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16 août 2009 7 16 /08 /août /2009 05:34

 

 

Les violences commises à Bagnolet et à Royan ont soulevé des critiques sur le comportement des policiers. L'intervention du ministre de l'Intérieur n'a pas emporté l'adhésion des foules. On suspecte les magistrats d'être juge et partie. Pour Philippe Bilger, cette méfiance collective a une conséquence majeure: la parole de l'Etat s'englue, et n'agit plus.



Bagnolet. (photo extraite d'une vidéo Dailymotion) Bagnolet.
Je désirais dénoncer le ridicule de ces « cellules psychologiques » qui prolifèrent pour assister des gens qui ne l'ont pas demandé et s'attachent à panser les plaies imaginaires de l'accessoire, quand l'essentiel est à peine pris en charge. Cette compassion systématique semble le plus souvent destinée à pallier une impuissance principale.

Il m'a semblé toutefois que l'actualité récente méritait mieux que ces aigres considérations et imposait une réflexion sur des violences commises aussi bien à Royan qu'à Bagnolet et qui, quoique de gravité différente, suscitent pour ne pas changer une critique des comportements policiers.
Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, en déplacement à Royan, après avoir pris la pleine mesure de ce qui s'y était déroulé - une quinzaine de jeunes gens en provenance de la région parisienne qui avaient commis vols, exactions et rackets - a déclaré « qu'aucune forme de violence ne sera tolérée » et que « sa politique sera de fermeté et de dialogue ». Comment ne pas approuver de telles affirmations de principe qui, pour avoir été martelées cent fois, n'ont peut-être pas perdu forcément leur pouvoir de persuasion auprès des citoyens ? Comment ne pas applaudir cette parole de l'Etat émanant, de surcroît, d'un proche du président de la République, lui-même ancien ministre de l'Intérieur ? Pourtant, force est d'admettre qu'en dépit d'un constat que l'ensemble de la communauté nationale partage - en substance, les zones de non-droit ne doivent plus exister et la police a pour mission d'intervenir partout où sa présence est requise et nécessaire -, le doute et le scepticisme demeurent plus que jamais présents, comme si la société craignait que la parole de l'Etat ne soit en définitive qu'un Etat de la parole, un engagement creux, une promesse vide. Il est vrai que tant de désillusions sont venues altérer la force des décrets d'autorité que ceux-ci apparaissent moins comme des prémisses de l'action que comme un substitut de celle-ci.

Le coup de menton, la résolution politiques créent aujourd'hui une crainte par rapport à l'avenir qui risque de les voir pratiquement contredits. Pourtant, on voudrait avoir confiance dans la parole d'un ministre, qui représente l'Etat et dont la personnalité n'a jamais été étrangère aux valeurs dont il proclame le respect. En même temps, devant la multitude des conflits et des déchirements qui dégradent certaines banlieues, le citoyen le plus obtus ne peut qu'avoir conscience de l'immense difficulté de la tâche. En matière de sécurité et de justice, on perd très vite du terrain par faiblesse ou par indifférence et on le regagne très lentement, presque douloureusement, grâce à une politique qui doit avoir le courage de son impopularité auprès d'un progressisme éloigné des réalités populaires.

La principale entrave à une action cohérente et efficace de l'Etat, pourtant désirée par la majorité des honnêtes gens qui résident dans ces cités, provient de l'opposition entêtée et scandaleuse d'une minorité dont la seule obsession est de dénier toute valeur au pacte républicain (qui a pour base de croire aux institutions de son pays tant qu'elles n'ont pas démérité). Le ministre de l'Intérieur, dans ses propos (Le Figaro, Le Parisien), a aussi évoqué la tragédie de Bagnolet où le jeune Yakou est mort en moto alors qu'il était suivi par une voiture de police. Brice Hortefeux a ordonné une enquête pour déterminer les conditions dans lesquelles ce décès est intervenu et si la police y a une part de responsabilité. Les conclusions du rapport seront rendues publiques.

Avant même cette annonce, pour certains qui attisent avec rage le feu social, la police était évidemment coupable, la voiture avait évidemment heurté la moto, alors que selon le procureur de la République ce n'était pas le cas. Ce magistrat était évidemment de mauvaise foi, il ne fallait pas attacher le moindre crédit à ses paroles...
Devant de telles attitudes collectives, on perçoit l'extrême difficulté pour un Etat d'avoir une parole de fermeté qui soit suivie d'effet, et pour la police, de mettre en oeuvre une relation de proximité et de courtoisie avec des fauteurs de troubles dont la seule ambition est précisément de faire échouer tout ce qui pourrait ressembler à une restauration de l'ordre et de la tranquillité publics.
J'ose dire qu'un infime progrès serait déjà d'établir lucidement la hiérarchie des responsabilités. La police n'est coupable de rien et, si elle intervient et qu'on a peur d'elle, ce n'est pas parce qu'elle serait naturellement malfaisante mais qu'on la fuit faute, pour certains, d'avoir la conscience et le comportement bien nets.
Pour que la parole de l'Etat soit prise au sérieux, qu'elle ne renvoie pas seulement à un Etat de la parole, vaste entreprise, comme aurait dit Charles de Gaulle sur un autre sujet non moins perturbant !

Retrouvez les articles de Philippe Bilger sur son blog
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15 août 2009 6 15 /08 /août /2009 10:03

 

 

par Gil Genappe 

D’agissements malhonnêtes en escroqueries organisées, les banques se croient tout permis en toute impunité. Pourquoi se gêner ? De toute façon, c’est l’Etat actionnaire qui paie.

Depuis deux semaines, il ne se passe pas une journée sans que émerge un nouveau scandale financier. Des bonus réservés à ses traders par BNP Paribas aux investissements de ce même banquier dans le système Madoff, en passant par les prêts sans contrepartie accordés à eux-mêmes par les administrateurs de Kaupthing… Sans oublier l’interminable saga Fortis. Jusqu’où peut-on aller trop loin ? Ce devait être la fin d’une époque, la fin d’un système sans queue ni tête, bref, la fin de la bulle spéculative qui avait mené les banques à la ruine, contraignant l’Etat à sortir des milliards de son chapeau pour sauver l’épargne des honnêtes gens. Mais voilà : comme lors des élections, les promesses n’engagent que ceux qui les croient. Et ceux qui ont cru les promesses de moralisation des banques en sont aujourd’hui pour leurs frais.

L’assourdissant silence de l’Etat belge

Le « Fortisgate » n’est pas fini, loin s’en faut. L’inculpation de la juge Schurmans et la mise en cause d’Ivan Verougstraete, deuxième président de la cour de Cassation, en témoignent. Aux Pays-Bas, des investisseurs floués ont déposé plainte au pénal contre les anciens patrons de la banque, Maurice Lippens, Jean-Michel Votron et Michel Mittler. Dans cette ambiance survoltée, on apprenait jeudi dernier que BNP Paribas, désormais propriétaire de Fortis Banque, promettait une enveloppe de 1 milliard d’euros à ses (très) chers traders – ceux-là même par qui la crise financière est arrivée. Or, cette banque a reçu une aide de 5 milliards de l’Etat français, sans même évoquer les 12 milliards mis par l’Etat belge dans la recapitalisation de Fortis, entré dans le giron du banquier français. Alors que des petits épargnants ont tout perdu dans la crise, principalement à cause de l’activité spéculative dont les traders sont les opérateurs, alors que des dizaines de salariés perdent leur emploi, alors que les caisses des Etats sont vides et que la solidarité sociale est remise en cause, est-il concevable d’assister sans hurler à une telle annonce ? Si BNP fait des bénéfices, ne devrait-elle pas commencer par rembourser l’Etat ? Et à verser des dividendes à ses actionnaires de référence, dont l’Etat belge - qui a avancé pour Fortis le double de ce qu’il en a reçu ? Au Cabinet du ministre des Finances, on « ne souhaite faire aucun commentaire ». Et de renvoyer aux services du Premier ministre, qui sont aux abonnés absents. Dommage, c’aurait pu être intéressant. Cela témoigne pour le moins d’un certain embarras. Un Etat ne s’improvise pas acteur capitaliste du jour au lendemain…

« Fortis, quel beau cadeau ! »

Du côté de Me Mischael Modrikamen (photo), le défenseur emblématique des petits porteurs Fortis, on préfère rappeler que cette dernière a rapporté 261 millions de bénéfices à BNP au cours du dernier trimestre, « Très proche des rentabilités prévues dans l’optique du stand alone », précise l’avocat. Et d’y voir une confirmation du « Beau cadeau offert par le gouvernement et le Conseil d’administration de la banque à BNP Paribas, qui a fait une très bonne affaire – contrairement aux actionnaires ! ». En ce qui concerne les bonus, Me Modrikamen se veut plus nuancé : « Evitons les discours populistes… Le problème est plus vaste. Les bonus récompensent les bénéfices, mais aussi la prise de risque. Ce qui est choquant, c’est que l’activité à risque se greffe sur l’activité bancaire, alors qu’il faudrait que ces deux métiers soient séparés. C’est ce qu’on a fait en 1935, pour éviter que le marché spéculatif ne mette en péril les banques » - dont le métier est le crédit et l’épargne. Me Modrikamen ne veut apparemment pas prendre le risque d’un discours anti-capitaliste, admettant toutefois qu’il est « bizarre de distribuer des bonus aux traders alors que les garanties d’Etat n’ont pas été remboursées » et, répondant à notre question, qu’aux yeux des contribuables, les banques sous perfusion ne devraient pas agir de la sorte. 

La BNP, complice d’escrocs internationaux

Dans son édition du 29 juillet, le journal en ligne français Mediapart.fr révèle que BNP Paribas a investi, sans les prévenir, l’argent de ses riches déposants dans un fonds géré par… Madoff ! Oui, celui-là même qui vient d’écoper de 150 ans de prison après avoir monté l’escroquerie du siècle portant sur 50 milliards de dollars… Une info que la presse belge n’a pas relayée, on se demande bien pourquoi. Car, faut-il le rappeler, l’Etat belge est actionnaire de référence de cette banque qui gonfle ses bénéfices en trompant ses clients ! Les faits interpellent : en 2007 et 2008, des Français fortunés ont demandé à BNP Paribas de leur trouver un bon placement pour des montants relativement élevés, de l’ordre de 500.000 à 700.000 euros. L’enquête de notre confrère démontre de façon limpide que la souscription faite par BNP (via sa filiale BNP Paribas Services Luxembourg) auprès de la Sicav de droit luxembourgeois Luxalpha était assortie d’une clause de non responsabilité. Autrement dit, les déposants n’avaient aucun recours en cas de problème. Ce dont BNP s’est bien gardé de les informer en leur faisant signer, avec un cynisme confondant, ce placement suicidaire. Et ce qui devait arriver arriva. Certes, BNP Paribas n’était pas censé savoir que Luxalpha allait réinvestir cet argent dans un mystérieux fonds implanté à Tortola, dans le paradis fiscal des Iles vierges britanniques, et que ce fonds était l’une des tentacules de la pieuvre Madoff… Mais la seule clause de non responsabilité aurait dû inciter le banquier à avertir ses clients d’un risque qu’ils ignoraient. Il ne l’a pas fait et les investisseurs, ruinés, attaquent à présent Luxalpha via le cabinet international d’avocats Orrick Rambaud Martel, bien connu dans la haute finance. On est curieux de voir si cette affaire remontera jusqu’à BNP Paribas...

Criminels en col blanc

Comme si cela ne suffisait pas, on apprenait en début de semaine dernière que, peu avant la faillite de la banque islandaise Kaupthing, les administrateurs se sont prêté à eux-mêmes et à leurs petits camarades de jeux (financiers) des sommes rondelettes, sans aucune contrepartie ni caution. Les clients belges de la filiale luxembourgeoise, qui ont cru tout perdre dans cette banqueroute, apprécieront. On ne parle pas de clopinettes, mais de montants équivalents au budget annuel de l’Etat islandais, soit 5 milliards d’euros. Ce qui s’appelle, dans le jargon fleuri de la justice, un abus de biens sociaux caractérisé. Parmi les bénéficiaires, l’homme d’affaires britannique Robert Tchenguiz, administrateur de l’actionnaire principal de Kaupthing, Exista, endetté à ce moment-là de 450 millions d’euros auprès de la banque. Un peu plus ou un peu moins… Tchenguiz lui-même allait perdre 1,4 milliard dans la faillite de Kaupthing, nationalisée en catastrophe – et en vain – début octobre 2008.

BNP, Fortis, Kauthing : à qui le tour ?

Où reste la régulation promise ?

En une semaine, les simples citoyens ont vu défiler comme un mauvais polar tous les vices dont le système bancaire est capable. Ils ont aussi constaté que rien n’a changé dans leur comportement, que c’est « business as usual » et que les mâles déclarations sur la « moralisation du capitalisme » n’étaient que de la poudre aux yeux. Les réactions, écœurées, ont fusé de toutes parts. Mais seront-elles suivies de mesures contraignantes, de lois, de règlementations, bref de ce qu’on nous promet depuis un an : un marché régulé ? On aimerait tant le croire…

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14 août 2009 5 14 /08 /août /2009 07:23

 

 

par Georges Yang Labourage et pâturage ne sont plus depuis longtemps les deux mamelles de la France. Elles sont aujourd’hui devenues Psychologie et Judiciaire. A chaque semaine sa nouvelle loi ou son nouveau règlement en réponse à chaque dernier fait divers. A chaque nouvel incident, sa horde de psychologues s’abattant tel un vol de criquets pèlerins sur les « victimes » aux frais de l’Etat et des collectivités locales. Autour de nous, ce n’est que procès, plainte, récrimination et victimisation. Tout devient judiciaire, on ne sait plus se parler et répondre par le bon sens ou le courage aux petits inconvénients de la vie. La plainte est l’avenir de l’homme aurait dit Aragon en rimant sur notre triste époque. Et ce qui n’est pas judiciarisé est psychiatrisé dans le mauvais sens du terme.

Il n’est pas un jour où l’on lise dans la presse ou sur Internet, où l’on voit à la télévision ou que l’on entende à la radio que la désormais célèbre « cellule psychologique d’urgence » a sévi. Passager du car qui s’est renversé, familles et voisins du petit loubard heurté par un voiture de police, enfants, parents et personnel de la crèche où l’enseignante s’est pendue, de la piscine où le gérant a pris un coup de couteau, tous y on droit sans discrimination.
 
Jadis, ceux qui supportaient mal les vicissitudes de l’existence, les mauvais coups et les traumatismes soit faisaient avec tant bien que mal, soit s’engageaient dans la voie volontaire et payante de la psychanalyse ou de la psychothérapie.
 
Maintenant, il n’est même plus nécessaire de demander, le psychologue et sa cellule de crise arrive quasiment avant les flics et les pompiers sur les lieux du drame. Etre pris en charge psychologiquement devrait être une démarche individuelle et réfléchie. Or que voyons nous le plus souvent, des individus à qui certes il est arrivé quelque chose de fâcheux, mais le plus souvent de simples témoins qui s’en remettraient d’eux même la plupart du temps. Ils vont subir les poncifs et les lieux communs de soit disant professionnels du malheur pour les aider à supporter le choc. Et puis, comme les pouvoirs publics du plus haut de l’Etat au maire de la plus petite commune ne veulent pas passer pour des irresponsables et se montrer compatissants et ne pas être impliqués, on envoie l’équipe de psychologues qui le plus souvent ne fera qu’un séance collective tout près de la carcasse du bus, de la chapelle ardente ou de la cage d’escalier du HLM qui a pris feu. Résultat nul au niveau du soutien, car seul une écoute prolongée et structurée peut être efficace pour des personnes psychologiquement fragiles. Et puis, quand un autocar rempli de Slovènes se rendant Portugal s’écrase dans un fossé à trois heures du matin du côté de Sauveterre en Guyenne, on peut se demander où le maire va trouver à cette heure une équipe de soutien psychologique maîtrisant la langue des occupants du véhicule accidenté.
 
De plus, ce soutien est gratuit, même s’il coûte à l’Etat. Les « victimes » ne faisant pas de démarche volontaire et ne déboursant pas le moindre euro, l’impact psychologique est différent de celui créé par la relation avec un thérapeute que l’on a choisi et que l’on rémunère, quelque soit sa formation. Il y a fort à craindre que l’assistance tous azimuts, dispensée larga manu, peut avoir plus d’effets secondaires que prévu. D’abord la fixation de la scène traumatisante à force d’en avoir parlé. L’oubli est aussi utile à la reconstruction se soi après un traumatisme. Ensuite peut se greffer l’idée que « si l’on s’intéresse à moi, c’est qu’il y a eu faute ». Cela débouche rapidement sur la revendication et dans certains cas sur une pathologie revendicative appelée sinistrose, avec des effets encore pire que quelques possibles mauvais rêves post traumatiques.
 
A croire que les pouvoirs publics veulent venir en aide à la profession des psychologues qui pourtant est loin d’être sinistrée. Déjà les entreprises y ont recours tant au niveau du recrutement que de la gestion des ressources humaines. Mais là au moins, c’est le patronat qui paie, pas le contribuable. Et puis, le service rendu aux victimes, aux témoins de drames n’en est peut être pas véritablement un. Il y a aussi des risques de fixation du traumatisme subit indirectement quand on vient vous expliquez que vous venez d’en subir un et que vous risquez d’en souffrir toute votre vie si vous ne vous exprimez pas en vidant votre sac devant un professionnel.
 
Le recours au tout psychologique a pour corollaire l’inflation du tout judiciaire. En effet, lorsque l’on vous a fait comprendre que vous êtes quelqu’un digne d’intérêt parce que votre voisin a été tué à coups de hache, ou que votre car ne se serait pas retrouvé dans le fossé si la compagnie de transport avait suivi toutes les procédures de sécurité, que le maire du patelin aurait du faire établir des ronds-points à grand frais dans sa commune et qu’à cause de ces irresponsables vous allez souffrir psychologiquement pendant des années parce que votre voisin de siège s’est cassé la clavicule dans l’accident, alors il vous vient rapidement le désir revendicatif et l’espoir de toucher quelque chose au titre du préjudice moral.
Souvent, après avoir été requinqué par le psychologue, le témoin, le rescapé, bref celui ou celle qui n’a pas souffert grand-chose est mûr pour devenir plaignant. Un plaignant qui va au tribunal stimulé par une démarche bipolaire. D’abord, le désir vindicatif et punitif le motive, mais le versant mercantile de la plainte n’est pas à négliger, même s’il se drape dans les oripeaux de la juste revendication.
 
La société française entière a été gangrenée par un recours au légal, au pénal pour un oui ou pour un non. La victime expiatoire a été remplacée par le coupable expiatoire qui permet à la fois de toucher des indemnités sonnantes et trébuchantes, mais aussi de considérer la justice comme l’émonctoire de la peur. Il y a aussi de nos jours, du Millénarisme dans le recours au juridique ainsi que du sacré. Le citoyen a une peur irraisonnée de Fin du Monde, d’Apocalypse et de Jugement dernier. L’environnement, de potentiellement dangereux, devient ressenti comme obligatoirement hostile. Manger un fruit, un bonbon, une salade ou un kebab, c’est s’exposer aux pesticides, aux cancérigènes et aux germes et de ce fait rechercher un bouc émissaire à dénoncer avant même le premier incident. Aller dans un parking toute seule, c’est prendre le risque d’un viol. Envoyer ses enfants en car scolaire, c’est la très forte probabilité de l’accident « qui aurait pu être évité » ou alors de tomber sur un chauffeur pédophile. Les exemples se ressemblent tous dans leur essence. La peur règne en maître, elle est érigée en dogme et débitée ad libitum durant les journaux télévisés. Le citoyen pense qu’il peut, qu’il doit se protéger de l’adversité en portant plainte, espérant ainsi une juste compensation. Cette forme d’exorcisme place l’action judiciaire au niveau du sacré, si ce n’est du magique et du sacrifice propriatoire. Le recours au psychologue le renforce dans cette dérive.
 
Les inconvénients de la vie ordinaire n’ont cependant pas tous le tragique d’un drame atridien. Les prud’hommes, le civil et le pénal sont utiles, mais pas à tout bout de champ. Il existe des licenciements abusifs évidents, certains inconscients peuvent laisser déambuler une meute de bergers allemands sans surveillance devant une école maternelle. Le viol, l’attaque à main armée et le meurtre, fût il petit et entre amis doivent avoir une réponse pénale avec sanction et réparation matérielle, c’est évident.
 
Mais en plus de la démarche individuelle, il se développe une stratégie collective de la plainte. Les associations de consommateurs et de victimes se comportent de plus en plus en associations de malfaisants, si ce n’est de malfaiteurs. Ces groupes se portent partie civile, le plus souvent non pour faire éclater la vérité et faire châtier le coupable, mais pour faire condamner un responsable avant tout solvable. Il est remarquable de constater que les « lampistes » ne paient quasiment jamais, même quand ils sont véritablement impliqués dans une affaire pouvant déboucher sur des dommages et intérêts. Les associations savent que les subalternes ne sont pas solvables et sont souvent défendus bec et ongles par les syndicats. Il est nettement plus rentable de se retourner contre l’Etat, une compagnie aérienne, une grosse entreprise, un médecin, un maire ou un architecte si on espère une forte indemnisation. Ce comportement participe à l’inflation judiciaire et à la pénalisation, mais aussi à l’inflation tout court, car les coupables potentiels sont obligés de se couvrir en s’assurant et en créant des provisions pour frais de justice.
 
Par contre, le « Respect pour Farid ! » scandé aux alentours d’une cité après le décès d’un délinquant est beaucoup plus significatif d’un désir revendicatif incantatoire, d’une recherche de reconnaissance, voire d’une forme de victimisation. A l’inverse, il ne s’agit pas de l’influence de la télévision sur le citoyen, mais de l’imprégnation des médias et de la classe politique par un cri venu du peuple. Le mot respect étant ensuite récupéré avec démagogie à des fins électorales par les politiciens de tous bords.
 
De nos jours, le milieu judiciaire lui permet d’exprimer sa citoyenneté. Le Français rejoint le thème aphorique, « Je plaide donc je suis ! ». Plaider reviendrait à une démarche identitaire individuelle.
 
L’accent mis sur le lien ressenti par le plaideur entre la sanction et le dédommagement. Le « quelqu’un doit payer » est devenu le leitmotiv du plaignant. On a gloussé sur le fameux « responsable mais pas coupable ». Personnellement, je ne vois pas le mal dans cette réplique, peut-être du bon sens. En terme trivial, on pourrait dire : « Si je ne peux obtenir les cinq mois ferme minimum requis contre le coupable, je veux au moins un gros paquet de fric ! Les deux ensembles, ça ne serait pas plus mal ! » Cette dérive explique en parti pourquoi de nombreux maires de petites communes hésitent à se représenter, craignant de se retrouver au pilori et leur compte en banque vidé à la suite de la chute d’un arbre sur une poussette par jour de grand vent.
 
L’ « américanisation » des comportements de la société française est de plus en plus visible dans le domaine médical. Les plaintes sont de plus en plus fréquentes et le médecin n’est plus le notable respecté de jadis mais une volaille à plumer. Les vrais canailles médicales, cependant passent encore entre les gouttes car bien organisées. Mais les malchanceux, responsables de fautes professionnelles, condamnables mais compréhensibles sont de plus en plus attaqués. On n’a cependant pas atteint en France le niveau américain avec ses avocats véreux attendant les patients à la sortie de la clinique avec un formulaire pré rempli. La première conséquence de cette dérive procédurière se retrouve dans les tarifs des assurances des professionnels de santé et de ce fait dans le déficit de la sécurité sociale.
 
La solution passerait donc par une éducation juridique du citoyen. Beaucoup de français n’ont qu’une idée très vague de la différence entre une infraction, un délit et un crime. Peu savent ce qui relève du civil, du pénal ou des assises. Cet enseignement devrait être acquis à l’école, mais on lui préfère les activités d’éveil. On est mal parti quand on regarde la télévision ou bien quand on lit la presse populaire qui a érigé le fait divers en fait historique. La pire catégorie de ces nouveaux Fouquier-Tinville veut pénaliser tout ce qui est potentiellement agressif même au niveau subjectif. Tirer un colvert hors saison, stationner sur une place de handicapé, ne pas indiquer un colorant sur un emballage, ne sont que des infractions bénignes ne méritant qu’une simple amende quelquefois amnistiable. Mais, ces adulateurs dévoyés du droit voudraient les voir pénalisées et sanctionnées, regrettant le temps des galères et du bagne pour le vol d’un pain.
 
La France s’américanise au niveau de ses comp
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14 août 2009 5 14 /08 /août /2009 07:11

 

Depuis début juillet, les premiers paiements au titre du revenu de solidarité ac- tive (RSA) sont effectués, se substituant à l’ancien revenu minimum d’insertion (RMI) et à l’ancienne allocation parent isolé (API). S’agit-il d’un simple changement de nom ? Pas vraiment, car le RSA (dit alors " chapeau ") est versé également aux ménages de travailleurs pauvres dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté [1]. L’objectif est de lutter plus efficacement contre cette pauvreté. Il n’est pas sûr cependant qu’on y parvienne par ce biais.

En 2007, 8 millions de personnes en France disposaient d’un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté tel que défini par l’Union européenne, soit 60 % du niveau de vie médian [2] ce qui correspond actuellement à un revenu net, après impôts et prestations sociales, de 908 euros par mois pour une personne seule [3], de 1 362 euros pour un couple, de 1906 euros pour un couple avec deux enfants. Il faut toutefois noter que ce nombre de personnes en situation de pauvreté est sans doute sous-évalué, car l’enquête qui permet de l’obtenir exclut les départements d’outre-mer (cela devrait changer l’an prochain) et toutes les personnes qui vivent en institution (maisons de retraite, couvents, maisons d’arrêt, internats divers) ou qui n’ont pas de domicile fixe (caravanes, foyers d’urgence...). Or, ce sont justement souvent les ménages les plus précarisés qui vivent dans ces institutions. (...)

Les jeunes en première ligne

Qui sont ces 8 millions de personnes ? Dans leur grande majorité, elles sont jeunes, voire très jeunes : quasiment la moitié (49 %) ont moins de 30 ans, alors que cette tranche d’âge ne représente que 36 % de la population française. Pour les enfants, cette situation constitue souvent un lourd handicap. En effet, selon une étude du Cerc, le fait d’être élevé dans une famille pauvre réduit sensiblement (de l’ordre des trois quarts) leur probabilité de réussir à l’école : moindre soutien parental, manque de chambre à soi pour faire ses devoirs, proportion élevée d’enfants ayant des difficultés scolaires, etc., tout ceci accroît fortement le risque pour ces enfants de devenir à leur tour des adultes pauvres.

Au contraire, les seniors sont moins présents dans la population pauvre (15 %) que dans la population dans son ensemble (21 %). Il s’agit là d’un changement profond dans le visage de la pauvreté. Depuis le début des années 1980, celle-ci ne cesse de rajeunir : au cours des dix dernières années, la part des moins de 18 ans dans la population pauvre a augmenté de trois points.

Personnes isolées, familles nombreuses et monoparentales

Trois types de ménages sont particulièrement exposés au risque de pauvreté. D’abord, les personnes isolées : elles représentaient 18 % du total des personnes pauvres, alors qu’elles ne comptent que pour 14 % dans l’ensemble de la population. Cette exposition forte au risque de paupérisation est facile à comprendre : aucune autre rentrée d’argent ne vient compenser les insuffisances éventuelles du revenu en cas de chômage non indemnisé, d’inactivité ou même d’emploi mal payé.

Répartition des travailleurs pauvres par secteurs d’activité en 2006 [4]

Evolution du nombre de personnes pauvres, en millions

Il en est de même des familles monoparentales, le deuxième type de ménages particulièrement frappés par la pauvreté. Mais avec une difficulté supplémentaire par rapport aux personnes isolées : dans le meilleur des cas, non seulement il ne rentre qu’un revenu d’activité par ménage (comme pour les personnes isolées), mais en plus il y a plusieurs bouches à nourrir. Il n’est donc pas étonnant de constater que, alors que les familles monoparentales regroupent 9 % de la population dans son ensemble, elles représentent 20 % des personnes en situation de pauvreté. Près d’une famille monoparentale sur trois est dans ce cas.

Les familles nombreuses forment le troisième groupe de ménages particulièrement exposés : alors que les ménages de cinq personnes et plus (en général deux adultes et trois enfants au moins) regroupent 15 % de la population française, ils comptent pour 25 % dans la population en situation de pauvreté, pas loin de deux fois plus. Si l’on isole les couples ayant au moins quatre enfants à charge, la proportion grimpe à 34 % ! Là encore, l’emploi, ou plutôt les difficultés d’accès à l’emploi jouent fortement, car la présence d’enfants limite ou empêche un des deux adultes de travailler " normalement " : la question de la garde des enfants est essentielle si l’on veut lutter efficacement contre la pauvreté.

Mais ce n’est pas tout : l’insuffisance des prestations familiales joue également dans le cas des familles nombreuses. Bien que relativement plus élevées en France que dans la plupart des autres pays de l’Union européenne, elles demeurent trop faibles pour empêcher certaines familles de basculer en dessous du seuil de pauvreté lors de la naissance d’un nouvel enfant : les allocations familiales s’élèvent en effet à 120 euros pour deux enfants, puis augmentent de 160 euros par enfant supplémentaire. Alors qu’il faudrait qu’elles atteignent 250 euros par enfant supplémentaire pour éviter qu’une famille ne bascule en dessous du seuil de pauvreté lorsqu’elle se trouvait juste à ce niveau avant la naissance.

Si les allocations familiales étaient soumises à impôt, il serait possible de les augmenter de 70 à 80 euros par enfant sans coût supplémentaire pour l’Etat, le supplément d’allocation étant financé par le supplément d’impôt payé par les familles imposables. Les familles plus riches aideraient ainsi les familles pauvres, qui pour la plupart dépasseraient ainsi le seuil de pauvreté. Mais, en France, le lobby familial a obtenu un traitement fiscal unique en Europe grâce à deux dispositions : le quotient familial (alors que la plupart des autres pays pratiquent un abattement forfaitaire par enfant), même s’il est désormais plafonné, et la non-imposition des prestations familiales.

Toujours plus de travailleurs pauvres

La pauvreté a fortement partie liée avec le développement des emplois peu rémunérés. Sur les 4,2 millions de personnes de 18 à 59 ans en situation de pauvreté en 2006, 1,85 million était en emploi, contre 1,55 million en 2003. Si l’on prend en compte le nombre de personnes vivant dans des ménages au niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté, les ménages de travailleurs pauvres en emploi représentaient 3,16 millions de personnes en 2003 et 3,62 millions en 2006. Soit une augmentation de 500 000, pour un nombre total de personnes en situation de pauvreté qui s’est accru de 800 000 : l’extension de la pauvreté laborieuse est donc désormais le principal facteur d’aggravation de la pauvreté.

Le RSA - en moyenne une centaine d’euros supplémentaires par ménage de travailleur pauvre - ne sera pas de trop pour réduire les difficultés du quotidien que vivent ces familles ! Mais comme rien n’est prévu pour mettre fin à l’expansion de leur nombre, il risque fort d’être sans effet sur la pauvreté laborieuse ; il se contentera de boucher quelques-uns des trous existants, tandis que les employeurs s’emploieront sans cesse à en creuser d’autres...

Pas tous les employeurs cependant : dans les postes et télécommunications, on ne comptait en 2006 qu’un travailleur pauvre sur 77 personnes en emploi, mais à l’autre extrême, dans l’hôtellerie-restauration, on en recensait presqu’un sur cinq et un sur six dans les ser-vices personnels et domestiques [5]. Même la branche de l’intérim ne parvient pas à faire aussi mal, puisqu’on y dénombre un salarié pauvre sur huit. Or, quelles sont les branches les plus aidées par les pouvoirs publics en dehors de l’agriculture ? Justement l’hôtellerie-restauration (avec des aides directes d’un montant annuel supérieur à 600 millions d’euros, qui ont été remplacées, depuis le 1er juillet, par une baisse de TVA représentant 3 milliards en année pleine).

Autre branche abonnée aux aides : les services à la personne (sous la forme d’une réduction de l’impôt sur le revenu égale à la moitié du coût salarial dans la limite de 12 500 euros annuels en 2008, portée à 15 000 euros en 2009...). On a beau s’interroger, on ne parvient pas à comprendre pourquoi les pouvoirs publics ne se décident pas à utiliser ces aides pour mettre un peu plus d’équité dans un marché du travail qui en connaît si peu. Conséquence : si l’on compte les personnes à charge, sur le 1,28 million de personnes vivant dans un ménage dont la personne de référence travaille comme " personnel des services directs aux particuliers ", 470 000 (une sur trois) vivaient dans un ménage dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté. Or, cette branche est aussi celle qui se développe le plus, au point qu’elle est présentée comme le principal réservoir d’emplois... Le travail paupérisant a de beaux jours devant lui !

Depuis quatre ans, le développement de l’emploi de mauvaise qualité est le principal responsable de la progression de la pauvreté. Permettre à tous ceux qui le souhaitent d’accéder à l’emploi est essentiel, mais il convient aussi de veiller à ce que cet emploi soit de qualité suffisante pour en vivre de façon décente. Le RSA améliore la situation d’une majorité de ménages de travailleurs pauvres. Pas de tous, hélas, puisque ce complément de revenu n’est versé ni aux travailleurs de moins de 26 ans (sauf s’ils ont des charges de famille) ni aux chômeurs, qui font pourtant partie de la population active. Mais si, en même temps, il ne s’accompagne pas d’une lutte résolue contre les emplois paupérisants, il risque fort d’accompagner la progression du nombre de travailleurs pauvres alors qu’il visait à le diminuer.

Article extrait du magazine Alternatives Economiques, n° 282 ( juillet 2009).

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13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 08:07


Clotilde Reiss est toujours en prison. L'Iran a de lui-même fait un "geste", mardi, en proposant que la Française quitte sa prison pour l'ambassade de France, sans toutefois quitter le territoire. Puis l'Etat iranien a proposé une caution.

Le gouvernement français paraît bien désemparé. La "grosse" voix du Président n'a pas servie. La diplomatie brouillonne de Nicolas Sarkozy ne paye pas, bien au contraire: l'ambassadeur d'Iran en France a jugé que la précipitation française à révéler l'emprisonnement de Clotilde Reiss dès le 6 juillet a compliqué la situation. Qui peut cependant croire la "bonne foi" du représentant iranien ? L'Iran s'amuse avec les nerfs français. On pense à la famille de Clotilde Reiss. Le "procès" est terminé. En Iran, la "justice" sait être expéditive quand elle sert la diplomatie iranienne.

Publié par Juan
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11 août 2009 2 11 /08 /août /2009 06:44


 

La grippe A fait des miracles. Des dizaines de milliards de dollars de commandes annoncées, les labos rivalisent d'ingéniosité pour battre les records de vitesse de mise au point des vaccins. D'autant que les Etats-Unis ont accordé l'immunité juridique totale aux industries pharmaceutiques en cas de problème sanitaire...

Vaccin grippe A

A l'assaut du Graal...

Les vaccins contre la grippe A seront bientôt prêts. Parole de Big Pharma. Les tests sur les humains ont déjà commencé dans cinq pays et la vaccination de masse pourra débuter courant septembre. Record absolu. Jusqu'à la semaine dernière, pourtant, les seringues n'étaient pas attendues avant la fin du mois d'octobre. Mais les firmes pharmaceutiques ne manquent pas d'imagination, surtout quand des dizaines de milliards sont à la clé. Baxter, GlaxoSmithKline (GSK) et Novartis se contentent d'"adapter" des vaccins pré-pandémiques déjà validés. Les nouvelles moutures ne nécessiteront donc pas de repasser par la case d'Autorisation de Mise sur le Marché (AMM). Exit les tests de sécurité. Aussi simple...

Vaccination mal préparée

The Lancet a récemment mis en garde les responsables sanitaires mondiaux contre l'allègement des procédures réglementaires qui exposerait les populations à des risques réels de complications post-vaccinales. Au contraire, l'hebdomadaire médical britannique a plaidé pour une élaboration méticuleuse et une surveillance accrue des possibles effets secondaires. Bref, tout le contraire de ce qui est en train de se produire. The Lancet a aussi lancé un pavé dans la marre en rappelant le triste épisode d'une campagne de vaccination accélérée contre une souche virulente de grippe porcine aux Etats-Unis, en 1976, qui avait causé la mort de plusieurs personnes, et qui avait vu des milliers d'autres réclamer des indemnités suite à des complications liées à la vaccination.

Immunité juridique des labos

Mais les laboratoires peuvent se rassurer. Cette fois-ci, l'administration américaine leur a octroyé une immunité juridique totale. La secrétaire d'Etat américaine à la santé, Kathleen Sebelius, a signé en juin un décret les libérant de toute responsabilité en cas de complications judiciaires. Comme cela se fait souvent Outre-Atlantique, c'est un fonds public d'urgence sanitaire qui prendra en charge les éventuelles contreparties financières.

Antiviraux inefficaces voire dangereux

Selon les données actuelles de l'OMS, la virulence de la grippe A est très légèrement supérieure à celle de la grippe saisonnière. Si le virus mutait dans une forme plus dangereuse, les vaccins seraient inefficaces. Autant que les antiviraux ? Car The Lancet a publié samedi dernier une étude menée par le National Institute for Health and Clinical Excellence (Nice) de Grande-Bretagne, qui établit que les antiviraux Tamiflu et Relenza - jusqu'à présent décrits comme la panacée anti-grippe A - réduisent la durée des symptômes chez les personnes atteintes par le virus... d'environ une demi-journée. Révolutionnaire ! Et une étude britannique vient aussi de montrer que ces médicaments ne devraient pas être prescrits aux enfants, les effets indésirables l'emportant sur les bénéfices.

On nous cache tout, on nous dit rien ?

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 05:20

 

 

Un an après la cérémonie d’ouverture des JO de Pékin, que reste-t-il de l’esprit d’ouverture tant vanté par les organisateurs et le Comité international olympique ? Pas grand-chose. Certes les journalistes étrangers bénéficient toujours des règles libérales adoptées pendant les olympiades. Ils sont censés pouvoir se déplacer librement dans le pays et interviewer qui ils veulent. Ces règles sont toujours en vigueur, mais leur application est à géométrie variable. Elles ne s’appliquent pas au Tibet et aux régions tibétaines où des dizaines de journalistes étrangers ont été empêchés de travailler en mars 2008, puis en mars 2009. Si le gouvernement a laissé la presse étrangère se rendre au Xinjiang, juste après les émeutes de juillet 2009, des correspondants ont été interpellés quand ils s’intéressaient de trop près au sort des Ouïghours détenus par la police. Les entraves à la liberté de travail se sont également multipliées à l’approche du vingtième anniversaire du massacre de la place Tiananmen. Plusieurs interlocuteurs de correspondants étrangers, notamment des dissidents, ont été arrêtés ou menacés par la police politique. Les autorités centrales tentent également de mieux contrôler les collaborateurs chinois de médias étrangers, en les forçant à s’enregistrer auprès d’organismes officiels ou semi-officiels. Enfin, de nombreux médias étrangers, radios et sites Internet, sont toujours censurés, sans aucune explication officielle.

Dans les autres domaines qui concernent la liberté d’expression et le travail de la presse, un retour en arrière est en train de s’opérer.

Des dizaines de dissidents et de citoyens chinois payent encore de leur liberté le fait de s’être exprimé dans la presse étrangère sur les Jeux olympiques ou d’avoir critiqué le gouvernement alors que l’attention internationale était tournée vers Pékin. Le plus connu d’entre eux est le militant des droits de l’homme Hu Jia, qui purge une peine de trois ans et demi de prison à Pékin.

De son côté, Yang Chunlin, principal initiateur de la campagne « Nous voulons les droits de l’homme, pas les Jeux olympiques », a été maltraité en détention. Il a été condamné, le 24 mars 2008, à une peine de cinq ans de prison suivie de deux années de privation de ses droits civiques par le tribunal intermédiaire de Jiamusi (nord-est), pour « incitation à la subversion du pouvoir de l’Etat ». Zheng Mingfang, militante des droits de l’homme, n’est pas mieux traitée puisqu’elle a été envoyée pour deux ans dans un camp de rééducation par le travail, début avril 2008. Elle avait publié une lettre ouverte aux autorités avant les Jeux olympiques. C’est également de s’en être pris aux JO qui a valu au militant démocrate Zhang Wenhe d’être interné de force dans un hôpital psychiatrique. Enfin, Dhondup Wangchen, réalisateur d’un documentaire sur le Tibet, est détenu depuis mars 2008 pour avoir recueilli des témoignages de Tibétains, notamment dans la région de l’Amdo. Son documentaire, intitulé Leaving Fear Behind, a été diffusé clandestinement pendant les Jeux olympiques de Pékin.

Nouvelle stratégie de communication

Si les autorités semblent avoir retenu les leçons de la contestation qui a entouré les derniers JO en investissant des sommes colossales pour mieux diffuser la vision officielle, le Département de la propagande continue d’imposer ses diktats. L’organe de contrôle du PCC ne semble pas avoir tiré les enseignements du scandale du lait contaminé qui avait été occulté en raison des JO. La censure s’impose toujours sur des affaires de santé publique ou d’intérêt général.

Le gouvernement a en tout cas tiré certaines leçons de la crise de ces JO mouvementés. En mettant en place une nouvelle stratégie de communication par exemple. Pendant les événements de mars 2008 au Tibet, puis lors du parcours de la flamme olympique, les autorités chinoises ont dénoncé la presse étrangère, jugée anti-chinoise. Une campagne nationaliste a été lancée pour intimider les médias étrangers et certains pays, accusés de diaboliser la politique de Pékin au Tibet dans le domaine des droits de l’homme. Pour contrer cette « influence occidentale », les autorités chinoises ont déployé de nouveaux moyens pour fournir au niveau international une information qui leur serait plus favorable. Des dizaines de millions d’euros sont investis pour mettre en place une version internationale de la chaîne gouvernementale CCTV et les principaux médias d’Etat sont incités à mieux occuper le terrain. Lors des soulèvements au Tibet et au Xinjiang, les médias chinois ont été contraints de ne reprendre que la version officielle des événements. L’incitation à la haine contre les minorités a été orchestrée par les organismes d’Etat afin de mieux occulter les victimes tibétaines et ouighoures. Le débat sur l’échec des politiques actuelles dans ces provinces rebelles a été vite circonscrit à de trop rares publications libérales.

Le Web toujours plus censuré

Pour ce qui est de la liberté d’expression sur Internet, on assiste à un renoncement systématique des maigres acquis liés aux olympiades. Les internautes chinois avaient bénéficié, grâce à la présence de milliers de journalistes étrangers aux JO, d’une accalmie de la censure au moment des épreuves sportives. Les sites débloqués à l’époque ont pratiquement tous été rendus inaccessibles depuis. Depuis le 5 janvier 2009, une grande campagne de filtrage a été lancée par le ministère de l’Information, afin de lutter contre la pornographie. Les autorités ont demandé aux acteurs de l’Internet de redoubler de vigilance quant au contenu des sites. Ce que les entreprises d’Etat ont fait. Parmi les sites bloqués figure celui du portail de blogs politiques Bullog, car ce dernier « publiait un grand nombre d’informations négatives dans le domaine politique » selon le ministère de l’Information. Celui du New York Times a été lui aussi bloqué à plusieurs reprises. Afin de redoubler d’efficacité dans cette campagne, le gouvernement a également ordonné aux fabricants d’ordinateurs chinois et étrangers d’installer sur leurs produits un logiciel de filtrage appelé Green Dam Youth Escort, destiné à protéger les jeunes internautes des contenus « néfastes » rencontrés sur Internet. Toutefois, les options de filtrage incluent la possibilité de bloquer des contenus politiques et religieux, notamment ceux liés au mouvement Falungong. Face au tollé international, les autorités ont repoussé l’installation obligatoire du logiciel. Mais toute la cybercensure ne se fait pas au nom de la lutte contre la pornographie. Les autorités ont par exemple censuré tous les sites en langue ouïghoure lors des manifestations qui ont eu lieu au Xinjiang en juillet 2009. Ils sont toujours inaccessibles. Le site de partage de vidéos en ligne YouTube est également bloqué depuis le mois de mars, sans motif officiel. Les blogueurs et les internautes continuent leur travail de dénonciation des travers de la société et de l’Etat. Ce qui oblige de plus en plus fréquemment les médias officiels à couvrir ces affaires gênantes. Mais la répression n’a pas cessé, notamment de la part des autorités locales. Entre le 8 août 2008 et le 8 août 2009, au moins dix blogueurs ont été arrêtés en raison de leur activité en ligne.

Un an après l’ouverture en grande pompe des Jeux dans le stade olympique de Pékin, les autorités chinoises ont cessé de vanter l’esprit d’ouverture qui leur avait permis d’obtenir ces olympiades en 2001. Les bénéfices pour la liberté de la presse sont si maigres que le CIO et les chefs d’Etat présents le 8 août 2008 à Pékin devraient se demander comment enfin faire respecter la parole promise.

Vincent Brossel travaille au bureau Asie de Reporters sans Frontières.
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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 07:25

Marianne 2

En s'empressant de faire allégeance à Bruxelles et en déclarant dès lundi que les maraîchers devraient rembourser les aides, Bruno le Maire a commis une double erreur, diplomatique et politique. Et ce n'est sûrement pas pour le féliciter que Nicolas Sarkozy lui a parlé deux fois au téléphone hier.



Dessin de Rodho
Ce n’est pas sans mérite que Bruno le Maire a,  lors du dernier remaniement ministériel, accepté le portefeuille de l’agriculture.
Rien ne prédestinait ce jeune normalien, énarque, diplomate, romancier à ses heures  à  ce ministère de terrain. Il lui fallait du cran.
Apparu sur la scène publique comme directeur de cabinet de Dominique de Villepin, dont il était le proche conseiller et l’ami depuis plusieurs années, il sacrifia une belle carrière diplomatique, à lui promise, pour succéder à Jean-Louis Debré comme député de l’Eure, une circonscription d’abord proposée à Dominique de Villepin, dont on ne sait pourquoi celui-ci la  refusa.

Les deux lois d'airain de la politique
Dans sa volonté d’isoler Villepin, Nicolas Sarkozy  proposa à Bruno Le Maire  le portefeuille des affaires européennes en 2008. Il accepta. Il passa de là  l’agriculture en juin 2009. 
Belle trajectoire, pleine de promesses pour un sujet brillant dont l’avenir était d’autant plus radieux que le milieu politique de regorge pas aujourd’hui de tels calibres  intellectuels.
Hélas pour lui, Bruno Le Maire vient de trébucher au premier saut d’obstacles  et il est douteux qu’il s’en remette.
Il  a oublié deux lois de la politique.
L’une concerne la communication. Un ministre, surtout un ministre exposé comme l’est celui de l’agriculture, est jugé sur la première crise qu’il a à affronter et, dans cette crise, sur les premières déclarations qu’il fait.
L’autre est une loi morale : la mission fondamentale d’un homme politique est de défendre  bec et ongles  les hommes et les femmes dont il a la charge, dans son cas, les agriculteurs français. Sinon qui les défendra ?
C’est là que Bruno Le Maire a eu tout faux.
La commission européenne a fait savoir que les producteurs français de fruits et légumes devraient rembourser quelques centaines de millions d’euros d’aides, indument perçues selon elle, entre 1992 et 2002.
Décision étonnante à plus d’un titre : si ces aides étaient irrégulières, pourquoi les a-t-on versées ? N’est ce pas ceux qui l’ont fait qui devraient  être d’abord mis en cause ?
C’est une affaire vieille de presque vingt  ans ; depuis lors, beaucoup de producteurs ont disparu, quelques uns se sont installés ; va-t-on faire payer les uns pour les autres ?  Ou poursuivre des retraités qui perçoivent 500 € par mois ?
La plupart des producteurs de fruits et légumes sont cette année en difficultés en raison de la chute des cours ; il fallait toute la cécité politique de la commission de Bruxelles pour soulever ce problème en un pareil moment.
Or le premier réflexe de Le Maire a été celui du  pion  qui prend spontanément le parti de Bruxelles contre les agriculteurs, comme un préfet prend le parti du gouvernement. « Il est certain que nous devrons engager une procédure de remboursements auprès des producteurs », a déclaré Bruno Le Maire dans un entretien au « Parisien libéré  . «Je ne veux pas exposer la France à une condamnation qui l'obligerait à rembourser une somme plus conséquente dans cinq ou dix ans », a-t-il expliqué.

Naturel technocratique
A supposer que pour cet ex-villepiniste, européen convaincu, la France ne soit qu’une collectivité locale de l’Europe, qui imagine une seconde, le maire d’une grande ville réagir de cette manière le jour où l’Etat réclamerait  une somme pareille à ses concitoyens ?  Qui peut croire qu’un président  de conseil régional n’aurait pas pour premier réflexe de défendre les gens de sa région ?
Bruno le Maire aurait du s’écrier  d’abord : cette demande est scandaleuse et particulièrement inopportune, jamais les producteurs français ne  payeront – quitte à trouver ultérieurement un compromis.
Mais le naturel technocratique est revenu au galop : on ne s’improvise pas politique. Ce n’est pas Christian Estrosi, ministre de l’industrie, et  aussi dépourvu de diplômes que Le Maire en est bardé,  qui aurait fait pareille  erreur.  Lui fait  le tour de France des usines en perdition pour   y promettre monts et merveilles,  peu soucieux de ce qui suivra.
Jacques Chirac,  comme Bruno Le Maire, avait fait l’ENA. Toute autre fut cependant son attitude à la tête du même ministère. Son ardeur brutale à défendre les agriculteurs français lui valut d’être qualifié  de caractériel, de fou dangereux par ses collègues européens avec qui il   négociait ; mais il obtint satisfaction sur presque tous les dossiers (en particulier l’aide à l’élevage de montagne) . Les agriculteurs s’en souvinrent. Mais pas seulement les agriculteurs. En politique, disait Mao, « il faut apprendre à jouer du piano ». Le corps social est comme un piano. En tapant très fort sur une touche, on fait vibrer non seulement la touche correspondante mais aussi  d’autres.
Est-ce trop dire que toute la carrière de Jacques Chirac s’est faite sur les dividendes de son  passage à l’agriculture ?  En tous les cas, après ce passage, sa réputation   était faite, comme celle de Le Maire est en passe de l’être, mais à dans l’autre sens. 
 Il est à craindre en effet que le nouveau ministre  ait , par sa réaction, définitivement perdu l’estime du milieu agricole et que donc il laisse le souvenir durable  du ministre qui n’a pas réussi.
Un destin politique brisé. Est-il plus à regretter  que celui des centaines  de producteurs de fruits et légumes menacés de disparaître ?
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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 07:15


Dans une interview au Parisien, Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture, a affirmé lundi que les producteurs français de fruits et légumes devraient rembourser 500 millions d'euros de subventions contestées par l'Union Européenne entre 1992 et 2002: "Il est certain que nous devons engager une procédure de remboursements auprès des producteurs". Est-ce une gaffe ou un acte de franchise ?

Acte I : la fausse gaffe
Ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin entre 2005 et 2007, Bruno Le Maire a été élu député de l'Eure en juin 2007 avant de rejoindre le gouvernement Fillon comme secrétaire d'Etat aux affaires européennes à la fin de l'année dernière. En juin dernier, il remplace Michel Barnier à l'Agriculture. Partout et par tous, Le Maire est présenté comme un jeune ministre talentueux, qui a largement oeuvré, aux Affaires Européennes, à la réconciliation d'Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. Le voici à l'Agriculture, où son talent diplomatique sera nécessaire, tant les sujtes de grogne sont nombreux : conflit avec la grande distribution, baisse de la consommatio (fruits et légumes), crise de la pêche, renégociation prochaine des aides européennes, etc. Parmi ces sujets, une plainte de Bruxelles depuis 7 ans. A l'époque, l'UE contestait le versement de 338 millions d'euros, qui frisent désormais les 500 milliards compte tenu des intérêts de retard. Une décision du 28 janvier 2009, parue au Journal officiel européen le 18 mai, a exigé le remboursement de ces aides. Michel Barnier (le 8 avril) et la Fédération des comités économiques (le 18 juin) ont déposé des recours en annulation devant la Cour de justice européenne.

Lundi, Bruno Le Maire a mis les pieds dans le plat. Il annonce que son ministère "enverra une lettre à chaque organisation de producteurs pour savoir qui a bénéficié de ces subventions et quelles sommes ont été perçues". "Je ne veux pas exposer la France à une condamnation qui l'obligerait à rembourser une somme encore plus conséquente dans cinq ou dix ans". Mardi, il complète: "ces aides sont en partie illégales". Il "préférait éviter une guerre perdue contre la Commission européenne et agir avec responsabilité, sans prendre Bruxelles comme bouc émissaire, pour s'attaquer aux problèmes structurels de la filière"

C'est une gaffe : les agriculteurs n'ont pas fauté. S'ils ont reçu des aides qu'ils n'auraient pas dû recevoir, les fautifs sont ailleurs. En l'espace de quelques phrases, le ministre s'est désolidarisé, décrédibilisé auprès des agriculteurs. Pourquoi prendre ainsi position en faveur de Bruxelle ?

Les représentants du monde agricole sont catégoriques: «Nous ne paierons pas», a tranché Jean-Bernard Bayard, secrétaire général adjoint de la FNSEA. «ce n’est pas aux agriculteurs de payer les erreurs de l’Etat français» a ajouté le secrétaire national de la Confédération paysanne André Bouchut.


Acte II: rétropédalage et fermeté

La bombe lancée, le ministre modère ses propos: tout ne sera pas remboursé, et pas immédiatement: «Mon but final, c’est de réduire la facture le plus possible et de gagner du temps». Le Maire rassure : «Je conteste formellement cette somme, et c'est pour cette raison que j'ai demandé et obtenu auprès de la Commissaire européenne, Mariann Fischer Boel, un délai supplémentaire pour expertiser au cas par cas le montant des remboursements exigés aux producteurs». Mardi, une réunion de "crise" s'est tenu à son ministère. Les agriculteurs sortent presque rassurés, eux qui croyaient devoir commencer à rembourser dans quelques semaines...«Nous sommes partiellement rassurés car le couperet ne va pas tomber demain, indique un de leurs représentants.

Le Maire annonce aussi que les agriculteurs bénéficieront d'un plan de soutien pour éviter de couler.

Acte III: on reste ferme.
«Je vais être très précis: j'ai fait tout cela en plein accord avec Matignon et l'Elysée [...] Pour être encore plus précis, j'ai eu le président de la République à deux reprises hier, j'ai eu François Fillon longuement hier soir, ils m'ont assuré, je me permets de reprendre leurs propres mots puisqu'ils m'y ont autorisé, de leur soutien total». Cette courte déclaration du ministre fait tilt. Le Maire a suivi une tactique usuelle en Sarkofrance: annoncer soit-même la pire des mauvaises nouvelles du moment, si possible en profitant d'un moment de repos médiatique pour cause de vacances, et sidérer les acteurs concernés. Xavier Darcos aimait suivre cette technique. Il devançait toujours de quelques heures ou quelques jours son propre ministre du budget pour annoncer les réductions de postes d'enseignants. Dans le cas présent, Le Maire veut secouer la filière, en vue de la prochaine négociation des aides européennes, et engager une réforme structurelle. En particulier, le coût horaire du travail pour la cueillette trop élevé: entre 11 et 13 € de l'heure, alors qu'il est de 6 en Allemagne et de 7 en Espagne.

«Cette décision était une décision réfléchie, une décision de responsabilité, ce n'est pas une décision prise à la va-vite» explique Le Maire mardi soir.

On le croit.

Publié par Juan
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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 06:03


Un article polémique de  toiroy à méditer

Alors que la peur des ondes est devenue un sujet d’actualité et fait même l’objet d’un « Grenelle des ondes », on est de plus en plus en droit de se demander à qui peut profiter ce phénomène qui s’est emparé de l’opinion publique ?

Alors que la peur des ondes est devenue un sujet d’actualité et fait même l’objet d’un "Grenelle des ondes", on est de plus en plus en droit de se demander à qui peut profiter ce phénomène qui s’est emparé de l’opinion publique ?

Commençons l’expérience et tapons "antennes relais" dans Google. Et là que voit-on apparaître ? Une fois passé le site cartoradio de l’Agence Nationale des Fréquences qui offre une cartographie des antennes relais, on trouve tout de suite le site des Robins des Toits, une association qui s’est spécialisée sur la thématique des « Dangers du portable, antennes relais... ». Viennent ensuite les articles de presse sur les sujets qui font l’actualité et l’article Wikipédia que l’on ne manquera pas de consulter, si l’on veut avoir une idée éclairée avant de se lancer dans le débat.

S’il n’y a rien de particulier pour les liens non-sponsorisés, il faut regarder les liens sponsorisés, qui sot aujourd’hui au nombre de 5.

Les marchands de peurs : Mais qu’ont-ils à vendre ?

Le premier de ces sites, "Silicium organique", nous vend des Oscillateurs Magnétiques de Compensation (CMO). Mais quel est donc cet étrange objet ? Après un texte introductif dans lequel on peut lire que « La vie est dangereuse, certes, nous allons tous en mourir, mais autant que ce soit en bon état… » on trouve la définition du CMO « un Émetteur d’Ondes de Compensation, ultra faibles, sans aucune toxicité, dont le but est d’aider l’organisme à retrouver son équilibre bio-électromagnétique naturel lorsque celui-ci est perturbé par un environnement d’ondes potentiellement dangereuses. »

Les auteurs partent du principe que « l’exposition aux rayonnements électromagnétiques modifie notablement plusieurs paramètres biologiques vitaux » et que les « CMO permettent le retour à l’équilibre biomagnétique naturel. » Les chercheurs de la société Tecnolab qui ont mis cet outil au point auraient démontré que « l’usage du CMO permet à l’organisme vivant de retrouver pour la plus grande part son équilibre biomagnétique naturel, en compensant les effets non biocompatibles des ondes Electromagnétiques. »

D’après eux, l’exposition aux champs électromagnétiques déstabilise une dizaine de paramètres dans l’organisme, et l’émission de signaux électromagnétiques du CMO permettrait de rétablir ces paramètres : « Ainsi, le calcium intracellulaire n’augmente plus, la mélatonine ne chute plus, le taux d’oxyde nitrique se maintient à un niveau normal, la neurogenèse fonctionne normalement, le système immunitaire de se déprime plus, les symptômes de stress diminuent et la résistance au stress au travail augmente. » Aussi, il existe un CMO pour contrebalancer toutes les expositions aux ondes : portables, écrans plats, écrans cathodiques, bureau-maison, antennes relais, lignes électriques, Equilibres, habitats... Et bien évidemment, les internautes peuvent régler par le biais d’un compte paypal.

Le site "Planète bien-être", lui, nous propose « Géoalpha », une protection contre les téléphones portables et les antennes relais. Pour l’utiliser, rien de plus simple : « Sortez le GEOALPHA de son coffret et procédez à sa fixation sur l’antenne relais au moyen d’un collier muni d’une sangle de métal (non fourni). Cette installation ne nécessite aucune orientation préliminaire du boîtier, ni aucune modification de l’antenne relais, quel que soit le modèle. Dans l’habitat, il suffit de placer le boîtier dans la pièce la plus exposée aux perturbations. » et ce, pour la modique somme de 144 euros.

Vous vous imaginez en train d’aller fixer votre Géoalpha tout juste livré sur l’antenne relais du quartier ? Toujours est-il que le site Planète bien être, lui, en plus de vendre une quantité d’objets pour vous protéger des ondes, vend aussi, des ioniseurs, des Spiritor, de l’encens, des bougies, des nettoyeurs Ultrasonic, des appareils de radiesthésie, du sel de l’Himalaya et last, but not least, des nécessaires de cartomancie.

Enfin, parce qu’on n’est jamais trop informé sur les ondes qui nous entourent, le site Greenweez nous présente toute une collection de détecteurs d’ondes entre 95,55 et 439 euros tout de même. Le moins coûteux, très design, mais sans affichage il n’indique aucune valeur, c’est simplement un avertisseur sonore dont « le volume augmente avec l’intensité des ondes », le stress !

Des conflits d’intérêts même chez les « indépendants » ?

Alors bien évidemment, il y a peu de chance qu’il y ait un lien direct entre les associations qui affirment l’existence d’un danger et ces marchands qui saisissent l’opportunité de voir monter l’angoisse parmi l’opinion publique pour vendre des objets appropriés.

Cependant on est tout de même en droit de se poser des questions pour certains d’entre-eux.

Ainsi, actuellement, toutes les associations et les « lanceurs d’alerte » s’appuient sur le rapport Bio-initiative, qui n’est autre qu’une compilation d’études diverses et variées, pour soutenir des conclusions qui confirmeraient l’existence d’un véritable danger en provenance des antennes relais et de la téléphonie mobile. Alors que ce rapport est toujours mis en exergue par les journalistes, aucun d’entre eux ne semble se demander qui peut bien en être à l’origine.

Or, à l’initiative de ce travail (dont les plus grandes instances on montré l’aspect douteux au niveau international*) on trouve Cindy Sage, gérante d’un cabinet de consultants spécialisés dans les domaine de la protection contre les champs électromagnétiques. En vous rendant sur le site de Cindy Sage, vous trouverez une liste de clients ainsi que les services fournis par la consultante. Vous pourrez même retrouver sur Youtube une série de 8 programmes dispensés par Cindy Sage sur la thématique des dangers des champs électromagnétiques. Si ces derniers peuvent être regardés gratuitement, il n’en reste pas moins que madame Sage se fait payer pour "créer des champs magnétiques faibles dans vos intérieurs"**.

Cindy Sage présentant, le rapport Bioinitiative ("the only truely independant")

Bien évidemment, le problème ici n’est pas de gagner sa vie avec une activité pour laquelle on a des compétences, mais, vous l’aurez compris, celui de l’indépendance des études. Car en effet, le rapport Bioinitiative est présenté par tous les journalistes comme totalement indépendant. C’est d’ailleurs ce qui le distinguerait des autres rapports "officiels" qui seraient, eux, financés par les industriels.

En France, Cindy Sage pourrait trouver son équivalent en la personne de Catherine Gouhier. Cette dernière est membre du CRIIREM (Centre de recherche indépendant sur les rayonnements électromagnétiques***).

Or, madame Gouhier qui est la secrétaire de l’association et diplômée de Physique de la Faculté des Sciences de Nantes, exerçe depuis plus de 20 ans la profession de "Consultante en environnement électromagnétique", avec son propre cabinet.

Aussi, comme s’interroge un des membres du forum futurascience "Catherine Gouhier, est-elle indépendante ?"

Et effectivement comment parler d’indépendance lorsque l’on vend des heures de consulting sur un danger non prouvé ?

C’est d’autant plus ironique que Cindy Sage comme Catherine Gouhier sont les premières à accuser les instances officielles, telle que l’OMS de biaiser les résultats des rapports pour que les opérateurs puissent continuer à vendre des téléphones portables.

Dans ce maelström seul la science aura le dernier mot, mais quand ?

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* Ainsi en page d’accueil du site de l’association Robin des toits, on peut télécharger ce rapport présenté comme « Les preuves scientifiques définitives des dangers pour la santé de la téléphonie mobile (téléphone portable, antenne-relais, WiFi, Wimax, Bluetooth, sans fil DECT ...) : le rapport Bioinitiative" ».

Or, comme le rappelle Jean-Paul Krivine, dans l’article "Le rapport Bio-initiative, ou l’apparence du sérieux scientifique", si l’AFSSET (Agence Française de Sécurité Sanitaire) ne s’est pas encore prononcée sur le rapport, le réseau EMF-Net, le Danish National Board of Health, l’Office Fédéral Allemand de Radioprotection, le Conseil de Santé des Pays-Bas ont tous souligné la faiblesse scientifiques du rapport et son aspect non concluant. Sur la question de la qualité de ce rapport voir aussi sur Le Post "Bioinitiative : Le rapport ultime ?".

** Des prestations que l’on peut illustrer avec ce reportage France 5 : "Champs électromagnétique : Info ou Intox ?"

*** Le terme “centre de recherche” n’indique pas que le CRIIREM est une simple association. Le terme “indépendant”, n’indique pas non plus que c’est une association écologique, Catherine Gouhier et la fondatrice Michèle Rivasi étant des élues vertes.

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Published by La boulange - dans Articles de journaux
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