On l'a vu avec Kessler qui vomit 1945, Sarkozy qui a vomit sur Mai 68 mais qui selon certains odieuses rumeurs aurait eu un enfant hors mariage et donc profite de l'esprit de 68. La société de rentiers qu'ils nous préparent, c'est celle des bien-nés où une classe dominante de 400 familles contrôle l'oligarchie, se goinfre de fric et méprise les autres avec l'aide d'une minorité de la population chargée elle d'exploiter la majorité.
C'est une contre-révolution néo-conservatrice: elle s'oppose aux dernières évolutions collectives, et on ne peut exclure que quelques plumes zélées ne se mettent à vomir la révolution de 1789 ou ne nous rappellent un jour que la France est la fille aînée de l'église.

Sur le blog du contre-journal de Libération, j'ai trouvé un billet fort intéressant: "Sans opposition, le régime n'a plus d'amarres, Sa dérive à commencé"
En ce qui concerne les quelques ministres de "gauche" ayant sauté le pas, et succombé aux charmes de l'ouverture, voici ce qu'on lit:

Il est évident que le choix de l’entrée au gouvernement de personnalités ayant construit leur légitimité sur ces héritages a un sens beaucoup plus profond que l’affaiblissement conjoncturel de la gauche de gouvernement : c’est une caution qui est apportée à la contre-révolution néoconservatrice. Et qui est apportée, soutien inestimable, par ceux-là mêmes qui auraient dû s’en alarmer le plus.

Tout est dit: le mélange des genres est là, Kouchner sert par exemple de caution morale à l'UMP. Une forte caution morale, tellement bruyante qu'on ne l'entend pas sur l'ADN et encore moins sur l'immigration. On est sûr aussi que ces vielles gloires des années 80 ou 90 sont là par ce qu'elles savent que c'est pour eux la dernière chance de profiter du pouvoir.
sarkoine.jpgEn faisant cela ils servent de caution à un système qui favorise les prédateurs. Qui nie les valeurs collectives de notre nation en faisant semblant de les défendre. Pendant ce temps certains tapent sur le PS silencieux et incapable de répondre. Mais il faut leur faire remarquer que les prochaines élections nationales n'auront lieu qu'en 2012 ou 2009 pour les régionales. La reconfiguration du PS, la refondation idéologique et la formulation de proposition et d'un nouveau modèle de société peuvent donc prendre le temps nécessaire. Et je prend la pari que la gauche saurait accélérer tout cela en cas d'élections intermédiaires.

Je rappelle que le PS a mis en place ses forums de la rénovation, que Désirs d'avenirs a lancé ses ateliers de refondation au début de l'été. Tout cela se fait en dehors des regards des habituels commentateurs donneurs d'ordre comme ELKB, Duhamel, ELB, Apathie et je-fé-kaka. On ne voit d'ailleurs pas ses derniers s'illustrer dans des critiques de cette contre-révolution aux idées loufoques.
D'ailleurs o16o l'a expliqué sur son blog "La Pire Racaille": les éditoriaux du Monde sont de plus en plus pro-sarkozy avec une fausse opposition de principe, pour la forme, pour se donner une fausse bonne conscience avant d'aller dans ces fameux dîners-en-ville pour initiés en tout genre.
La Gauche va devoir compter ses amis en plus de reformuler son projet idéologique pour mettre en adéquation l'individu dans le collectif, répondre aux besoins nouveaux, traiter le problème de l'insécurité tout en redonnant confiance à ceux qui sont laissés sur le bord de la route. Sur ce point la notion d'ordre juste devra être expliquée. En effet c'est un ordre injuste que nous annonce cette contre-révolution. Et contrairement aux délires de quelques bruyants imbéciles ce n'est pas "juste l'ordre", ni une resucée de Marcel Deat, ni un copier/coller d'une rédaction papale.
Toutes ces critiques doivent se taire devant le danger de la contre-révolution sarkozyste. Et toutes les intelligences doivent se mettre au service d'une seule cause: celle qui défend les valeurs de solidarité, de partage, d'éthique dans l'économie, de démocratie sociale, de partage du capital et d'avantage à l'intelligence plutôt qu'à la rente... Le plus gros chantier sera celui des relations dans l'entreprise, lieu où toutes les inégalités se manifestent et s'amplifient de plus en plus.