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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 21:09
Jeudi 14 janvier, Nicolas Sarkozy a déboulé chez Airbus à Blagnac, près de Toulouse pour ses voeux aux « forces économiques » du pays. Encore fois, la photo était belle, la mise en scène soignée: une visite de l'usine, filmée bien sûr ; un discours debout, encadré d'une trentaine de salariés d'Airbus, tous à sa taille, au pied d'un A380 tout neuf. Et, sans rire, un slogan placardé sur le site d'Elysée.fr : priorité à l'emploi et à la préservation de notre modèle social. 

Sarkozy prend son nouveau rôle très au sérieux. Il est P-R-O-T-E-C-T-E-U-R. Aussi, a-t-il calmé le timbre de sa voix. Il s'autorise quelques sourires, mais jamais moqueurs. Il a bien appris ses fiches (« la question, c'est pas de se féliciter des 40 années de succès, c'est de savoir comment construire les 40 années de succès à venir », formule répétée 4 ou 5 fois sur place ). Ce meeting électoral, de trois heures durant à peine, coûta dix tonnes de CO2. Le Monarque utilisa son Airbus présidentiel flambant neuf pour cette simple liaison intérieure. A Blagnac, le lieu était bouclé par un dispositif de sécurité hors normes. Une centaine de contestataires de la CGT furent fermement refoulés par les CRS.

Le tropisme auto-centré de Sarkozy l'égare souvent. Ainsi, pour le Monarque, la crise qu'il A subi en 2008 fut la bataille de toutes les batailles, le déclenchement d'une mutation insensée et imprévue du monde moderne. Pauvre président de l'UMP, l'homme croit ainsi savoir que «la crise que nous avons vécu a accéléré les mutations de l'économie.» Pour preuve, Sarkozy mentionne le développement de la Chine, de l'Inde ou du Brésil, comme si cette évolution datait d'il y a 18 mois. Et pour s'en sortir, Sarkozy a la formule, la même qu'en 2007 : « il faut rompre absolument avec la dévalorisation du travail. »

Depuis quelques jours, Nicolas Sarkozy a redécouvert le travail. Il en glisse quelques allusions dans chacun de ses discours. Il en profite pour rappeler combien la défiscalisation des heures supplémentaires fut un succès et la preuve qu'il avait tenu ses promesses de réhabilitation du travail. C'est l'une des seules mesures-totem qu'il lui reste à défendre de sa funeste loi Tepa de l'été 2007. La défiscalisation des intérêts d'emprunt immobilier ont été supprimés dans la loi de finances 2011. Le bouclier fiscal subira bientôt le même sort. Ces heures sup' furent pourtant une catastrophe. Lundi dernier, François Fillon a défendu la mesure, qu'il est  « hors de question de remettre en cause », « un élément-clé de notre compétitivité. » Quelques jours auparavant, la Dares publiait son dernier état des heures supplémentaires dans les entreprises de plus de 10 salariés du secteur marchand : une jolie progression de 13,7% au 3ème trimestre dernier, quand le chômage progressait encore. Prudemment, cette direction du ministère du Travail rappelaient l'effet d'aubaine, pour les entreprises, qui désormais officialisent leurs heures supplémentaires pour mieux se les faire rembourser.

A Blagnac, Sarkozy se voulait lyrique : « nous ne sommes pas condamnés au déclin, mais les recettes qui marchent, les stratégies qui réussissent, on les connaît: réhabiliter le travail, améliorer notre compétitivité, réduire nos dépenses publiques et faire en sorte que chacun puisse s'y retrouver. » Quelle générosité ! La réforme des retraites ampute le pouvoir d'achat de quelques millions de Français, préserve la feuille d'impôt de quelques milliers plus fortunés. C'est la protection version Président des Riches !

A Blagnac, Sarkozy n'avait que le travail en tête, l'occasion d'un dérapage : « Il faut qu'on réhabilite le travail et qu'on comprenne mieux que, pour que nous nous en sortions, il faut absolument que nous travaillions mieux. » Sur le travail, Sarkozy reprit son costume de 2007. Il en sortit de son texte. « Détaxation des heures supplémentaires, fin des 35 heures ... », Sarkozy prit l'air contrit, comme un dentiste contraint d'arracher une dent, « là encore, ce n'est pas une question d'idéologie.» Entendez-le mesdames, messieurs ! Il n'y a pas d'autre alternative ! « Les 35 heures, c'est pas la peine qu'on s'oppose sur cette question... si un seul autre pays au monde avait fait ce choix, nous aurions pu le faire. » Quel grand seigneur ! Sarkozy avait le même argument, l'exemple étranger en l'occurrence l'Allemagne, pour défendre le bouclier fiscal de ses amis du Premier Cercle... « On ne peut pas travailler moins dans un monde qui avance à une vitesse stupéfiante.» Sarkozy ne crut pas utile d'appeler son nouvel ami Jacques Séguela qui considérait récemment que « le salaire moyen d’un Chinois est 10 % du smic et ils sont heureux.»

Sarkozy se félicita à nouveau de la progression du taux d'emploi des 55-59 ans, 4 points de mieux depuis 2007, « enfin dans la moyenne européenne ! ». Il faudrait oublier la progression quasi-parallèle du taux de chômage des mêmes seniors. 

Sarkozy, qui se voulait pourtant « protecteur », n'eut aucune proposition contre le chômageet la précarisation de masse. Aux « souffrances » et « difficultés » nées de la crise, à la «profonde aspiration à davantage de justice », si ce n'est cette réhabilitation du travail : «qu'on laisse travailler ceux qui veulent travailler », « pas qu'on multiplie les allocations ». La protection a ses limites. Et les allocations fiscales, les niches de quelques-uns, ont toujours les faveurs du Président des Riches.

Sarkozy voulait montrer qu'il connaissait ses dossiers, comme la parité euro-dollar, trop élevée (l'eau, ça mouille, n'est-ce-pas ?). Il dénonce l'Irlande et ses impôts trop faibles (qui « ne peuvent durablement nous dire "Venez nous aider" et continuer à garder un impôt sur les bénéfices des sociétés moitié moindre »)... et il se plante. Le taux officiel de l'impôt sur les sociétés en Irlande se situent entre 12,5%, et 25%, avec une moyenne à 22,5%, soit le même niveau ... qu'en France. Sarkozy a aussi promis de réduire les déficits, qu'il a creusé de quelques 200 millions d'euros en 2009 et 2010, « quelle que soit la croissance » et, surtout, «sans augmenter les impôts. » Soucieux de protéger la fortune, le président des Riches put enfin évoquer sa fameuse réforme de la fiscalité du patrimoine : « Je suis de ceux qui pensent qu'il est plus logique de taxer les revenus du patrimoine que de taxer la détention du patrimoine. » C'est sans doute pour cette raison qu'il a quasiment supprimé ce qu'il restait de droits de succession en 2007. 

A Blagnac, Sarkozy s'était ménagé une quinzaine de minutes d'intervention « spontanée » au milieu des ouvriers d'Airbus. A hauteur d'homme, le micro bien branché mais filmé de quelques rangs derrière, un immense garde du corps derrière lui. 

A Paris, le lendemain, il s'adressait à la troisième chambre du pays, le Conseil Economique et Social. Ce machin qui ne sert à rien vient de se doter d'un nouveau président, à l'issue d'une élection sans surprise du candidat unique Jean-Paul Delevoye. Dans les rangs, une quarantaine de conseillers choisis par le Monarque lui-même. « Je suis convaincu qu'au travers du dialogue social, on peut avancer sur un certain nombre de sujets. » Sarkozy eut des propos convenus, à peine relayés. L'homme joue son nouveau rôle, quite à enfoncer « Dans ce monde en profonde mutation, la France ne tiendra son rang qu'en avançant résolument vers une intégration européenne plus poussée

Le plus grave était ailleurs. Sarkozy a raté l'occasion historique de soutenir le mouvement populaire tunisien. Il a préféré soutenir jusqu'au bout l'autocrate déchu, avant de refuser, à la dernière minute dans la soirée de vendredi, l'atterrissage (non demandé) à l'avion de l'ancien président Ben Ali.
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16 août 2009 7 16 /08 /août /2009 05:28


Nicolas Sarkozy espérait que l'actualité le laisserait tranquille. Erreur ! Le Monarque est certes resté à l'ombre des pins du Cap Nègre, s'autorisant ici ou là une baignade avec son épouse Carla, si possible quand les paparazzi mouillaient au large, ou une virée à vélo pour aller chercher des pizza au Lavandou. Mais il a dû nous faire croire qu'il était toujours sur le pont.

Tartufferie médiatique
Dès sa première semaine de vacances, on pouvait comprendre combien les vacances présidentielles seraient scénarisées: le convalescent de l'Elysée s'affichait en maillots de toutes les couleurs, bisous avec Carla en prime, sur des plages supposées hautement sécurisées. Il sortait parfois de sa villa, mal rasé et souriant, comme un vacancier échappé de son camping. Mardi, il fallait lire VOICI, l'hebdo people. La rumeur fait rage. Non content d'être prochainement grand-père, Nicolas Sarkozy réfléchirait à un nouvel enfant avec son épouse Carla... en 2011. Un an avant l'élection présidentielle, le timing serait parfait. Une grossesse, rappelons-le, dure 9 mois. Une naissance "royale" calée la veille d'une élection présidentielle serait l'aboutissement d'une mise en scène médiatico-politique pour troubler le jeu électoral. Plus tard, le Parisien a délivré l'information suprême : jeudi soir, Nicolas a fait 1h15 de vélo au Cap Nègre pour aller chercher quatre ou cinq pizza à «La Paillotte» à Pramousquier, un quartier du Lavandou, près du Cap Nègre. Nous sommes rassurés. Le Monarque va bien. Il pédale.

Autre contre-feu médiatique, un opportun article du Journal du Dimanche révélait que des parlementaires UMP réfléchissaient à revoir le niveau des niches fiscales: de la suspension du bouclier fiscal à la création d’une nouvelle tranche de l’impôt sur le revenu pour les plus aisés, voire unee réduction forfaitaire des niches fiscales, tout fut bon pour masquer l'annonce du lendemain: le déficit budgétaire de la France a triplé en un an, pour atteindre le montant faramineux de 86,6 milliards d'euros à fin juin 2009. Eric Woerth, le ministre du Budget, est venu rassurer les Français à la télévision : "c'était prévu !"

Tartufferie économique
La meilleure blague gouvernementale de la semaine est venue jeudi. Miracle ! La croissance du PIB (prononcez "pib", comme Sarkozy) est revenue au second trimestre ! Allelulia ! Même Christine "Marie-Antoinette" Lagarde s'est dite "surprise". En juin déjà, elle s'était félicitée du rebond de la consommation des ménages, oubliant que ceux-ci n'achètent donc plus que pendant les soldes. L'UMP a acclamé ce "résultat dû très largement aux effets de la politique gouvernementale de soutien à l'économie". L'UMP a tout faux. Cette bonne nouvelle a peu à voir avec le plan de relance. L'investissement a encore reculé de 1%, masquant un effondrement du secteur privé, tandis que l'investissement public progressait timidement de +0,1% grâce à 'l'énorme' plan de relance sarkozyen. Au contraire, la France résiste grâce au modèle que notre Monarque voulait détruire: ces Français "protégés" comme les dénomme habituellement l'UMP dans ses propagandes de campagne, ceux qui n'ont pas été affectés (pour l'heure) par la récession, les retraités, les chômeurs, les fonctionnaires, les allocataires de la CAF, les malades (mal) remboursés par l'assurance maladie, tous aidés par la quasi-disparition de l'inflation (-0,5% sur un an), sur laquelle le gouvernement n'a aucune influence, ont maintenu leur consommation. De surcroît, les seules mesures sociales adoptées par Nicolas Sarkozy depuis le début de la crise "officielle" en septembre dernier l'ont été sous la contrainte: en janvier dernier, la forte mobilisation sociale avait conduit Sarkozy à lâcher 2,6 milliards d'euros de soutien à la demande (comme la suppression d'un deuxième tiers de l'impôt sur le revenu pour la première tranche de ménages imposables, qui aurait, d'après Christine Lagarde, permis "d'injecter 1 milliard d'euros directement dans la consommation"). Au total, la consommation des ménages s'en tire donc toujours relativement bien (+0,3%), comme les exportations, modestement tirées par l'égale reprise de nos voisins allemands (+1,0%).

Les experts s'inquiètent surtout de l'effet "W" : après un grave ralentissement, les acteurs économiques reprennent leur souffle avant de s'effondrer de plus belle. Bref, cette reprise est un "effet d'optique", rien de plus, rien de moins. Qu'importe la vérité !. En Sarkofrance, la crise est finie, rendormez-vous braves gens ! Les 4 millions de chômeurs qui pointent au pôle emploi en sont ravis. Les salariés de Molex, NewFabris, Renault, ou Sanofi-Aventis aussi. Au second trimestre, les destructions d'emploi se sont ralenties (+74 100, versus + 140 000 au trimestre précédent). Mais elles atteignent tout de même 400 000 sur 12 mois glissants. Depuis un an, la chute de l'emploi intérimaire, plombé par la défiscalisation des heures supplémentaires mise en place en octobre 2007, est impressionnante: -32%. Côté pouvoir d'achat, le salaire de base a stagné sur un an.

Tartufferie diplomatique
L'Iran joue avec les nerfs de notre vacancier présidentiel. Samedi dernier, la dictature iranienne a montré Clotilde Reiss, jeune chercheuse française, et Nazak Afshar, une collaboratrice feanco-iranienne du service culturel de l'Ambassade de France en procès à la télévision. Personne n'était prévenu. Nazak Afshar a été libérée sous caution mardi. Elle a hypothéqué son domicile familial pour cela. La Sarkofrance est chiche même en temps de crise. La Sarkofrance paye-t-elle le prix de sa diplomatie brouillonne ? Notre Monarque a lui joué du muscle, allant jusqu'à implanter une base militaire à quelques miles des côtes iranienne ou fustiger l'élection présidentielle iranienne en juin dernier. dans le même temps, Sarkozy promet le nucléaire civil à l'Iran si ce dernier abandonne ses plans militaires. La France est de retour ! Elle a surtout agacé l'Etat perse. Obama élu, il fallait retrouver un méchant Satan. Un rôle sur mesure pour Sarkozy. Pour une fois, Nicolas n'est plus maître du casting, et ça l'agace. Lundi, il fait publier un communiqué élyséen pour prévenir les Français qu'"Il multiplie les interventions auprès de tous ceux qui peuvent exercer une influence en vue d'un règlement rapide et de sa libération". Vendredi, re-belote, l'Elysée informe le Figaro que «le président a eu des gens au téléphone mais aussi eu des entretiens avec des dirigeants de son niveau».

Mardi, Nicolas Sarkozy fait savoir qu'il réclame des sanctions contre le régime militaire birman, qui vient de condamner l'opposante Aung San Suu Kyi à 18 mois de résidence surveillée supplémentaires, histoire de la disqualifier pour les élections parlementaires prévues en 2010. Sarkozy demande que l'on cible «tout particulièrement contre les ressources dont il profite directement dans le domaine de l'exploitation du bois et des rubis». Belle arnaque médiatique. Il s'est bien gardé de parler de son ami chinois. La Chine est le premier partenaire commercial et industriel de la Birmanie.

Samedi, un homme se fait sauter devant l'ambassade de France à Nouakchott, la capitale mauritanienne. La France en Afrique n'a pas changé. La rupture sarkozyenne s'est arrêtée très vite aux discours de façade. En Mauritanie, notre Monarque fut l'un des premiers et l'un des seuls à soutenir le putsch militaire de 2008, puis l'élection présidentielle contestée de juillet dernier. La France devient cible pour les terroristes de tous poils sans avoir gagné ni honneur ni en efficacité. Bravo ! En Côte d'Ivoire, la rupture est consommée. Au Niger, le secrétaire d'Etat à la Coopération se contorsione pour éviter de contredire le dictateur local et son référendum contesté par sa propre Cour Suprême et son parlement.

Jeudi, dernière déconvenue. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a fait savoir avoir rejet la demande du président français Nicolas Sarkozy de libérer par anticipation un détenu franco-palestinien, Salah Hamouri. Après de multiples appels, le monarque français s'était décidé, quelques jours après un nouveau rejet en appel d'une demande de liberté, à demander la clémence de l'Etat israélien.

Iran, Birmanie, Israël, Afrique, l'impasse est complète.

Tartufferies ministérielles
Les ministres de Sarkofrance ont eu la vie dure cette semaine. Depuis plusieurs semaines, Eric Besson, le ministre de l'identité nationale, voulait apparaître plus gentil, plus compréhensif, faire oublier les polémiques à répétition pour discuter du délit de solidarité. Lundi dernier, il a fait réquisitionner des douches dans le Nord, devant une résurgence alarmante de la gale parmi les migrants. Ce joli scenario de compassion s'est effondré mercredi. La ligue des Droits de l'Homme puis la Défenseure des Enfants, que l'on ne soupçonnera pas d'antisarkozysme primaire, ont interpellé le ministre sur la détention d'enfants, une violation de la Convention de New York. Le ministre bafouille une réponse à la va-vite: il ne faut pas séparer les familles ! Tout le monde au centre !

Vendredi, Brice Hortefeux a dû sévir contre un préfet récidiviste. Il a suspendu de ces fonctions un préfet, Paul Girot de Langlade, de sa mission de coordinateur local des états généraux de l'Outre-mer pour la Réunion, après une plainte déposée contre lui pour des insultes à caractère raciste. Le préfet a été relaxé l'an passé pour des accusations similaires. Lundi déjà, Hortefeux a publiquement désavoué l'administration policière. Cette dernière, appliquant les consignes budgétaires du gouvernement, avait gelé il y a plusieurs semaines tout recrutement dans la police nationale, y compris pour les Cadets de la République. Hortefeux est sur tous les fronts. la veille des vacances, Sarkozy lui avait reproché sa mollesse.
Ses collègues des Finances et du Budget ne furent pas mieux lotis: Christine Lagarde et Eric Woerth durent interrompre leurs vacances pour expliquer que l'explosion des bonus bancaires ne sont pas acceptables. "Ils ne laisseront pas faire" ! Lagarde a promis "une tolérance zéro pour les excès". Les banquiers tremblent déjà. On croyait que le G20 d'il y a 4 mois déjà avait tout réglé ! Rappelez-vous les fanfaronnades présidentielles. La crise était la faute aux méchants traders et aux patrons voyous. Et voici qu'on découvre qu'aucune régulation nouvelle n'a été mise en place depuis près d'un an, et que la dizaine de milliards d'euros prêtées aux banques à l'automne par l'Etat l'a été sans aucune autre contre-partie que des intérêts financiers... La Sarkofrance préfère mettre les bonus bancaires à l'ordre du jour du prochain sommet du G20 à Pittsburg (USA) en septembre prochain. Un an jour pour jour après le déclenchement de la crise boursière. Elle aurait pu imaginer taxer lourdement ses bonus.
La grippe A s'est invitée toute la semaine. Chaque jour, de nouveaux cas, et un rappel médiatique: nous sommes prêts, les procédures sont en place. Mardi, Luc Chatel a ainsi expliqué qu'il était prêts à fermer toutes les établissements scolaires si besoin est. Deux médecins, spécialistes de virus, ont gentiment rappelé le lendemain que cela ne suffirait pas: la France est-elle prête à des centaines de milliers de morts d'ici Noël ?

Jeudi 13 août, un éditorialiste émérite du Figaro se satisfaisait de ce "bel été de Sarkozy" qui aurait validé "la pertinence de sa stratégie sur trois fronts : politique, diplomatique et économique".

Vraiment ?

Ami sarkozyste, où es-tu ?

Publié par Juan
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9 août 2009 7 09 /08 /août /2009 08:30


Nicolas Sarkozy se repose. Les seules images du Monarque complaisamment livrées aux magazines people sont des celles d'un président amaigri se baignant sur les plages du Cap Nègre. On croyait que la zone était sous embargo photographique ? Malgré ces envies de vacances "au calme", les pépins de vacances sont légions.

Les faux chantiers de la rentrée
Sarkozy s'attend à une rentrée sociale "chaude". Les chiffres du chômage sont mauvais. Point de reprise conjoncturelle. En Espagne, la saison touristique fait reculer le chômage depuis 3 mois. En France, qui est pourtant la première destination touristique européenne, l'effet saisonnier ne joue pas. Pour preuve, on constate même une forte hausse des ruptures conventionnelles de contrats à durée indéterminée: 9 200 en janvier, 12 900 en mai, et plus de 17 000 en juin. Sur un an, ces "ruptures à l'amiable" de CDI entre salariés et employeurs se sont élevées à plus de 111 000.
A la rentrée, Nicolas Sarkozy occupera le terrain médiatique avec d'autres "réformes", de belles diversions médiatico-politiques: sa loi Loppsi II ("loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure") complètera l'arsenal répressif en place avec des dispositifs de cyber-surveillance dignes de Big Brother, avec la création d'une nouvelle plate-forme de lutte contre tout type de cybercriminalité , la création d'un délit d'"usurpation d'identité sur Internet"; l'obligation faite aux FAI de bloquer l'accès aux sites interdits par les autorités, notamment pédophiles; la mise en oeuvre d'outils de géolocalisation des internautes et l'autorisation de la mise en place de logiciels mouchards sans garantie de légalité... Pour séduire les foules, le Monarque fera plancher les parlementaires sur deux autres sujets symboliques : une loi sur les moyens dédiés à satisfaire les engagements écologiques du Grenelle de l'Envirronnement, et un rapport, encore une fois rédigé avec la collaboration de Michel Rocard, sur le "Grand Emprunt". La sénateur-maire Verte de Montreuil, Dominique Voynet, a refusé l'invitation à participer à ces travaux.
Nicolas Sarkozy pense surtout à sa réélection. La rentrée sera active. En ligne de mire, les élections régionales. Pour rassembler la droite, il vient de convaincre Philippe de Villiers, l'euro-député souverainiste, de rejoindre l'énigmatique comité de liaison, présidé par Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille, qui regroupe déjà Eric Besson et Jean-Marie Bockel. D'autres débauchages sont en vue, comme la nomination au gouvernement, fin août, du radical de gauche corse Paul Giaccobi (quelle prise !). Pour séduire les écologistes et les centristes, l'agenda sera chargé à souhait de déclarations "vertes" tous azimuts : loi Grenelle 2, taxe carbone, sommet de Copenhague... Le redécoupage électoral concocté par Alain Marleix, ancien collaborateur de Charles Pasqua, est prêt. Il a soigneusement "divisé pour régner". Les circonscriptions du Parti Communiste et du Parti Radical de Gauche sont épargnées. A Paris, les deux députés écologistes Martine Billard et Yves Cochet sont sacrifiés au profit des députés socialistes et UMPistes.

Au Cap Nègre, Nicolas se baigne.

Bruno Le Maire, nouveau Darcos ?
C'est un villepiniste qui a fait la une de l'actualité cette semaine. Bruno Le Maire, ancien fidèle et directeur de cabinet de l'ancien premier ministre, devenu en quelques mois secrétaire d'Etat aux Affaires européennes puis ministre de l'Agriculture, a choqué son monde. Une métamorphose sarkozyenne réussie. Lundi, le jeune ministre a lâché qu'il allait commencer à réclamer aux producteurs de fruits et légumes quelques 500 millions d'euros de subventions indûment versées entre 1992 et 2002: "Il est certain que nous devons engager une procédure de remboursements auprès des producteurs". Bruxelles les réclame depuis 7 ans, et un décret de janvier dernier ne laisserait plus aucun choix. Depuis le 29 juillet, la France devrait payer plusieurs millions d'euros d'astreinte...
Aucun choix, vraiment ? La communauté européenne juge illégales ces subventions qui ne devaient être que temporaires. Pourquoi donc les agriculteurs, et non l'Etat français, en seraient-ils jugés responsables ? Il y a d'ailleurs fort à parier que la facture sera in fine payée par le contribuable. Bruno Le Maire avait un autre objectif: frapper les esprits. L'agriculture française devait sentir passer le boulet. Cette bombe médiatique lancée, le ministre a modéré ses propos: tout ne sera pas remboursé, pas immédiatement; une partie des sommes reste contestée, et un plan de soutien sera mis en place. Jeudi, un «premier plan immédiat» d'aides aux producteurs de fruits et légumes de 15 millions d'euros était confirmé à la FNSEA. Un représentant des producteurs du Sud-Ouest se plaint: «Le ministère ne nous a pas laissé beaucoup d'espoir». Le ministre a bien joué. Les syndicats agricoles sont tout ouïe. «Je vais être très précis: j'ai fait tout cela en plein accord avec Matignon et l'Elysée" a-t-il déclaré mercredi. On n'en doute pas. Xavier Darcos, du temps où il était à l'Education Nationale, a largement usé et abusé de cette méthode: anticiper les mauvaises nouvelles. Il n'a gagné que mépris et blocage sectoriel. Mais Darcos ne pensait pas rester à son ministère. Bruno Le Maire prépare-t-il déjà sa sortie dans un an ? Dans l'immédiat, il a dû annulé ses vacances familiales dans le Gers.

Hasard du calendrier, on apprenait que BNP-Paribas avait provisionné (et non pas versé) un milliards d'euros pour les bonus de ses traders en 2009. La crise est loin. La banque a aussi annoncé, en présentant ses résultats semestriels, qu'elle rembourserait au plus vite l'emprunt contracté auprès de l'Etat français en octobre dernier. Comme Obama vis-à-vis de Goldman Sachs il y a quelques jours, Sarkozy est impuissant. Il est loin le temps de la régulation financière. Vendredi, l'Elysée a fait savoir que le Monarque avait convoqué des représentants bancaires le 26 août pour s'expliquer sur ces fâcheux symboles et "vérifier le respect par les banques françaises des règles adoptées par le G20 de Londres, notamment en matière de rémunérations". En novembre dernier, nous nous étonnions déjà de l'absence de contrôle public sur les banques en échange du plan de sauvetage bancaire. Il aurait par exemple suffit d'exiger d'entrer au conseil d'administration des banques. C'est même une exigence légale, comme le souligne un confrère. L'hypocrisie était là. Sarkozy joue le gaucho sur les estrades, mais reste prudemment libéral dans les coulisses. Il préfère soutenir le pantouflage de ses proches, en plein exercice de son mandat.

Au Cap Nègre, Nicolas se baigne.

Sarkozy investit le Web
Cette semaine, le clan présidentiel a également fait part de ses ambitions netosphériques. Les objectifs sont connus : démultiplier la parole présidentielle, conquérir l'électorat jeune, et maîtriser le débat public. Il faut oublier les revers subis les semaines précédentes: l'affaire des sondages manipulés depuis l'Elysée a montré combien le chef de l'Etat attentif au contrôle de l'agenda public. En subventionnant une cascade de sondages, complaisamment relayés par quelques médias dociles, la Présidence de la République a orienté le débat public sur les thèmes qui lui sont chers. Pire, le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel a édicté, il y a quelques semaines, de nouvelles règles effectives à compter de début septembre, en application d'un jugement du Conseil d'Etat de janvier dernier. Contraint et forcé, le temps de parole présidentielle sera désormais décompté, au profit de l'opposition. Enfin, l'UMP est toujours à bout de souffle, incapable de reconquérir des adhérents après l'hémorragie inévitable subie au lendemain de l'élection présidentielle. Il fallait réagir.
Mercredi, le conseiller en communication de l'Elysée faisait donc part de ses projets Internet: le site présidentiel Elysee.fr doit devenir un "une source d'informations pour l'ensemble des Français" et "un média leader, qui produise de l'information". L'Elysée a toutes ses chances, tant le Web a transformé la transmission de l'information. La course au scoop, accélérée par le Web, conduit souvent les médias à relayer tout et n'importe quoi, sans recul ni contre-enquête. On informe d'abord, on réfléchit après. Sur Facebook, Sarkozy fait semblant de se confier, nous livrant ses dernières lectures (Maupassant, Flaubert, Stendhal, Zola), ou ses dernières rencontres "privées" (Woody Allen ou Bill Gates). Mais le Monarque ne cherche pas l'échange, mais le contrôle et la parole. Point de Twitter en perspective, ce réseau social de micro-blogging qui permet, en 140 caractères, de dialoguer sans censure ni contrainte.

Au Cap Nègre, Nicolas se baigne.

Estrosi hyper-actif
Christian Estrosi, le nouveau ministre de l'Industrie, ne s'épargne pas... devant les caméras. On le voit partout, au point d'agacer ses collègues. "S'il va sur le terrain à chaque fois qu'il y a un conflit violent, il va finir par être séquestré avec deux bouteilles de gaz accrochées à la ceinture" aurait déclaré Laurent Wauquiez, le secrétaire d'Etat à l'Emploi... Cette semaine, Christian Estrosi a taclé Sanofi-Aventis, qui menace de fermer 4 usines malgré de confortables profits. Il est allé rendre visite à l'un des sites menacés le 4 août. Il a aussi a promis de sauver 400 emplois aux salariés de New Fabris. Estrosi est cependant resté discret sur le conflit opposant la Région Poitou-Charentes et le gouvernement sur le financement de la future ligne ferroviaire à grande vitesse. Ségolène Royal a dénoncé un "chantage immoral": une ligne contre des financements locaux, quelle démarche curieuse ! Patrick Devedjian, le ministre de la Relance appelle cela "l'effet de levier". Chaque euro engagé par l'Etat dans le cadre du plan de relance de novembre dernier déclenche une dépense supplémentaire dans les comptes des collectivités locales... On comprend mieux comment. Estrosi n'a pas non plus dit grand chose sur l'agression d'un dirigeant de l'entreprise Molex. Les salariés de l'usine ont voté jeudi la reprise du travail. Il s'est félicité de leur "sens des responsabilité". Son collègue Hervé Novelli pourra se réjouir de l'avis du Conseil Constitutionnel sur la loi ralative au travail dominical: les "sages" n'ont censuré, jeudi 6 août, qu'une disposition: la mairie de Paris aura tout loisirs de proposer le classement de sa commune en zone touristique. Pour le reste, les «inégalités de traitement» entre salariés et entre territoires prévues dans ce texte sur l'extension des ouvertures dominicales d'activités n'ont pas été jugées anti-constitutionnelles. Les salariés des "communes touristiques" s'en souviendront quand viendra l'heure de la paye, inchangée en cas de travail dominical.

Pépin Afghan
Même au Cap Nègre, Nicolas Sarkozy n'oublie pas l'Afghanistan. Un 29ème soldat français est mort. Le 11ème en moins d'un an. Neuf soldats de l'Otan ont été tués en deux jours, la semaine dernière, dans des attaques de Talibans dans le sud et l'est de l'Afghanistan. Pendant le seul mois de juillet, quelques 75 soldats de l'Alliance sont morts. Un peu moins de 100 000 militaires ont été déployés là-bas. La position de la France se complique au Moyen Orient. La Sarkofrance est devenue une cible de choix d'Al Qaida. La polémique stérile sur le port de la Burqa n'a rien arrangé. Pour 367 Burqa recensées en France avec précision par nos services de renseignement en France, le numéro deux d'Al Qaida s'est épanché sur le Web contre la France. A l'annonce de ce 29ème décès, la présidence de la République a balancé son communiqué, pompeux et énergique: "Le chef de l’État a une nouvelle fois condamné avec force les pratiques lâches et barbares des ennemis de la paix en Afghanistan et a réaffirmé la détermination de la France à lutter, aux côtés du peuple afghan, contre l’obscurantisme et le terrorisme." On croirait entendre George W. Bush. Au moins, la France a-t-elle son strapontin à l'OTAN. Le 30 juillet dernier, un officier français s'est vu nommé au poste de Commandant suprême allié de la Transformation à Norfolk... quelle promotion !

Au Cap Nègre, Nicolas tente d'oublier ces pépins de vacances. Il se baigne, et soigne sa popularité renaissante de Monarque convalescent.

Ami sarkozyste, où es-tu ?

Publié par Juan
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2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 08:09

 

 
 


Pour sa 117ème semaine à l'Elysée, Nicolas Sarkozy a découvert que le travail pouvait être mauvais pour la santé. Situation cocasse pour le chantre du "Travailler plus"! Dimanche dernier, la France s'est arrêtée de respirer, l'espace de quelques heures. Le Monarque avait flanché lors d'un jogging dans les bois du Chateau de Versailles. On nous a expliqué qu'il était "surmené".

Le travail peut nuire à la santé
Frédéric Lefebvre n'a pas conseillé à Nicolas Sarkozy de travailler pendant son arrêt maladie. Le prolixe porte-parole de l'UMP, qui a perdu son mandat de député il y a peu, avait suggéré d'autoriser les salariés en congés pour maladie à poursuivre leur activité à domicile. L'idée avait été rapidement retoquée. Pour Nicolas Sarkozy, son "coup de pompe" à Versailles lui a valu un transport express en hélicoptère à l'hôpital militaire du Val de Grâce, 24 heures d'examens médicaux intensifs et l'annulation totale de tous ces déplacements et réunions prévus lundi et mardi. On a peine à croire que l'accident fut bénin. Les proches du président ont eu peur. Mais du malaise au martyr, il n'y eut qu'un pas, aisément franchi. La communication élyséenne a été réactive, opaque et schizophrène. Réactive car dès 15 heures et quelques minutes, un communiqué laconique de l'Elysée informait la France du malaise présidentiel; opaque car l'Elysée n'a fourni que le lendemain de premières explications ("un malaise lipothymique"). Schizophrène, car les services présidentiels ont tenté de concilier l'assurance que le malaise était bien bénin malgré la surenchère de moyens médicaux et de précautions déployés.

Surtout, l'Elysée a habilement retourné cet accident. On a vendu l'image d'un président "surmené", "éprouvé" par une année chargée et son "activisme" légendaire. Le "story-telling" est à l'oeuvre. Dimanche soir, l'Elysée innove: peu avant les journaux radio-télévisés de 20 heures, Franck Louvrier, le conseiller en communication du Président a transmis aux médias le "prêt-à-raconter" des évènements de la journée. Tout ça pour un coup de chaleur lors d'un jogging par 30 degrés à l'ombre !

Quoiqu'il en soit, le mythe du président hyper-actif qui dompte les éléments, y compris sa propre santé physique, a vécu. Nicolas Sarkozy doit maintenant trouver comment positiver la réalité de son âge, et l'abandon du mythe du président "jeune", "sportif". Il a 54 ans, point barre. Vendredi, on a même appris qu'il allait devenir grand-père. "Papi" a même reçu 4000 boîtes de chocolats à l'Elysée d'admirateurs transis d'inquiétude.. Comme sur les terrains politique et économique, la réalité reste le pire ennemi de la communication sarkozyenne.

Les ministres ne chôment pas
Profitant de cette absence présidentielle inattendue, les ministres n'ont pas chômé. Mardi, Christine Lagarde a dressé un rapide bilan de sa Loi de Modernisation de l'Economie, votée il y a un an. A l'entendre, la France n'est plus en crise: 182 000 auto-entrepreneurs, des créations d’entreprise en hausse de 60 %, la "résistance" de la consommation des ménages, etc... Elle se félicite même d'une baisse de l'inflation, les prix des produits de grande consommation ayant baissé de 0,65 % depuis décembre 2008 . la ministre oublie sans doute que la crise a failli nous faire tomber en déflation, et qu'une mesure récente, la baisse de la TVA sur la restauration, n'a toujours pas produit d'effet concluant dans nos assiettes... Anachronique comme toujours, Mme Lagarde s'est aussi réjouie des 23 813 opérations de soldes "libres" organisées depuis un an. Les commerçants indépendants ne l'entendent pas de cette oreille, fustigeant l'échec des soldes d'été, qui se sont clôturées mardi: étaler les soldes tout au long de l'année détruit les marges et n'a jamais augmenté le pouvoir d'achat.

La ministre a pu également commenté les fausses bonnes nouvelles du chômage : 33 000 chômeurs ne se sont pas réinscrits à pôle emploi. Le nombre total de demandeurs d’emploi, toutes catégories confondus, a encore progressé, pour atteindre 3.634.800 personnes (+18,7% sur un an, et + 9000 personnes par rapport à mai 2009). Son collègue du ministère du Travail, Xavier Darcos, est franchement pessimiste pour la fin de l'année. Les 650 000 chômeurs suppléme,taires seront dépassés. Ce triste constat s'est complété d'une annonce de l'iNSEE: en France, on dénombre 8 millions de pauvres, soit 13% des ménages français. Entre 2004 et 2007, plus de 500 000 personnes sont tombés sous le seuil de pauvreté. C'est l’un des bilans de la droite classique au pouvoir depuis 2002. Le taux de pauvreté remonte depuis ... 2003. Bizarrement, Nicolas Sarkozy a reporté sine die son grand chantier sur le partage des richesses.

Mercredi, on parlait démantellement des services publics. Christian Estrosi a défendu la réforme de la Poste, un changement de statut qui prépare l'ouverture du capital, et, sans doute, la privatisation à terme de l'établissement public. Le gouvernement tente de rassurer une opinion plus que réticente. Rien n'y fait. Surtout, il se garde bien de rendre possible l'organisation d'un référendum d'initiative parlementaire et populaire. Cette possibilité, l'une des rares mesures démocratiques de la réforme constitutionnelle de juillet 2008, n'a toujours pas été traduite, un an après, dans une loi organique.

Alain Marleix, le discret secrétaire d'Etat à l'Intérieur, a dû présenter la future carte électorale, mercredi en conseil des ministres. Le Conseil d'Etat lui a donné raison sur l'essentiel. Au total, 33 circonscriptions seront supprimées, dont 18 actuellement tenues par la gauche. Et les Français de l'étranger, qui ont toujours voté majoritairement à droite à chaque élection présidentielle depuis 1965, héritent de 11 députés. La gauche crie au scandale.

Mercredi encore, l'attention s'est aussi portée sur la taxe carbone: Michel Rocard rendait sa copie, le rapport d'une commission d'experts sur cette contribution "Climat-Energie". L'unanimité est de façade sur le bel objectif de réduire la pollution générée par la consommation d'énergies fossiles. A y regarder de plus près, les divergences sont nombreuses. A droite, certains se préparent à vider de son sens cette proposition inédite. On critique son niveau (32 euros par tonne de CO2), on évite la question sociale, on laisse les lobbies industriels s'indigner. A gauche, on s'inquiète donc que cette taxe ne tienne pas compte des revenus les plus modestes. Borloo l'a promis, mais Christine Lagarde - encore elle - a refusé d'entériner une compensation intégrale, se contentant de promettre que le niveau général des prélèvements obligatoires en France ne sera pas augmenté. Les écologistes souhaitent que l'électricité soit également taxée, au motif que chaque surconsommation d'électricité conduit EDF à puiser dans ses centrales à charbon pour faire face à la demande, et que l'énergie nucléaire est sous-tarifée en France.

Les casseroles de Sarkofrance
L'ampleur médiatique donnée au malaise "lipothymique" du président a permis de cacher certaines casseroles de Sarkofrance. Ces derniers jours furent pourtant riches en révélations. On n'avait d'abord pas fini de commenter l'affaire des sondages manipulés par la Présidence de la République. Divers articles ont toutefois détaillé l'importance de la manipulation, reprenant un à un les différents sondages publiés l'an passé, aux questions complaisantes et à l'agenda sarko-compatible. Depuis deux ans, les Français sont abreuvés de sondages dont les questions, pour une soixantaine d'entre eux d'après la Cour des Comptes, ont été financées par l'Elysée. Voici comment le chef de l'Etat manipule le débat public.

Mardi soir, un court article du Monde révélait que Patrick Buisson, le consultant à 1,5 millions d'euros de l'Elysée et par ailleurs directeur d'une petite chaîne thématique (Histoire), avait convaincu le ministère de la Culture d'acheter certaines de ses émissions et de parrainer sa chaîne à 3 reprises entre 2008 et 2009, le tout pour 270 000 euros. Pour une chaîne qui culmine à quelques dizaines de milliers de téléspectateurs en part d'audience moyenne, cela fait cher l'achat d'espace publicitaire pour une mention aux génériques !

Jeudi, les deux dirigeants d'Opinion Way ont répondu aux attaques des précédents jours dans "l'affaire des sondages de l'Elysée" : il y a 15 jours, la Cour des Comptes révélait dans un rapport sur les dépenses de l'Elysée qu'un cabinet de conseil (depuis identifié comme étant Publifact, créé et géré par Patrick Buisson), avait déboursé pour le compte de la Présidence de la République 392 000 euros au titre des baromètres mensuels "Politoscope" réalisés par OpinionWay. Hugues Cazenave et Denis Pingaud, président et vice-président dudit institut, ont expliqué jeudi que l'Elysée était un client marginal (3% du chiffre d'affaires de leur entreprise), et que leurs sondages n'étaient pas "trafiqués". Ils ont surtout soigneusement évité de répondre aux questions qui fâchent : est-il normal, et moral, d'avoir caché que l'Elysée finançait une soixantaine de sondages publics (dont les trente "Politoscopes" réalisés par Opinion Way) ? Est-il normal, et moral, que l'Elysée manipule ainsi le débat public ? Reste que les deux sondeurs confirment une information embarrassante pour Sarkozy: Publifact refacturait leurs sondages à l'Elysée environ le double du montant payé à Opinion Way.

La semaine dernière, les médias français ont aussi négligé une belle information : le nouveau premier ministre bulgare a accusé son prédécesseur d'avoir payé 72 millions de dollars pour libérer les infirmières bulgares en juillet 2007. A l'époque, Cécilia Sarkozy était allée les chercher en Libye pour les ramener en Bulgarie, tandis que son mari Nicolas célébrait ce succès diplomatique. Quelques mois plus tard, il avait fallu accueillir en grandes pompes le colonel Khadafi à Paris, un jour de décembre 2007, et lui promettre une centrale nucléaire en dédommagement. On apprend donc maintenant que le leader libyen aurait également touché plusieurs dizaines de millions d'euros. Voici qui écorne sérieusement le mythe du talent diplomatique de l'hyper-président !

Mercredi, autre affaire: l'Elysée cherche à faire annuler une décision de justice qui constitue une fâcheuse jurisprudence. Depuis septembre 2008, Nicolas Sarkozy était partie civile contre des présumés pirates de son compte bancaire. Le tribunal de grande instance de Nanterre a déclaré les accusés coupables, sauf pour les comptes présidentiels: le TGI a en effet décidé de «surseoir à statuer» sur cette plainte, en argumentant noir sur blanc que le jugement ne serait pas "équitable" : il y aurait, selon la juge de Nanterre, "atteinte au principe de l’égalité des armes" : primo, l’article 67 de la nouvelle Constitution accorde une totale immunité au Président de la République, et, deuxio, ce dernier est "juge et partie" car il préside le Conseil Supérieur de la Magistrature qui décide de la carrière des juges. Selon Libération, L'Elysée cherche à faire annuler cette décision. En septembre, se profile le procès Clearstream. Sarkozy n'a pas envie que les juges s'appuient sur cette décision pour s'abstenir de se prononcer...

Le lendemain, le site Mediapart révèle qu'un proche du chef de l'Etat n'aurait pas été inquiété par la justice malgré des menaces de mort proférées à l'encontre du présumé coupable de violences contre l'un de ses collaborateurs. Robert F. Agostinelli - c'est son nom - est cet ami qui a accueilli Nicolas Sarkozy dans sa demeure de Wolfeboro, dans le Massachusetts aux Etats Unis, pour ses premières vacances de président en août 2007.

Il est vraiment temps de partir en vacances. Nicolas Sarkozy s'est donc envolé, dès mercredi. Trois semaines de repos au Cap Nègre, où il espère ne pas être dérangé par une nouvelle crise internationale, une explosion de grippe A ou des salariés licenciés menaçant de faire sauter leur outil de travail. Mais au Cap Nègre, il retrouvera d'encombrants riverains, et leur problème de tout-à-l'égoux que la copropriété ne veut pas financer... Petite consolation, le nouveau préfet, nommé grâce à la mutation express de son prédécesseur le 5 juin dernier, sera peut être plus conciliant.

Ami sarkozyste, où pars-tu en vacances ?

Publié par Juan
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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 10:20



Les parlementaires partent en vacances. La session s'achève. Pour Nicolas Sarkozy, les congés démarrent mercredi. Il peut partir tranquille au Cap-Nègre, dans la résidence de sa belle-famille. Malgré d'apparentes difficultés, il est parvenu à parfaire son nouveau régime: majorité UMP, sondages, communication, tout est sous contrôle, et le peuple est silencieux.

Les godillots du Parlement

Ces dernières semaines, Nicolas Sarkozy a dû maintenir la pression sur son camp. Cette seconde année parlementaire depuis l'élection présidentielle a été parfois rude. Une partie de la majorité du 6 mai n'y croit plus, mais suit faute d'alternative ou par crainte de représailles politiques. A l'automne, Sarkozy a échoué à faire sauter l'obligation de 20% de logements sociaux par commune. Des voix UMP se sont aussi faites entendre contre le travail dominical, au point de repousser de 6 mois son examen. Des sénateurs centristes ont réclamé davantage de justice fiscale alors que le chômage s'envolait. HADOPI a frisé le fiasco. La loi de programmation militaire 2009-2014, finalement adoptée, a jeté le trouble, avec son extension du secret-défense.

Grâce aux élections européennes, le président français a pu reprendre la main. Lors de cette courte session exceptionnelle, du 1er au 24 juillet, nombre de textes symboliques ou inutiles ont été adoptés. La communication politique a envahi les textes de lois. Côté "rupture", les députés-godillots ont rendu les fonctionnaires plus "mobiles" (on pourra les muter où on veut) et "licenciables" après trois refus de propositions de reclassement. Ils ont également voté le rattachement de la gendarmerie au ministère de l'Intérieur. La centralisation des moyens de sécurité, de renseignement et de contrôle est un élément essentiel du dispositif sarkozyen.

Côté communication, le "Grenelle 1" est le plus beau des symboles: une loi d'orientation sur les priorités écologiques de la France, épaisse de 57 articles, qui n'engage à rien mais promet tout. Il a déjà fallu ... plus d'un an pour l'adopter. Le premier texte avait été déposé en juin 2008. L'Etat "favorisera", "incitera", "prévoira". C'est "l'urgence écologique", rappelée en préambule, mais on ne parle ni contrainte, ni financement. Ceux-là peuvent attendre. Même la taxe carbone, une promesse présidentielle depuis 2007, n'y figure pas. Un exemple ? La loi instaure le principe d'une taxe sur le transport routier pour ... 2011, et sans en préciser les modalités, comme s'en est inquiété France Nature Environnement. Sarkozy fait traîner le débat écologique. Il lui permet d'occuper le terrain.

Second symbole, le travail dominical. Nicolas Sarkozy n'est plus à l'écoute de sa majorité. Il veut qu'elle obéisse. Cette semaine, la pression a donc été forte sur les sénateurs centristes et UMP pour qu'ils votent sans broncher ce dernier vestige de la promesse du "travailler plus". Le texte a été adopté, "en l'état", avec 6 misérables voix de majorité. Mardi, le président a aussi rappelé aux dirigeants UMP qu'il voulait un mode de scrutin à un tour pour les futurs conseillers territoriaux. Cette réforme est pour septembre. Elle lui permettra de reprendre le contrôle politique des collectivités locales, majoritairement détenues par la gauche. Ces futurs conseillers siègeront à la fois dans les départements et les régions. Sarkozy prône la prime au leader: un scrutin proportionnel pour les zones urbaines, et un scrutin uninominal en zone rurale. Pour une UMP "majoritaire à 28% des voix", qui n'a plus aucun réservoir de suffrages au second tour de n'importe quelle élection nationale, le scrutin à un tour est évidemment une excellente nouvelle. Et pour affaiblir le parti socialiste, plus affecté par la concurrence centriste ou écologiste dans les grandes villes, un scrutin proportionnel est idéal. La manipulation des sondages ne suffit pas. Il la faut également électorale.

Gabegie monarchique ?
Les monarques modestes et économes n'existent pas. Nicolas Sarkozy est un bel exemple. On louera la transparence (relative) qu'il s'est imposé à l'Elysée en laissant la Cour des Comptes auditer ses frais élyséens. Mais c'est pour mieux pour nier à quiconque tout droit à la critique. Cette transparence lui permet de s'afficher en chevalier blanc de la "rupture", contre ses prédécesseurs. Par un laconique "c'était pire avant", une assertion impossible à prouver, Sarko repousse la contestation de ses propres pratiques. La polémique sur les dépenses de l'Elysée s'est ainsi rapidement éteinte. Pourtant, il y avait de quoi discuter. D'après la Cour des Comptes, l'Elysée ne sait pas ce qu'est un appel d'offre. Le code des marchés publics est quasi-systématiquement violé; les frais de déplacements explosent; chaque voyage privé du Président nécessite un accompagnement sécuritaire coûteux, et le Monarque a même dû rembourser 14 000 euros (près de 100 000 francs) de dépenses personnelles injustement payées sur les denirs publics. Mercredi, le magazine Auto Plus se régalait de quelques exemples de dépenses automobiles apparamment injustifiées dans certaines administrations. Même Brice Hortefeux est visé. Son ministère lui aurait acheté deux voitures à 50 000 euros pièce, ce qu'il dément. Jeudi, le Monarque a encore utilisé un jet présidentiel, cette fois-ci pour aller regarder le Tour de France l'espace d'une après midi. Au micro de France 2, il s'est réjoui des performances de Lance Amstrong, un "exemple" dans la lutte contre le cancer. Il a joué de la grosse voix contre le dopage. Il souriait. Le Tour de France, c'est populaire.

Nicolas Sarkozy est très à l'écoute de l'opinion. Trop peut être. Il avait surtout besoin de s'assurer la maîtrise du débat politique. Le matraquage sondagier que les Français subissent depuis deux ans sert à ça. A l'Elysée, un conseiller occulte était rémunéré 1,5 millions euros pour ce boulot. Le schéma est simple et imparable : Patrick Buisson suggère les questions, l'Elysée paye l'enquête, OpinionWay la réalise, le Figaro la publie. La polémique a duré quelques jours en fin de semaine dernière. Qu'importe si ces sondages, quand ils portaient sur des élections proches, étaient carrément illégaux... Mercredi, quelle surprise d'apprendre que François Fillon aussi utilise un cabinet privé. Paul Giacometti, un ancien d'IPSOS, facture un peu moins, 358000 euros, pour des prestations qui peu ou prou sont déjà assurées par le Service d'Information du Gouvernement de Thierry Saussez, pour 25 millions d'euros par an. Rien n'est trop beau en Sarkofrance ! Philippe Cohen et Daniel Bernard démontent cette "affaire d'Etat" dans l'édition de Marianne du 25 juillet. Le budget que l'Elysée dédie à son entreprise de communication est faramineux : 25 millions pour le SIG (dont 3 millions de sondages), 100 millions de publicités gouvernementales, 284 millions d'aides à la presse, 3 millions pour les WebTV.

Rachida Dati a créé son propre cabinet, «La Bourdonnais Consultants» , immatriculé le 20 juillet 2009 à Paris, et logé dans le riche 16ème arrondissement de Paris. Son objet social est vaste («En France et dans tous les pays, le conseil en stratégie, la réalisation d’études, la participation et l’organisation de colloques et de conférences»)... Elle a raison, c'est visiblement un marché en croissance...

Monarque silencieux ?
L'optimisme reste de rigueur chez les chargés de communication du gouvernement. Christine Lagarde s'est ainsi félicité du regain de consommation des ménages en juin. Quelques journalistes lui ont rappelé que c'était la période des soldes. Depuis septembre, les Français ne consomment plus que pendant les soldes. Faut-il vraiment se réjouir ? D'autres grincheux ont bien voulu l'interroger sur l'échec de la baisse de la TVA sur la restauration (coût : 2,5 milliards d'euros par an). Trois semaines après l'entrée en vigueur, les prix baissent rarement, les restaurants n'embauchent pas davantage. "Il faut laisser du temps au temps" répond-elle le sourire crispé.
Le secrétaire d'Etat aux PME, Hervé Novelli, était tout aussi souriant. Déjà 182 000 Français sont devenus auto-entrepreneurs depuis la mise en place du dispositif en janvier dernier. Grâce à ce statut, on bénéficie d'une forfaitisation des impôts et cotisations sociales sur la base du chiffre d'affaires effectivement réalisé. On ne connaît pas aujourd'hui quel est l'impact économique de ces micro-créations. Le pôle emploi est lui engorgé. Le nombre de chômeurs enregistrés dépasse les 3,65 millions. Mais Laurent Wauquiez est content : pôle emploi a annoncé mercredi qu'il confierait quelques 320 000 chômeurs à des prestataires privés, un bonne nouvelle pour Addeco, l'entreprise d'intérim frappée par la crise depuis 15 mois, qui fait partie des heureux élus. Ces sociétés auront une obligation de résultat. Elles seront rémunérées, jusqu'à 3500 euros par emploi retrouvé. Faut-il s'en réjouir ? l'objectif affiché est de leur confier 150.000 licenciés économiques, bénéficiant essentiellement d'une convention de reclassement personnalisé. Premier problème: si moins de 10 000 licenciés bénéficient d'un tel soutien depuis janvier, où vont-ils trouver les 140 000 autres ? Le solde, soit 170 000 chômeurs, seront de "longue durée". Pour ceux-là, comment s'appliqueront les contraintes de l'offre raisonnable d'emploi ? Les chômeurs ainsi confiés au privé seront-ils également sanctionnés après deux refus "déraisonnables" ?

Jeudi, Laurent Wauquiez est allé dans Calvados signer sa "première convention d'activité partielle" avec une entreprise nationale: 92% du salaire versé et formation pour les employés en chômage partiel. Au total, le gouvernement espère en signer une vingtaine, pour un coût annuel de 150 millions d'euros portés par l'UNEDIC. Une goutte d'eau : de février à mars, plus de 200 plans sociaux ont été recensés chaque mois par le Ministère de l'Emploi, du jamais vu depuis 20 ans.

On n'a pas entendu le gouvernement commenter bien longuement les explosions de colère qui pullulent en Sarkofrance parmi les salariés licenciés. La semaine fut pourtant riche en gronde sociale : séquestration de dirigeants (chez Michelin ; chez SKF; à Roissy), menaces "à la bombone de gaz" (chez les cadres de Nortel de Châteaufort; à New Fabris à Chatellerault; et chez JLG à Tonneins), ou destruction de matériels de la part de licenciés excédés. François Fillon a préféré tacler le militaire irresponsable qui a déclenché accidentellement les incendies de garrigue aux abords de Marseille. Le premier ministre est resté également discret sur les mauvais chiffres de la délinquance, publiés opportunément en pleine semaine du 14 juillet. Les violences aux personnes ont encore augmenté. Elles n'ont "jamais été aussi nombreuses" depuis ... 1996 ! Sur un an, entre juin 2008 et juin 2009, la délinquance progresse partout : vols avec violences, +12,84%; violences aux personnes, +5,35% ; violences gratuites, +3,15% et infractions économiques et financières, +1,69%.

Nicolas Sarkozy aura d'autres raisons d'être silencieux. Mardi, la nouvelle est tombée: suite à l'arrêt du Conseil d'Etat en avril dernier, qui imposait la mise en place d'un décompte du temps de parole présidentiel, le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel a publié une nouvelle règle. A compter du 1er septembre, "les temps d’intervention de l’opposition parlementaire ne pourront être inférieurs à la moitié des temps de parole cumulés du chef de l’Etat et de la majorité présidentielle. Ils seront automatiquement augmentés avec la prise en compte des interventions du Président de la République et de ses collaborateurs." Catastrophe ! Henri Guaino et Claude Guéant devront s'épargner quelques émissions de radio et télévision...

Cette semaine, une autre figure de la Sarkofrance a perdu sa langue. Frédéric Lefebvre, député-suppléant, a perdu son mandat de ... député. Il attend le strapontin ministériel que lui a promis Sarkozy, mais ... "personne ne veut de Frédéric Lefebvre dans les ministères", a confié un conseiller du gouvernement. Le délai de trente jours depuis le remaniement ministériel de juin est expiré. Le titulaire du mandat, André Santini, a repris sa place.

La vie est dure.

Ami sarkozyste, où es-tu ?


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19 juillet 2009 7 19 /07 /juillet /2009 08:41

 

 

 Cette semaine de fête nationale a été une illustration parfaite de l'état de délabrement démocratique de la monocratie française: l'occasion pour notre monarque élu de flatter nos armées et d'offrir un concert à son bon peuple. L'occasion aussi pour certains médias de faire un peu de "lèche-majesté".

Chômeurs aussi le dimanche ?
Mercredi 15 juillet, la loi sur le travail dominical a été adoptée par l'Assemblée Nationale dans l'après midi. Quelques 68 récalcitrants de l'UMP et du Nouveau Centre ont refusé de voter en faveur du texte. D'aucuns le qualifient d'usine à gaz. La loi, qui reste à être validée par le Sénat puis, sans doute, par le Conseil Constitutionnel, prévoit donc deux catégories de zones : les communes touristiques, dans lesquelles tous les commerces pourront ouvrir le dimanche, ans contrepartie légale pour les salariés. Et les "PUCES", des "périmètres d'usage de consommation exceptionnel", dans lesquels les salariés devront être volontaires ET rémunérés à double tarif par rapport à un jour de semaine. Deux poids, deux mesures. A Périgueux, certains ont la gueule de bois. Xavier Darcos, alors maire, avait obtenu en 2007 le statut de commune touristique. Aujourd'hui, la ville découvre les dégats. Le président d'une association de commerçants dénonce l'imposture : "Ouvrir les grandes surfaces le dimanche, ce serait transformer le commerce du centre-ville en musée."

Avant ce vote, les députés avaient pris soin de préserver leur week-end de 4 jours, à l'occasion du 14 juillet. Le spectacle en valait la chandelle. Cette loi n'est qu'une diversion, certes pénible, un simple symbole que le Monarque souhaite jeter en pâture à l'opinion pour prouver son engagement en faveur du travail.

La presse-godillot
Fête nationale oblige, l'über-président a eu droit aux faveurs des médias cette semaine. On se serait cru sous l'ORTF ou dans une ex-république soviétique: lundi soir, France 5 diffusait un portrait documentaire servile. Ses deux journalistes-godillots, Christian Malard et Bernard Vaillot ont accumulé les témoignages flatteurs à l'égard du Monarque (à l'exception d'un éditorialiste du Herald Tribune interrogé une poignée de secondes), occulté les sujets qui fâchent (comme l'insécurité, l'immigration ou le "travailler plus"), carressé l'ego du monarque en lui souhaitant un second mandat. Les questions sont complaisantes à souhait: "D'où vous vient cette énergie permanente ?" Nicolas II ne craint plus la critique. Elle a disparu. Quand ces deux (laquais) auteurs abordent le Pakistan, à propos de la prolifération nucléaire, pas une question dérangeante sur cette histoire de commissions occultes supposées perçues par le camp Balladurien pour la campagne présidentielle de 1995. Quand ils rappellent la présence de Sarkozy aux obsèques de Bongo, ils oublient les sifflets de la foule. Triste symbole, pour un entretien d'à peine trente minutes avec Sarkozy, et de surcroît enregistré, Christian Malard avait une oreillette bien apparente. Craignait-il d'oublier les consignes ? Même le Figaro s'est offusqué d'une telle complaisance !

Le lendemain, TF1 servait également le couvert: Jean-Claude Narcy visitait l'Elysée en compagnie de Carla Bruni-Sarkozy. Retransmise en direct par les chaînes d'information, la Garden Party fut "sobre". Après les fastes de l'année précédente, à peine 5000 convives, dont 250 journalistes, ont été invités. Un journaliste de BFM-TV eut l'outre-cuidance de souligner que les buffets étaient quand même "très bien garnis." Dans la soirée, Nicolas Sarkozy a eu les honneurs de France 2. A nouveau, on ne dérange pas le monarque. Il parle armée et fierté nationale, devant Michel Drucker dans le cadre de l'émission "Voyage au cœur de l'armée de Terre". La saga continue.

Nicolas II, chef des armées
Mardi, les hélicoptères français ont survolé les Champs-Elysées au son de la «Chevauchée des Walkyries» de Richard Wagner, un clin d'oeil au film "Apocalypse Now". Avec l'Afghanistan, Nicolas Sarkozy a-t-il trouvé son Vietnam ? Un peu plus tard, en direct de l'Elysée, Nicolas Sarkozy prend l'air sérieux pour expliquer d'une phrase qu'"Il y aura moins d'hommes mais mieux armés." La Grande Muette avait dû accepter une réduction de 54 000 postes d'ici 2012, et une réforme de la carte militaire avec la création de 70 bases militaires inter-armées. Et le chef d'état-major de l'Armée de terre avait dû démissionner après les accusations d'amateurisme proférées par Sarkozy suite au drame de Carcassonne (où un soldat du 3e régiment parachutiste d'infanterie de marine avait blessé par erreur 17 civils lors d'une démonstration). Aujourd'hui, le temps est à l'apaisement. "Les Français doivent savoir qu'ils sont en sécurité parce que nous avons une des meilleures armées du monde" rappelle Nicolas Sarkozy.

L'armée est effectivement soutenue. Bientôt, elle n'aura vraiment rien à craindre pour ses secrets, qui sont souvent également ceux des classes dirigeantes du moment. Les nouvelles dispositions de la loi de programmation militaire 2009-2014 sur le secret défense, examinées cette semaine au Sénat, lui garantissent une belle protection: les magistrats trop curieux devront demander l'autorisation au Parquet pour perquisitionner tout lieu sensible "abritant un secret de la Défense Nationale". Ainsi, concernant l'affaire du "Karachigate", Hervé Morin a promis aux juges d'instruction d'ouvrir l'accès aux archives de la Défense ... en septembre prochain. D'après Rue89, les cabinets ministériels sont pris d'une soudaine frénésie de rangement. Surpris ?

Les fastes du Monarque
On ne saura que plus tard, bien plus tard, combien a vraiment coûté l'obscène concert de Johnny Halliday aux pieds de la Tour Eiffel mardi 14 juillet. La presse fait état de quelques 1,9 millions d'euros, sans compter les 600 000 euros de rénovation des pelouses. Le contribuable est là pour payer ce concert "gratuit" offert à 700 000 franciliens. Question argent, l'Elysée n'est pas très regardant. La Cour des Comptes vient de livrer son premier rapport sur les dépenses du monarque. Rendons à César ce qui est à Nicolas. C'est la première fois qu'un tel exercice est rendu possible. Les conclusions de l'analyse de l'exercice 2008 ne sont pas fameuses: frais de voyages excessifs, absence d'appel d'offres, frais d'études inutiles, etc... Citons quelques exemples : Nicolas Sarkozy et ses proches nous ont expliqué combien le Monarque prenait soin de se déplacer en vols réguliers pour ses voyages privés, comme ce week-end à New York. Ces déplacements sont fréquents. Sarkozy, rappelons-le, prend beaucoup de vacances aux quatre coins du globe. Mais la Cour des Comptes nous confirme enfin ce que nous savions déjà: à chaque fois, le président est suivi par une équipe de sécurité dont le transport parallèle annule complètement le bénéfice d'un vol civil. Samedi dernier, Nicolas Sarkozy a à nouveau (ab)usé d'un jet présidentiel pour faire un saut à Royan. Deux heures sur place pour un dîner familial, un aller et retour aux frais de la République. Jeudi soir, il s'envolait pour New York, un voyage privé pour Carla qui participe à un concert en l'honneur de Nelson Mandela samedi soir. L'Elysée n'est pas non plus très regardante sur les procédures d'appel d'offre. Rares sont ses fournisseurs mis en concurrence. Même pour un évènement ponctuel comme la Garden Party du 14 juillet 2008, les services de la Présidence ont réussi le tour de force de retenir le prestataire historique... qui était aussi le plus cher !

La vraie révélation de ce rapport est ailleurs: un heureux cabinet d'étude, dont l'identité n'est pas révélée par le rapport, s'est vu octroyé, sans appel d'offre, une prestation de conseil de 1,5 millions d'euros. Sa convention signée avec l'Elysée tient en une page, et la mission est très succinctement rédigée: il "sera chargé de juger de l'opportunité, dans le temps et dans les thèmes, des sondages ou études d'opinion dont il confiera l'execution aux instituts spécialisés de son choix, sur la base d'une facturation ponctuelle incluant la rémunération par (ledit cabinet) de ses sous-traitants techniques." (cf. page 11 du rapport). En 2008, quelques 392 000 euros ont ete facturés pour des sondages finalement librement consultables dans la presse et réalisé par l'institut OpinionWay. Et d'autres études ont également fait l'objet de publications partielles dans la presse. En résumé, on apprend donc simplement que l'Elysée, de façon anonyme, (1) finance et (2) manipule des sondages relayés ensuite par les médias (Figaro, LCI, etc). OpinionWay, directement visé par les accusations de la Cour des Comptes, nie tout financement de l'Elysée. La société des rédacteurs du Figaro se rebelle, et réclame à son patron de sénateur UMP de "mettre immédiatement un terme" à la publication dans le quotidien de sondages Opinion Way. Marianne2 suggère une hypothèse sur l'identité du sulfureux conseiller de l'ombre: Patrick Buisson, ex-directeur de la chaîne Histoire, reconnu par Nicolas Sarkozy comme l'un de ses proches conseillers d'opinion il y a deux ans déjà. La monocratie est en marche !

La réalité est donc moins rose pour qui s'y intéresse vraiment. Certains lèchent, sans vergogne. D'autres lèsent, sans souci.

Ami sarkozyste, où es-tu ?

Nicolas, lui, est parti avec Carla. A New York, pour un long week-end de 4 jours. Il paraît qu'il travaille.


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12 juillet 2009 7 12 /07 /juillet /2009 05:52


Quand Nicolas Sarkozy parle du G8, il se veut pédagogue. Un exercice difficile puisque le sommet du G8 fut, concrètement, un échec complet, un exercice de communication qui tourna à la farce. Cette semaine, la 114ème depuis l'élection présidentielle de 2007, Nicolas parle, parle et parle.

On l'entend, mais qui l'écoute ?

Rocard à la soupe
Lundi, Nicolas Sarkozy a jeté sa dernière petite bombe dans la marre médiatique: un communiqué de la Présidence informe que le Monarque nomme Rocard et Juppé pour animer le spectacle du moment - réfléchir aux priorités du futur emprunt national. Michel Rocard est tout sourire. Il s'est même permis de publier une tribune surprenante dans Le Monde pour dénoncer le silence général de la classe politique sur la précarisation du travail, accélérée par la crise. Et il la conclue d'une phrase lapidaire: "En votant partout conservateur, pour les forces qui nous ont amenés à la crise, les électeurs ont montré leur attachement au modèle du capitalisme financiarisé." Voulait-il se faire pardonner sa collusion temporaire avec l'hôte de l'Elysée ? Tout le monde sait que l'emprunt populaire n'est qu'une opération de communication. Nicolas Sarkozy ne s'en cache pas. Michel Rocard participe à cet habillage de l'endettement. Jeudi, la commission des Finances du Sénat s'inquiétait de la progression de la dette publique : de 40% du PIB il y a 20 ans, elle dépasse les 80% cette année, et atteindra les 100% du PIB en 2012.

A quoi sert Michel Rocard ? A communiquer.

Non content de "troubler" le jeu politique et d'occuper les médias avec cette double nomination, Nicolas Sarkozy nous gratifia d'une avalanche de communiqués lénifiants sur le compte-rendu de sa rencontre de quelques heures avec Gordon Brown: "le réchauffement de la planète", c'est mal, mais l'énergie nucléaire, c'est "important"; "les retours forcés d'immigrés clandestins", c'est bien; il faudrait une "ambition industrielle européenne"; il faudrait aussi " coopérer étroitement pour faire face aux problèmes politiques, économiques et de sécurité du XXIème siècle". Les deux dirigeants ont ils partagé une seule décision concrète à l'issue de leur rencontre ? Non, pas une. Juste des déclarations d'intention "y-qu'à-faut-qu'on".

A quoi servait ce micro-sommet franco-britannique à Evian ? A communiquer.

Martin Hirsch défend sa soupe
Lundi toujours, Martin Hirsch livrait son "livre Vert", fruit de de "190 heures" de débats au sein d'une commission de 80 membres. Le haut commissaire à la jeunesse a listé ses 57 propositions. En l'absence de calendrier concret et de pistes de financement, le projet a déçu. Parmi les mesures phares mises en exergue par le gouvernement, il en est une qui devrait faire jaser: plutôt que d'abaisser l'âge minimal d'accès au RSA, la commission recommande de créer un "système équivalent au RSA complément de revenu, le cas échéant à partir d'une durée minimale de travail et de cotisations sociales", sans préciser s'il doit s'adresser à tous les jeunes ou seulement aux étudiants. Un "RSA spécial Jeunes" en quelque sorte. En France, on est majeur à 18 ans, mais il faut attendre 25 ans pour accéder à la plupart des aides sociales. Avant cet âge, on a droit à des "réductions", pour la plupart réservée aux étudiants. La précarisation de la jeunesse n'est pas traitée, une fois de plus.
Le débauché de l'ouverture de 2007 ne s'est pas posé la seule question qui vaille le concernant: quelle distance politique existe-t-il entre sa démarche et la trajectoire principale du programme sarkozyen ? Elle est immense. Pour son propre projet, le Revenu de Solidarité Active en vigueur depuis quelques semaines, le Haut Commissaire a dû avaler quelques couleuvres, comme le dispositif de flicage du niveau de vie des bénéficiaires du RSA. Plus globalement, il a accepté de collaborer au gouvernement de la pire contre-réforme que la France ait connue depuis la guerre, un projet de société qui vise à détruire et remplacer le compromis social de notre pays.

Lundi enfin, les premiers bénéficiaires du RSA, inscrits début juin, touchaient leur chèque. Les autres, enregistrés après le 15 juin, devront attendre deux mois supplémentaire, soit la fin août. Le gouvernement est débordé par le volume d'inscriptions. Les anciens RMIstes, un million sur les 3 millions de foyers prochainement inscrits, percevront un montant identique au RMI d'antan, soit 404 euros pour un célibataire. Pour les actifs, le montant variera selon les ressources, la situation familiale et l'âge des enfants. Les statistiques parlent d'elles mêmes : 3,1 millions de foyers prochainement inscrits, et Hirsch espère en sortir 700.000 de la pauvreté, quand la France compte déjà près de 8 millions de personnes au-dessous du seuil de pauvreté. L'OCDE estime déjà que la mise en place du RSA "n'aura qu'un impact limité sur l'emploi des travailleurs peu qualifiés." Durablement subventionnés par l'Etat, ces RSAistes sont des salariés à même d'accepter durablement n'importe quel boulot, les nouveaux précaires de Sarkofrance.

A quoi sert Martin Hirsch ? A communiquer.

Travailler plus pour consommer moins
Nicolas Sarkozy est agacé par la fermeture des magasins le dimanche. A titre personnel d'abord, à en croire l'exemple (faux) multi-répété des Champs Elysées. A titre politique ensuite, car l'extension du repos dominical est sans doute la seule manifestation tangible qui restera de son slogan fumeux et funeste "travailler plus pour gagner plus". La défiscalisation des heures supplémentaires, votée dès l'été 2007 et entrée en vigueur au 1er octobre de la même année, a échoué. cette mesure a été une aubaine formidable pour détruire l'intérim (dès avril 2008), limiter les embauches et plafonner les augmentations de salaires. A l'automne, ce dispositif a été définitivement ringardisé par la récession. Des centaines de milliers de chômeurs, précarisés par l'obligation d'accepter une "offre raisonnable d'emploi" définie par des technocrates de l'UMP n'en bénéficient évidemment pas. Reste donc le travail le dimanche. Le député socialiste Jean-Louis Bianco a eu cette remarque de bon sens : les Français auront-ils plus d'argent sous prétexte que les magasins seront ouverts le dimanche ? L'Elysée a demandé à un député-godillot de présenter son texte cette semaine. Le timing est parfait. Les vacances scolaires démobilisent la contestation, et le nouveau règlement de l'Assemblée Nationale empêche l'opposition de faire traîner l'examen pour faire monter le débat hors les murs du Palais Bourbon. Dix-neuf heures et cinquante minutes, rien de plus, ont été dévolues aux députés de l'opposition pour critiquer le texte.
A lire les débats parlementaires, on mesure l'hypocrisie gouvernementale: il a fallu la vigilance de Martine Billard pour éviter une catastrophe; elle a fait passer un amendement prévoyant qu'un chômeur refusant une offre d'emploi le dimanche ne serait pas sanctionné par pôle emploi. Les promoteurs UMPistes de la loi n'y avaient pas pensé... Ben voyons ! Vendredi, la funeste loi a été adoptée par les députés UMP et du Nouveau Centre, juste à temps pour qu'ils puissent partir en week-end de 4 jours. L'Assemblée Nationale ne reprend ses travaux que mercredi à 15 heures. Dimanche, Nicolas Sarkozy ne travaillera pas non plus. Il faut dire qu'il a fait des heures supplémentaires cette semaine en dînant avec les grand de ce monde au sommet du G8 en Italie...

A L'Aquila, Sarkozy parle encore.
Mercredi 8 juillet, notre Monarque était encore agacé en arrivant à l'Aquila, cette petite ville italienne dévastée par un tremblement de terre il y a quelques mois. Son avion présidentiel a dû faire des ronds en l'air avant de se poser dans le minuscule aéroport, le temps que Barack Obama pose le sien. Le lendemain, le président français est plus souriant. Il s'est réjoui devant la presse des progrès accomplis, à quelques heures de la fin du G8, dans les discussions avec ses collègues. Premier sujet, la "gouvernance mondiale" a fait l'objet de conversations "extrêmement libres" lors du déjeuner de jeudi (bravo !), qui se sont poursuivies le soir. Nicolas Sarkozy a tenté de masqué la tartufferie, l'absence de décision. Il a eu quelques peines à prouver que la gouvernance mondiale allait enfin changer. Il a d'abord répété que la représentativité du G8 est en cause. "Avec le président Lula", il a proposé de fusionner le G8 et le G5, et d'y ajouter l'Egypte pour créer un G14. Vous suivez ? Et le G20 alors ? Sarkozy promet qu'en 2011, quand la France présidera le G8, tout changera. Jeudi, il a aussi énuméré toutes ses demandes, insatisfaites à ce jour, comme toujours: la création d'une organisation mondiale de l'environnement qui devra notamment "gérer les résultats du sommet de Copenhague", la présence systématique de l'Organisation Internationale du Travail aux sommets du G8, l'élargissement du G8 aux pays émergents. Sarko le gaucho de circonstance s'en fiche. En 2017, il ne sera plus là. Il a également demandé que les crédits accordés aux Etats par le FMI et la Banque Mondiale soient désormais conditionnés au respect des normes sociales de l'OIT. Sarkozy répète plusieurs fois que "ça progresse, ça progresse beaucoup". "Il y a véritablement une prise de conscience." Les résultats ? Ils sont quasi-nuls.

Sur le second sujet, le climat, même constat. Nicolas Sarkozy se félicite d'un "progrès considérable", la publication d'une "déclaration du G14" qui rappelle qu'il faut limiter le réchauffement climatique à ... 2 degrés parce que les "experts du monde entier" l'ont dit. La planète meurt, et le G8 "déclare". Quel accomplissement ! Nicolas Sarkozy rappelle que les dirigeants du G8 ne sont pas parvenus à rallier les pays émergents une réduction de 50% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, mais que le G8 s'est engagé la veille à un taux supérieur (80%) d'ici ... 2050. En 2050, Nicolas Sarkozy aura 95 ans. Et il oublie une chose: à peine publié dans l'après midi de mercredi, le communiqué du G8 était dénoncé par un conseiller du président russe, qui a fustigé le caractère "inacceptable et probablement hors d'atteinte" de ces objectifs. La veille, une autre réunion internationale avait déjà échoué à se mettre d'accord sur le même sujet : le Forum des Principales économies (MEF), qui réunissait des représentants du G8 et des pays émergents, avait ... refusé toute annonce datée et quantifiée de réduction des émissions mondiales. Dernier sujet, que le président français a failli oublier : le refus du protectionnisme. C'est déjà ça. Quand le temps des questions à la presse est venu, une journaliste française interroge le chef de l'Etat sur ... Carla Bruni-Sarkozy et son manquement au protocole.

Carla a éclipsé Nicolas.

Effectivement, Carla Bruni avait refusé de suivre le programme officiel prévu pour les épouses des dirigeants du G8 à l'Aquila en Italie. Arrivant sur place avec 24 heures de retard, la chanteuse aphone a, paraît-il, "déchainé les passions" transalpines. La veille, elle s'était offert une tribune dans un quotidien britannique The Guardian ("le sida en Afrique, c'est mal"), pour appeler le G8 à maintenir ses efforts financiers de santé en Afrique. Son refus de suivre le protocole prévu par Silvio Berlusconi agacent la presse de droite. Carla la rebelle, mais Carla la généreuse: le quotidien de Sarkofrance nous apprend qu'elle "fera également une donation, par l'intermédiaire de sa fondation, pour la reconstruction de l'hôpital" de la ville dévastée.
Ce n'est pas la première fois que le président français se cache derrière son épouse. depuis plusieurs semaines, la presse se délecte de cette stratégie présidentielle. Nicolas a changé. pour preuve, son épouse lui a ouvert les portes de ses salons mondains, ceux qui accueille un certain gratin soit-disant à gauche. Carla est partout, derrière la nomination de Jean-Luc Hees et philippe Val à Radio France, ou de Frédéric Mitterrand au ministère de la Culture; Elle est aussi à l'origine de la passion soudaine de Nicolas Sarkozy pour les beaux-arts et la littérature classique; ça fait plus sérieux, plus présidentiel que Didier Barbelivien, Christian Clavier et Johnny Halliday...

A quoi sert Carla Bruni-Sarkozy ? A communiquer.

Les ministres communiquent mal
On murmure que le ministre Frédéric (Mitterrand) serait prochainement secondé d'un autre Frédéric, Lefebvre celui-là. Cette probable nomination vers le 23 juillet n'a qu'un objectif: trouver un strapotin médiatico-politique à au porte-parole de l'UMP. ce dernier doit laisser sa place de député à André Santini. S'il l'avait fait dès le remaniement du gouvernement le 23 juin dernier, on aurait dû organiser une élection législative partielle dans la circonscription des Hauts de Seine. Sarkozy a préféré attendre le délai de trente jours, afin de permettre à Santini de récupérer sans heurt son fauteuil à l'Assemblée Nationale. Frédéric Mitterrand n'a pas l'air d'apprécier. Il a expliqué cette semaine qu'il n'avait pas besoin d'un secrétaire d'Etat auprès de lui.
Le lendemain, Luc Chatel défend mal la suppression des postes de RASED, une décision dont il a héritée de son prédécesseur à l'Education National Xavier Darcos : tout opposant antisarkozyste pavlovien que nous sommes, nous n'aurions pas compris: les 1500 postes ne sont pas supprimés mais "sédentarisés". Luc Chatel ne sait visiblement pas que les académies confirment un peu partout en France la suppression de postes RASED, au grand dam des associations de parents d'élèves et des enseignants.
Christine Lagarde, elle, évite une sombre gaffe. Le patron d'EDF annonce qu'il a besoin les tarifs de l'électricité d'au moins 20% dans les trois ans. La ministre de l'Economie réagit violemment, mais concède qu'il faudra sans doute cette augmentation... avant d'expliquer, plus tard, qu'"aucune décision n'a été prise".

Les vrais sujets sont donc occultés: la lutte contre la précarité, l'insécurité, la dégradation des comptes publics, l'injustice fiscale. Sarkozy communique pour masquer. Une vieille tactique.

Ami Sarkozyste, où es-tu ?


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5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 06:52

"Quand le sage désigne la lune, l'idiot regarde le doigt." Sarkozy nous prend-il donc pour des idiots ? Se prend-il pour un sage ? Il aime attirer nos regards sur son emprunt populaire, chercher à polir son image, et séduire les électorats vert et centriste dans la perspective de 2012. Regardez donc la lune sarkozyste de plus près : une France surendettée, des riches protégés, des précaires abandonnés, et des délits de faciès en tous genre. Ajoutez-y une sombre affaire de commissions occultes, et le portrait est complet.

Masquer nos dettes
Tout le monde a compris que cette histoire d'emprunt populaire n'est qu'une opération de communication. Pour contrer les critiques contre ses incohérences fiscales et budgétaires, Sarkozy a trouvé cette idée: lancer un emprunt public, appuyé sur 3 mois de "débats" sur son utilisation. Le concept a fait flop. L'emprunt a surtout été un sujet de discorde... au sein du camp UMP. Fillon nous explique qu'il financera des projets d'avenir et "rentables" ("Il ne s'agit en aucun cas d'utiliser cet emprunt public comme une sorte de solution miracle à toutes nos difficultés budgétaires"). Guaino préfère des dépenses sociales. D'autres pensent à un second plan de relance. Gilles Carrez, le rapporteur UMP du Budget à l'Assemblée Nationale, s'inquiète du taux trop attractif qu'il faudra proposer pour séduire le public. Le débat existe, mais à droite. Dimanche dernier, "jour du Seigneur", François Fillon avait réuni quelques ministres pour lancer ce "Grenelle de l'Emprunt", et annoncer son calendrier de mise en œuvre. Rama Yade aimerait bien que l'emprunt serve à ... rénover les courts de Roland-Garros et les stades de football pour l'Euro de 2016. Luc Chatel pense plutôt à rendre les écoles écolo-compatibles ou aux "internats d'excellence". NKM parle de "numérique" (?); Valérie Pécresse aimerait que l'argent serve à la fibre optique. Martin Hirsch et Fadela Amara pensent "djeuns" et "banlieues". Même Frédéric Mitterrand y est allé de son couplet, sur la "rentabilité" d'installations culturelles, comme à Bilbao ou Conakry... En juin, c'est Noël en Sarkofrance ! Le ministre du budget a rappelé que "le gouvernement ne s'exprimera pas sur les modalités avant d'en avoir fixé le but". S'agit-il d'être prudent, ou d'alimenter un faux suspense pour occuper le terrain médiatique ?

Mercredi, le Monarque a reçu les organisations syndicales. Il fallait élargir le cercle. Les syndicats sont restés sceptiques. On a parlé des charges des entreprises, de l'accès des ex-intérimaires et des CDD au contrat de transition professionnelle, de la convention de reclassement personnalisée, et de la possibilité d'une prime pour les bas salaires. Nicolas Sarkozy a même annoncé la constitution d'une "commission, qui sera présidée par deux hautes personnalités". On attend encore un débauchage à la droite de la gauche.

Capter l'électorat vert et centriste
Une semaine après le remaniement ministériel, Nicolas Sarkozy poursuit son offensive de séduction: pour 2012, il a besoin de capter l'électorat centriste et surtout écolo. La droite s'est resserrée. Trente pour cent d'électeurs dociles qui suivent le monarque faute d'alternative. Et compte bien que le locataire de l'Elysée pour éviter qu'il y en ait.
Pour plaire aux centristes, Sarkozy adoucit son image. Rachida Dati est partie. Sarkozy veut éviter de parler haute couture et bijoux. L'expulsion de Dati à Strasbourg sert à ça: corriger l'image "bling bling" d'un Monarque en mal de popularité. Il a également débauché le trésorier du Modem, Michel Mercier, un vieil élu qui n'attendait qu'un strapontin ministériel pour finir sa carrière. Sensible aux attaques de François Bayrou sur les libertés publiques et l'indépendance des médias, il a nommé Frédéric Mitterrand, un clin d'oeil à la "gauche de Carla" qui n'effraiera personne. On attend de savoir si le ministre sera secondé par un autre Frédéric, Lefebvre et ineffable. Ce serait un mauvais signal, dans Sarkozy a aussi confié à Jean-Marie Bockel le soin d'afficher sa compassion pour les détenus et la situation carcérale. L'ex-socialiste s'est rapidement auto-administré une "piqure de rappel" en allant visiter une prison surpeuplée à Strasbourg cette semaine. Sarkozy nous enfle. Pardonnez l'expression. Les prisons débordent depuis des lustres, et l'ex-ministre de l'Insécurité n'a rien fait pour remédier au problème.

Côté écolo, l'offensive est plus puissante. Borloo sera sans doute le prochain premier ministre, après les élections régionales de 2010. Il faudra lui rappeler ses affaires de Valenciennes, sa conversion laborieuse et douteuse à l'écologie, son dilettantisme notoire. Cette semaine, Michel Rocard, nommé amabassadeur de la cause du Groenland par Nicolas II il y a deux mois, est revenu animer une conférence d'experts à Paris sur la "Contribution climat énergie" (CCE), la fameuse taxe carbone. C'est amusant, Rocard est une énigme. En septembre 2008, il fustigeait l'incompétence économique de Nicolas Sarkozy. Un mois plus tard, il se félicitait de sa réaction face à la crise. En 2009, Sarkozy pense à décembre prochain, le sommet de Copenhague sur le climat, un timing idéal pour les élections régionales de 2010. Il essaiera de nous faire oublier son misérable plan "Energie Climat" européen de décembre dernier, pour lequel il n'a soutenu aucun effort financier quelques mois plus tard.

Polir son image
Jeudi, Denis Olivennes a servi la soupe présidentielle, qui cherche à reconstruire la popularité défaillante du Monarque. Le patron du Nouvel Observateur a lui-même réalisé une interview du Monarque, sans prévenir sa rédaction. Le chef de l'Etat y confie qu'il regrette son image "Bling Bling" ("Cela correspondait à une époque de ma vie personnelle qui n’était pas facile et où j’avais à me battre sur plusieurs fronts") et ses excès verbaux-verbeux contre des journalistes. Il regrette ses emportements, s'excuse auprès de Laurent Joffrin, le directeur de Libération, se dit "choqué" par les procès en cours pour délits d'outrage à son égard.
Coïncidence, on apprenait que sa Présidence venait de réceptionner l'un des deux premiers Falcon 7X flambants neufs (coût 50 millions de dollars). Et dans la même interview, Sarkozy compare l'humour de Stéphane Guillon à celui de Jean-Marie Le Pen. Il voudrait donc nous faire croire qu'il a changé, ... comme un certain 14 janvier 2007. A l'époque, adoubé par les militants UMP, il avait livré un discours sur le thème du changement: "J'ai changé". La France et les médias découvraient incrédule un Sarkozy faussement calme. Polir l'image présidentielle est l'axe stratégique des prochains mois de l'équipe élyséenne. Franck Louvrier, le conseiller communication du monarque, a envoyé ayux patrons de presse un joli fascicule en papier glacé sur le discours de Versailles. France 5 va prochainement diffuser un documentaire hégériaque sur Sarkozy. L'Express relate comment Sarkozy s'ouvre "à de nouveaux horizons culturels". Suivrait-il la voie de Jacques Chirac, féru d'Asie et des arts premiers ? Samedi, le voici au carré Marigny, en face de l'Elysée, en train d'acheter des timbres de collection sur un marché.

Sarkozy veut être populaire, à l'approche de nouvelles secousses sociales, des prochaines élections régionales, et d'une crise dont la sortie n'est pas prévue avant 2010.

Oublier les délits en cascade
Mardi, l'Assemblée Nationale a adopté sa fameuse loi "anti-bandes", proposée par Christian Estrosi. Un dispositif inutile, basé sur le soupçon plutôt que le constat. Les polices de France pourront prochainement appréhender des groupes de jeunes sur la base d'un nouveau délit de faciès. Henri Guaino, le conseiller spécial du président, a pu juger des tensions en banlieues. Il s'est rendu caché à la Cité des Mureaux, à Montfermeil, un lieu devenu symbolique des banlieues difficiles et, du coup, très visité par des "people" politiques en mal d'expérience "terrain". La voiture de police qui l'abritait s'est faite caillasser.

L'UMP elle s'est fait prendre la main dans le sac : un vrai délit de racolage électoral actif. A peine la réduction de la TVA (de 19,6 à 5,5%) sur la restauration est-elle entrée en vigueur que le parti de Xavier Bertrand a envoyé aux quelques 120 000 restaurateurs un bulletin d'adhésion à l'UMP... Et comment l'UMP a-t-elle obtenu leurs coordonnées ? Luc Chatel, toujours porte-parole du gouvernement mais nouveau ministre de l'Education Nationale, a été pris en flagrant délit de ... contradiction. Alors qu'il défend la politique de l'emploi du gouvernement chaque mercredi à l'issue du Conseil des ministres, on apprenait qu'environ 30 000 auxiliaires et d'emplois de vie scolaire n'ont pas été renouvelés le 30 juin dernier.

Oublier le Karachigate
Il y a 15 jours, Nicolas Sarkozy a voulu balayé d'une phrase ("c'est une fable") l'affaire dite du Karachigate. L'un des avocats des familles des victimes de l'attentat de Karachi du 8 mai 2002 avait révél que les juges suspectaient non plus la piste islamiste mais une vengeance du Pakistan, suite à l'arrêt du versement de commissions à leurs intermédiaires dans le cadre de la vente de 3 sous-marins français en 1994. Un ancien juge a contesté cette version. Reste que l'étau semble se resserrer autour du camp Balladur de l'époque: il est un soupçon que personne ne conteste, à part les intéressés eux-mêmes, celui du versement de commissions occultes, via cette vente d'armes (et de quelques autres), à la campagne présidentielle du candidat Balladur en 1995. Nicolas Sarkozy était son directeur de campagne. Et son équipe ne pouvait compter sur le soutien financier du RPR, tout engagé aux côtés du rival Chirac. En 1994, la France de Ballaudur, via la Direction des Constructions Navales (DCN), vend 3 sous-marins au Pakistan, mais aussi des frégates à l'Arabie Saoudite, en 1994 pour 2,9 milliards d'euros. D'après l'ancien directeur financier de la DCN, Gérard-Philippe Menayas, Edouard Balladur aurait imposé deux intermédiaires à la DCN dans cette vente de sous-marins, dont l'un est "suspecté de longue date par les services secrets français de s'être livré à des activités illégales (blanchiment, trafic de drogue et d'armes...), mais aussi d'entretenir des «relations financières» avec l'ancien premier ministre Edouard Balladur". Au Nouvel Observateur, Nicolas Sarkozy défend sa cause: "Cela devrait vous rassurer d’avoir un président pointilleux sur les questions d’honnêteté." La justice devrait entendre Edouard Balladur sur cette affaire. Attentat ou pas, le versement de commissions occultes pour financer une campagne politique n'est pas autorisé. Il faut parfois rappeler certaines vérités. Les comptes de campagne d'Edouard Balladur, validés, restent discrets sur le sujet.

Oublier la crise
Vendredi, Laurent Wauquiez, le secrétaire d'Etat au Chômage a annoncé vouloir faire financer par le pôle emploi le permis de conduire de 0,006% des chômeurs prévus cette année, soit 20 000 personnes. Bel effort ! "Il faut aller beaucoup plus loin pour que le manque de mobilité ne soit plus un obstacle" a-t-il estimé. On se félicitera quand mêeme que le budget consacré aux aides à la recherche d'emploi (notamment pour la prise en charge des billets de train ou d'un déménagement) a été doublé de 40 à 80 millions d'euros en 2009. Il y a à peine 6 mois, le même Wauquiez estimait à 150 000 le nombre de dermandeurs d'emploi dans le besoin d'aide à la mobilité. En juillet 2009, les ambitions ont été revues à la baisse... Mercredi dernier, Sarkozy a enjoint les partenaires sociaux de renforcer l'indemnisation des salariés victimes de la crise. Il pensait surtout aux contrat de transition professionnelle (CTP), voire de rapprocher la convention de reclassement personnalisé (CRP) du CTP". Et lui, il attend quoi ? Qu'on soit tous dans la rue ?

Oublier avant tout
Sarkozy a encore deux ans pour faire oublier beaucoup de choses : ses déclarations sur les enseignants-chercheurs incompétents, son fichier Edvige, ses centres de rétentions, les franchises médicales pour tous pour financer le bouclier fiscal de quelques-uns, son "offre raisonnable d'emploi" qui expulse les chômeurs de leurs droits, son RSA qui flique leurs revenus, ses sanctions contre les préfets récalcitrants, le pantouflage de ses proches conseillers, son discours sur l'homme africain, sa diplomatie nucléaire auprès des dictatures de la planète. Nicolas Sarkozy doit faire oublier l'échec de sa rupture. La crise lui en a fournit le prétexte. Il peut célébrer le modèle social français qu'il voulait détruire tout en continuant de l'affaiblir par petites touches. L'électeur sarkozyste devra se demander si précipiter au chômage les seniors de plus de 58 ans est chose raisonnable, si lécher le cercueil d'Omar Bongo malgré les sifflets était bien nécessaire; si la défiscalisation des heures supplémentaires n'était pas la pire idée de la décennie. L'électeur sarkozyste a quelques mois encore pour juger s'il fallait acheter un nouvel Airbus présidentiel, ou claquer la bise à Poutine quelques heures avant que ce dernier n'envahisse la Géorgie; si l'éthique était au rendez-vous de cette présidence. Bref, l'électeur sarkozyste devra faire preuve de lucidité.

Ami sarkozyste, où es-tu ?


(Copyright : le dessin est de Louison)
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28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 07:45


Nicolas II, puisque c'est son surnom, avait tout prévu : une allocution qui se voulait historique à Versailles devant le Parlement réuni en Congrès, un remaniement du gouvernement deux jours après, puis un voyage aux Antilles. Patatras ! Le discours a déçu; un Mitterrand a gâché la surprise de sa venue au ministère de la Culture; Michael Jackson est mort quelques heures après l'atterrissage présidentiel en Martinique. Ajoutez l'affaire Karachi, et la semaine est ratée.

Un Congrès pour un emprunt
L'évènement incontestable de cette 112ème semaine depuis l'élection présidentielle devait être l'allocution de Nicolas Sarkozy devant une partie du Parlement réuni en Congrès à Versailles. Malheureusement, le discours a tourné court. Le soufflet s'est dégonflé. Lundi 22 juin, Nicolas Sarkozy est apparu simplement ringard et autiste. Il a livré une bouillie idéologique inédite, qui a troublé jusque dans les rangs de l'UMP : il a d'abord appelé de ses vœux la constitution d'un nouveau modèle français qui mêlerait productivisme, consommation, investissement et écologie. Quelqu'un se souvient-il de la campagne présidentielle de 2007 ? Sarkozy nous promettait de casser ce modèle vieillissant qui décourage le travail. En 2009, Nicolas II fait le grand écart au risque de se froisser le haut des cuisses. Il faudrait travailler plus, dépenser plus, consommer davantage, et préserver la planète. Il invoque le "génie français", récuse la laïcité positive et la discrimination positive, attaque la polémique du moment (la Burqa), dénonce "la loi du plus fort ou celle du plus malin", et découvre que la situation carcérale est une "honte pour notre pays". Y-a-t-il un pilote dans l'avion élyséen ?

En fouillant un peu ses propos, on retrouve bien ses vieilles lubies libérales : pas question d'augmenter les impôts pour financer le déficit croissant des comptes publics ! Nicolas Sarkozy préfère autre chose : réduire ces "déficits structurels", ces "mauvaises" dépenses, les niches sociales, les "excès de bureaucratie". Mais son logiciel idéologique a sauté. Le monarque veut cacher ses intentions de rupture sous une vulgate radicale-socialiste. La mayonnaise ne prend plus. On aurait envie de l'encourager à relire quelques classiques d'économie, plutôt que de nous confier sur Facebook qu'il vient de terminer "Pierre et Jean" de Maupassant...

Lundi, il a surtout annoncé le lancement d'un emprunt national, dont ni le montant ni l'usage ne sont définis. Avec cet emprunt, Sarkozy emprunte aux ménages ce qu'il ne peut plus leur prendre en impôt Chaque jour, les fonctionnaires du Trésor empruntent sur les marchés financiers, espérant que la crédibilité de l'Etat tient encore auprès des prêteurs du monde. Sarkozy s'adresse désormais à nos bourses, plus commode. Avec l'emprunt "national" et "populaire", Sarkozy tente surtout un coup politique. La réussite probable de sa souscription sera présentée comme un blanc-seing à sa politique. Et on peut faire confiance aux services d'Eric Woerth pour proposer des conditions financières très attractives pour éviter tout couac. Le Monarque s'est donc déplacé dans un palais des rois pour solliciter... un emprunt. Et les parlementaires de l'UMP d'applaudir. En 2009, on rase encore gratis en Sarkofrance. Fallait-il dépenser 500 000 euros, mobiliser des centaines de policiers et des caméras de télévision, pour solliciter un nouveau crédit ? Depuis mai 2007, la dette publique a progressé de... 380 milliards d'euros. Question remboursement, on en parlera après 2012... Le Monarque veut gagner du temps : l'heure de vérité, fiscale et financière, est pour bientôt. Il faut tenir jusqu'à l'élection présidentielle de 2012. Après sa réélection, il sera toujours temps de "purger" les déficits, et plonger le pays dans une cure d'austérité.

Un remaniement gâché par Mitterrand et Karachi
Mardi, Sarkozy a dû précipiter son remaniement gouvernemental. L'un des heureux entrants, Frédéric Mitterrand, avait lâché le morceau. Le spectacle a donc été vite recalé à l'heure des journaux télévisés. A 20H15, Claude Guéant apparaît sur le perron de l'Elysée. C'est un gouvernement de "fermeture" et d'image. Les postes clés restent aux mains de quelques grognards du camp présidentiel, à l'exception de Michèle Alliot-Marie que Nicolas Sarkozy est parvenu à dévisser de l'Intérieur. Il a fallu teinter d'un peu de vert ce gouvernement "Fillon IV" : Jean-Borloo récupère ainsi une seconde secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Valérie Letard. Et l'ex-villepiniste Bruno LeMaire devient ministre de l'Agriculture ET de l'Alimentation. Pour ou contre les OGM dans nos assiettes ? En mai 2008, le futur ministre a voté pour la coexistence des cultures OGM et non-OGM...

Mercredi se tenait le premier conseil des ministres de "Fillon IV". Sarkozy suggère aux nouveaux arrivants d'être discret et de travailler leurs dossiers, deux conseils qu'il suit lui-même assez peu. Déjà les tensions et les couacs se font jour. Xavier Darcos lâche une petite bombe à son successeur Luc Chatel: la suppression de 16 000 postes à l'Education Nationale en 2010. Michèle Alliot-Marie dispute déjà le sort des prisons à son nouveau secrétaire d'Etat "sans affectation" Jean-Marie Bockel. Frédéric Mitterrand affronte une grève au ministre de la Culture. Et on apprend que le nouveau secrétaire d'Etat au Logement, Benoist Apparu, se faisait loger en HLM jusqu'à l'année dernière... Les recalés du remaniement, eux, ne furent même pas prévenus oralement de leur éviction avant l'annonce officielle mardi soir... Frédéric Lefebvre, le porte-parole de l'UMP, est inquiet : il a appris également très tardivement qu'il risquait de perdre, par ricochet, son mandat de député : André Santini a 30 jours pour décider s'il souhaite récupérer son mandat. S'il passe son tour, Lefebvre devra alors se présenter devant les électeurs.

L'après-midi, l'opposition demande une déclaration de politique générale au premier ministre. En vain. Il y a pourtant matière. Le discours élyséen de lundi était confus. Sarkozy semble ainsi considérer que les "amortisseurs sociaux" existants sont bien suffisants : la casse sociale a néanmoins bien eu lieu, même si elle fut ralentie par l'ampleur de la récession. La semaine prochaine, le SMIC n'augmentera que du strict minimum : +1,3% au 1er juillet, soit 16 euros bruts de plus par mois. Brice Hortefeux a précisé lundi dernier qu'il s'était basé sur les conclusions d'un rapport d'experts 'indépendants'. Le lendemain soir, il filait à l'Intérieur. Xavier Darcos le remplace. Le "réformateur" de l'Education Nationale arrive aux Affaires Sociales pour s'occuper des retraites. Avec un peu de chance, les retraités seront dans la rue en février prochain. Dans l'attente, on nous a confirmé l'envolée du chômage: en mai, 36 000 demandeurs d'emploi supplémentaires sont venus grossir les rangs du pôle emploi. Le rythme de progression du chômage s'est provisoirement ralenti. En mai, les plans sociaux du début de l'année n'ont pas encore produit leur effet, et les étudiants sont encore étudiants. Même les économistes les plus conservateurs attendent 3 millions de chômeurs "officiels" pour la fin de l'année. Si l'on ajoutent les nouveaux précaires à temps partiels au RSA, on frisera les 6 ou 7 millions de chômeurs. Nicolas Sarkozy peut nous raconter que nous sortirons plus forts de la crise avec ses réformes. Les chômeurs victimes de "l'offre raisonnable d'emploi" s'en souviendront.

Sarkozy a même botté en touche sur les priorités de l'action gouvernementale des mois à venir. Il aimerait qu'on en débatte... Mercredi soir, Fillon annonce un "séminaire" de réflexion pour dimanche, avec ses ministres. On aurait préféré qu'il nous parle de Karachi.

Les Antilles gâchées par Karachi et Jackson
Il y a une autre affaire, plus sombre, plus glauque, plus dangereuse à commenter. On se doute bien qu'elle aura peine à sortir. Les juges doivent se dépêcher. Qu'elle soit avérée ou pas, elle concerne Nicolas Sarkozy. En septembre 1994, la France a vendu à perte trois sous-marins Agosta au Pakistan. Pourquoi "à perte" ? C'est curieux. Sarkozy était ministre du Budget, il a autorisé la défiscalisation des commissions versées à divers intermédiaires pakistanais ou autres; François Pérol était administrateur de la DCN, le fabriquant des sous-marins. En 1995, Jacques Chirac a stoppé le versement de ces commissions. Charles Millon, son ministre de la Défense de l'époque l'a confirmé cette semaine. Chirac soupçonnait le Pakistan ou certains intermédiaires d'en rétrocéder à l'équipe Balladur une partie. En 2002, un attentat ciblé coûte la vie à 11 ingénieurs français à Karachi. La DCN explique au juge Bruguière charge de l'instruction qu'elle soupçonne des représailles pakistanaises. Le Karachi-gate prend de l'ampleur. Dans sa note intitulée "Nautilus", elle écrit : "L'annulation de ces commissions avait été décrétée en 1995, à la suite de l'alternance politique en France, et visait à assécher les réseaux de financement occultes de l'Association pour la Réforme d'Édouard Balladur." Bruguière lâche l'enquête pour rejoindre ... l'UMP en 2007. La guerre de l'ombre rejoint les soupçons de financement politique illégal. Il y a 10 jours, Sarkozy a déclaré que cette théorie était une "fable". Mardi, il nommait Brice Hortefeux ministre de l'Intérieur. L'intéressé n'y croyait pas. Il venait tout juste d'entrer en fonction aux Affaires Sociales. Et l'Assemblée Nationale, sur proposition du gouvernement, a durci le secret défense le 16 juin dernier. Coïncidences ?


Jeudi, le président français s'éclipsait pour les Antilles. Il avait promis d'y aller. On oubliera qu'il devait inaugurer les Etats Généraux de l'Oiutre Mer. Ses conseillers laissaient entendre qu'il serait sobre, économe en déclarations, à l'écoute des populations. On ne saura sans doute jamais si la nouvelle du décès de Michaël Jackson a changé ses plans: jeudi soir, Sarkozy atterrit en Martinique vers 19h30... presque seul : l'avion qui transportait les journalistes couvrant l'évènement a du retard. A Minuit, la rumeur, confirmée une heure plus tard, du décès par arrêt cardiaque du roi de la pop éclipse l'actualité sarkozyenne. Le lendemain, Sarkozy propose un référendum sur l'autonomie de la Martinique. Pour quelqu'un qui voulait s'épargner toute annonce, c'est assez fort ! En Guadeloupe quelques heures plus tard, le son de cloche est différent : il tacle les grévistes et le LKP d'Elie Domota : «Le droit de grève ne peut pas être utilisé comme un instrument de propagangde et de déstabilisation politique. Je ne suis pas prêt à accepter l'inacceptable.» Et il refuse tout référedum sur l'autonomie proposé la veille à la Martinique voisine: «J'ai proposé un schéma à la Martinique. Il est écrit nulle part que la Martinique et la Guadeloupe doivent avancer en même temps». Diviser pour régner ?

Samedi, les télés et radios françaises ne parlaient plus que de Michael.

Too Bad.

Ami sarkozyste, où es-tu ?
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21 juin 2009 7 21 /06 /juin /2009 07:11


La semaine commença grandiose : à Genève, capitale du secret bancaire, Nicolas Sarkozy prononça un discours des plus sociaux qui fut. La victoire par K.O. d'Europe Ecologie l'a également rendu des plus écolos qui soient. Il fallait regarder ailleurs, en France, pour constater que la vie en Sarkofrance ne change pas: loi sur l'hopital, hommage à la Françafrique, mutation contestée, et, clou du spectacle, une sale affaire de corruption pakistanaise...

Sarkozy pense à son Congrès, un avènement digne d'un Monarque, à Versailles, pour un discours "présidentiel" devant des parlementaires silencieux. Taisez-vous, Nicolas 1er parle. Qui lui portera la couronne ?

Burqa présidentielle à Versailles
Lundi 22 juin à Versailles, les parlementaires écouteront un long monologue du chef de l'Etat. Chaque groupe aura ensuite une dizaine de minutes pour "répondre", une fois le monarque parti de l'Assemblée. Bizarrement, le gouvernement s'est empressé de publier le texte d'application de la réforme constitutionnelle de juillet 2008 relatif à cette intervention monarchique. Mais d'autres articles de la réforme attendent toujours d'entrer en vigueur, comme par exemple la création d'un « défenseur des droits », ou la faculté ouverte aux citoyens de contester devant le Conseil Constitutionnel des dispositions législatives, ou encore le référendum d'initiative populaire. Or il est à peu près certain que nombre de citoyens aimeraient interroger le corps électoral sur la future privatisation de la Poste.

Cette intervention exceptionnelle coûtera 500 000 euros. Une bagatelle pour le budget de l'Elysée. Quelques 113 millions d'euros ont été dépensés l'an passé par la Présidence. Il a fallu trouver 3 millions d'opportunes recettes (sur le dos de budgets limitrophes ou de remboursement de frais) pour rester dans les clous de la dotation votée dans le budget de l'Etat. A l'Elysée, on se refuse rien.

Lundi à Versailles, l'opposition arrivera en ordre dispersé. Le groupe UMP écoutera sagement son Chef discourir sur la préparation du sommet de Copenhague, la gouvernance mondiale, et le port de la Burqa. Les chaînes de télévision seront là pour retransmettre le plus grand évènement monarchique que la France ait connue depuis le sacre d'Elizabeth II en Angleterre, en juin 1953, et commenté par Léon Zitrone pour les téléspectateurs français. Ce monologue est telle une burqa présidentielle imposée aux parlementaires : écoutez, regardez mais taisez-vous !

Sarko l'écolo
Nicolas Sarkozy a une stratégie. L'écologie lui fournit une belle diversion. Mais avec Europe Ecologie, il fait aussi coup double : il affaiblit le Parti Socialiste et le Modem (ses deux seuls opposants crédibles pour la présidentielle de 2012). Qu'importe si sa conversion écologiste est hypocrite et démentie par les faits ! Le plan français de relance, voté il y a à peine quelques mois, était déjà minimaliste en matière d'environnement (600 millions d'euros sur 26 milliards), voire "Grenello-incompatible", avec la construction de nouvelles autoroutes ou la prime à la casse en faveur des voitures polluantes.
Lundi à Genève, le président français a réitéré son souhait de la création d'une taxe carbone au niveau européen. Mardi, Jean-Louis Borloo a opportunément communiqué une étude du cabinet BCG prévoyant 600 000 créations (ou maintiens) d'emplois "verts" sur 12 ans si les dispositions du Grenelle de l'environnement à l'étude au Parlement étaient votées: pour le gouvernement, la "croissance verte", c'est donc 50 000 emplois par an, quand, cette année, la crise devrait en détruire 700 000 en France ... Quelle ambition !
Jeudi, Greenpeace a rappelé que l'Europe n'avait toujours pas tenu ses promesses: le déjà minimaliste plan Energie Climat, que Sarkozy exhibe comme un brevet d'écologie, n'a été suivi d'aucun engagement financier pour soutenir les pays en voie de développement dans la lutte contre le réchauffement climatique, un besoin que Greenpeace évalue à 110 milliards d'euros par an : le Conseil européen de mars dernier a refusé de statuer sur le sujet ! Vendredi, 11 pays européens, sans la France, ont transmis une lettre au président de la Commission, lui demandant la possibilité d'interdire la culture des OGM chez eux. Une position inverse à celle de la France : la première loi d'application du Grenelle de l'Environnement, en avril 2008, a autorisé la libre coexistence des cultures OGM et non-OGM.

Sarko le gaucho
Seconde diversion, la politique sociale. Lundi à Genève, lors du sommet de l'Organisation Internationale du Travail, le monarque s'est fendu d'un discours gauchiste qui en a surpris plus d'un: "Ou nous aurons la justice ou nous aurons la violence. Il faut tout revoir. Changeons de modèle de croissance!" Il suffisait d'attendre le Conseil Européen de fin de semaine pour constater combien notre Monarque nous trimballe ! La Commission de Barroso avait préparé une petite note de 17 pages, un ensemble de propositions en faveur de l'emploi, sur deux axes :  (1) favoriser les exonérations de charges (sans se soucier de la gestion des déficits) et (2) développer la formation sous toutes ses formes. On n'y trouvait pas un seul engagement en matière de sécurité sociale et d'harmonisation européenne : en période de crise, la précarité progresse; on pouvait attendre quelques mesures pour soutenir la demande, et plus précisément les revenus des plus fragiles. D'ailleurs, à quoi bon se fatiguer : les 27 chefs d'Etat européens, et Sarkozy en tête, ont surtout discuté de la reconduction de José-Manuel Barroso, du futur référendum irlandais sur le Traité de Lisbonne "modifié" et de régulation financière. On parlera social et écologie plus tard...

La crise aggrave les précarités et les impatiences. Mercredi, Laurent Wauquiez se disait "préoccupé" par les suppressions de postes annoncées par Michelin. Des conseillers du pôle emploi ont exprimé leur mécontentement le lendemain: ils sont débordés et mal formés pour accueillir les centaines de milliers de chômeurs supplémentaires qui grossissent les files d'attente de leurs agences. Le week-end dernier, Christine Lagarde a péniblement masqué son inquiétude lors d'une réunion des ministres des Finances du G8 en Italie: ailleurs, et surtout aux Etats Unis, la relance économique a été plus massive qu'en France. Voici qu'on s'inquiète en France d'un retard à sortir de la crise: le budget est plombé, la relance de la consommation est quasiment inexistante, mais la récession est bel et bien là. Dans la zone euro, la production industrielle de la zone euro a chuté de 20% sur un an en avril, un record sans précédent.

Nicolas Sarkozy est surtout responsable d'une multiplicité de cassures sociales que le discours de Genève ne saurait faire oublier : L'offre raisonnable d'emploi, qui impose à un chômeur de réduire progressivement ses prétentions de salaires et d'éloignement du lieu de travail, est entrée en vigueur en octobre dernier; le prêt de main d’œuvre, adopté en mai, permettra de contourner le droit des salariés, faute de garantie sur l'application des conventions collectives des salariés prêtés; le transfert aux mutuelles et organismes privés l'assurance des maladies longues; et, last but not least, l'allongement de l'âge légal de départ à la retraite, annoncé par Brice Hortefeux puis François Fillon, pour rétablir l'équilibre des comptes de retraites . Sur ce dernier sujet, le débat est bel et bien vicié par le gouvernement. Et la gauche s'engouffre dans le piège : l'allongement de la durée de cotisations provoque déjà automatiquement un report du départ à la retraite; le débat sur la pénibilité est évacué, alors que les salariés ayant commencé à travailler tôt sont aussi ceux qui exercent les professions les plus pénibles; enfin, le gouvernement vise moins à financer le régime de retraites qu'à transformer les retraités d'hier en chômeurs demain. Les pré-retraités de 57 à 60 ans vont devoir ainsi pointer prochainement au chômage : dès 2009, l'âge ouvrant droit à une dispense de recherche d'emploi a été relevé, de 57 ans et demi à 58 ans alors que les seniors sont souvent les premiers licenciés. Le gouvernement a simplement accepté de reporter d'un an (2010 au lieu de 2009) la suppression de l'allocation équivalent retraite pour ceux qui ont cotisé suffisamment pour partir en retraite avant 60 ans (68 000 personnes concernées).

Sarko, le libéral autoritaire
Le "libéralisme autoritaire" du président s'est également manifesté ailleurs : Ainsi, Roselyne Bachelot a-t-elle gagné; sa réforme de l'hôpital a été adopté cette semaine. Les médecins ont obtenu une maigre consolation. Le directeur de CHU sera le futur patron. Tout au plus devra il recueillir l'avis (consultatif) du président de la commission médicale pour la nomination des médecins. L'hôpital sera une entreprise comme les autres. Autre sujet, la lutte contre le surendettement des ménages. les victimes sont souvent modestes, et trouvent dans l'emprunt à la consommation une manière d'augmenter leur pouvoir d'achat. Les pièges sont nombreux. Cette semaine, le Sénat a adopté une réformette du crédit à la consommation, un coup de pub politique qui ne changera pas grand chose : les propositions des associations de consommateurs, comme la dé-liaison des cartes de fidélité et de crédit, ou la suppression du commissionnement des vendeurs pour les offres de crédit n'ont pas été retenues.

Observez aussi les conditions de contrôle du RSA : le bénéficiaire peut être fliqué à son insu. Tout y passe. Toute "personne morale", publique ou privée, disposant d'informations électroniques sur le bénéficiaire du RSA pourra être sollicitée, sans information préalable du bénéficiaire contrôlé. Toute personne morale compétente sur des sujets aussi variés que l'automobile, le matériel hi-fi, les déplacements, les hébergements en hotels, ou le vendeur d'une automobile. En matière de sécurité, le fameux décret "anti-cagoule" a été publié au Journal Officiel samedi 20 juin,. Les participants à des manifestations publiques ne pourront plus se dissimuler volontairement le visage, sous peine de risquer une amende de 1500 à 3000 euros. Récent objet de polémique laïque, la Burqa tombe-t-elle sous le coup de ce décret ?

Sarko dévoilé ?

La semaine aurait pu être grandiose. Mais elle a été polluée par quelques écarts symboliques fâcheux pour la belle image présidentielle. Un préfet récalcitrant a été muté. Le préfet du Var a fait les frais de l'impatience présidentielle, d'après le site Mediapart. Il n'aurait pas trouvé de solution assez rapide aux problèmes de tout-à-l'égout du Cap Nègre, la résidence d'été de sa belle-famille. A moins qu'il ne s'agisse d'une vengeance du maire de Toulon, et secrétaire d'Etat à l’Aménagement du territoire Hubert Falco (UMP). Nicolas Sarkozy a aussi profité de la semaine pour nommer un autre de ses conseillers à la direction financière de la Poste. Ce dernier devra préparer l'ouverture du capital de l'établissement public. On attend de savoir si la Commission de déontologie sera saisie... ou pas. L'important est ailleurs. Mardi, Sarkozy a assisté sagement aux obsèques du dictateur Omar Bongo, décédé la semaine dernière. Non seulement cette visite illustrait au mieux la trahison des promesses du candidat de remettre les droits de l'homme et l'éthique au centre de sa politique étrangère, mais en plus Nicolas Sarkozy a réussi à se faire ... siffler sur place ! Après la polémique sur les contrats juteux de Bernard Kouchner, cette affaire des sifflets ridiculise un peu plus la Françafrique. Fâché, le monarque français a abrégé sa visite.
Jeudi, second coup dur : un avocat révèle que les juges anti-terroristes en charge de l'enquête de l'attentat de Karachi en 2002, qui coûta la vie à 11 ingénieurs français de la Direction Nationale de l'Armement,  suspectaient les services secrets pakistanais d'en être les instigateurs, en représailles au non-paiement de commissions sur une vente de sous-marins par la France. La France de Balladur, dont Nicolas Sarkozy était le ministre du Budget, aurait versé ces commissions au Pakistan, qui en aurait rétrocédé une partie à la campagne présidentielle de Balladur. Une fois élu, Chirac aurait coupé les vivres, d'où la vengeance pakistanaise. Vendredi, Sarkozy était à Bruxelles pour un Conseil Européen, mais on a davantage retenu la question d'un journaliste curieux sur cette affaire que le fonds d'un sommet sans intérêt.

Un sacre à Versailles, des incantations sociales et écologistes, de sales affaires qui font surface... qui lèvera la burqa présidentielle imposée en Sarkofrance ?

Ensemble, tout devient possible, n'est-ce pas ?
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