depuis des mois Poitou-Charentes à l'État dans le dossier du financement de la section Tours-Bordeaux de la fameuse LGV Sud Europe Atlantique.

« Problème politique »

Rapide retour en arrière afin de se remettre en mémoire les pièces du puzzle. La réalisation des 302 kilomètres de ce tronçon Tours-Bordeaux va coûter 7,2 milliards d'euros. Il sera concédé à un opérateur privé qui va payer la moitié de cette facture, le solde étant réglé à 50-50 par l'État et les collectivités territoriales.

Quantité de ces dernières se sont fait tirer l'oreille pour mettre la main au portefeuille, avec souvent un argument en béton : l'État sarkozyste vient faire les poches des collectivités pour faire face à des dépenses lui incombant alors que, dans le même temps, avec son bouclier fiscal, il accorde d'énormes cadeaux (souvent chiffrés à 15 milliards) aux plus riches.

Dans bien des cas, après des discussions dignes de marchands de tapis de base, des accords ont fini par être trouvés. Sauf avec une irréductible Gauloise campée sur ses positions : la dernière à avoir fait front, clamé son opposition, n'est autre que Ségolène Royal, la présidente de Poitou-Charentes. Ce qui a fait dire à un observateur de ce dossier : « Le problème est politique. » Une analyse d'une telle finesse qu'elle peut mériter le prix « Bonjour, j'arrive... ».

« Chantage » Et voilà que, dimanche dernier, sans doute inspirée par la douce tranquillité de la campagne deux-sévrienne, Ségolène Royal a adressé une longue lettre au Premier ministre.

Il y a sans doute longtemps que François Fillon n'avait été aussi sévèrement critiqué en si peu de lignes. En près de trois feuillets très serrés, tous les aspects de sa politique sont vigoureusement dénoncés, en particulier ceux concernant ses propositions au Parlement tendant à réduire les recettes des collectivités territoriales.

Plus de 10 millions d'euros par an pour Poitou-Charentes à l'horizon 2010, « ce qui aurait pu constituer une ressource pour que le budget régional abonde les projets lancés par l'état », raille Mme Royal. Qui explique pourquoi elle va finir par payer pour cette ligne. En clair, parce qu'elle cède au « chantage » exercé par l'état de « supprimer la desserte de Poitiers, Châtellerault et Angoulême ». « Je suis attentive à l'intérêt général dans la Région Poitou-Charentes comme dans l'ensemble de la France », glisse-t-elle en forme de message très clair.

Et de finir par entrer dans le détail de la mise en oeuvre du « prélèvement que vous exigez au titre de la LGV ». En fait, c'est par le biais de l'établissement public foncier régional qu'elle propose de procéder à cette contribution forcée.

Étrange convergence

Cette structure comprend la Région, les quatre Départements (dont celui présidé par Dominique Bussereau, secrétaire d'État aux Transports...), les sept agglomérations. Il pourrait, selon Mme Royal, acquérir les terrains d'assises nécessaires aux travaux, participer à la réalisation de certains travaux complémentaires, prendre en charge les frais d'études correspondants. « Les biens acquis par l'établissement, intégrés dans son patrimoine, seraient mis à disposition de RFF pour la durée de la concession », précise-t-elle avant de souhaiter que la signature du protocole de financement intervienne avant la fin de ce mois.

Fin juillet, c omme c'est étrange. En début de mois, Nicolas Sarkozy avait décidé de lancer le second tour d'appel d'offres auprès des candidats à la concession en assurant, devin, que « le plan de financement serait bouclé fin juillet ».

Ségolène Royal vient de se mettre en quatre pour lui donner raison.

Auteur : Patrick Guilloton

Partager cet article

Repost 0

commentaires