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16 août 2009 7 16 /08 /août /2009 05:32


 

 

par NicolasB

Trois des grandes lois, proposées par le gouvernement actuel, ont été refusées, partiellement ou entièrement, par le Conseil constitutionnel, depuis que Sarkozy est au pouvoir. Ce Conseil, s’appuie-t-il véritablement sur les principes républicains pour s’opposer à certaines lois sarkozistes ou se cache-t-il, derrière ces refus intempestifs, des intérêts personnels ou politiques ? Analyse. 

« Rien ne stoppera Sarkozy dans ses réformes » ; « Sarkozy nuit à la démocratie de notre pays » ; « Le président de la République « Berlusconise » notre pays »… telles sont les phrases qu’on entend, ici et là, de ceux et celles qui s’opposent à la politique gouvernementale actuelle. Entre autre, qui s’opposent à Sarkozy.  

Des personnes connues, telles Edwy Plenel, ancien du Monde, désormais à Mediapart, soulèvent souvent leur inquiétude vis-à-vis de l’état dans laquelle notre démocratie se trouve. Ils craignent que la justice perde de son indépendance, que la presse se rapproche du pouvoir, et que les réformes nuisent à la liberté du peuple. Et, pourtant, depuis mai 2007, le conseil constitutionnel semble mettre un frein à l’hyperactivité de Sarkozy. Chose dont ses prédécesseurs n’avait pas à se soucier. Ca commence peu à peu à agacer le président… et à l’inquiéter.

Les lois qui dérangent le Conseil 

Depuis son arrivée au pouvoir, trois grandes réformes ont été partiellement, ou entièrement, refusées par le Conseil Constitutionnel :

· La fameux texte, proposé par Rachida Dati, alors huée par la majorité des magistrats, relatif à la rétention de sûreté pour cause de trouble moral. Le 21 janvier 2008, le Conseil constitutionnel s’oppose au texte : jugé répressive, il est décidé que, contrairement à ce que voulait Nicolas Sarkozy, cette loi ne pourra être appliquée que pour des condamnations futures.

· La loi favorisant la diffusion et la protection de la création sur internet.

· La loi sur le repos dominical. Au début, Sarkozy demandait à ce que tous les Français aient la possibilité de travailler le dimanche. L’opposition se bat contre ce texte, des doutes persistent au sein même de la majorité, Sarkozy revoie le texte et l’adapte seulement aux grandes villes. Le 6 août 2009, le Conseil constitutionnel approuve la loi, c’est-à-dire autorise le travail dominical dans les grandes agglomérations et les zones touristiques… sauf à Paris.

Sous Chirac, en l’espace de deux ans, jamais d’aussi grands textes – bien qu’il y en avait peu – étaient bloqués par le Conseil constitutionnel. Sarkozy, l’homme qui se fait autant d’amis que d’ennemis, s’en est fait un de plus : le conseil constitutionnel. En quoi ce conseil se permet-il de s’opposer à ces grandes lois, très médiatisées ? Sont-elles véritablement contre les principes de la Constitution ?

Des lois véritablement contre les principes de la Constitution ?

La décision du Conseil constitutionnel qui, de loin, avait fait le plus bruit, c’était bel et bien celle à l’égard du texte sur la rétention de sûreté. Retour en arrière : c’était il n’y qu’un an, alors que Rachida Dati était ministre de la Justice, cette dernière était, comme dit précédemment, détestée des magistrats aussi bien pour sa méconnaissance du système judiciaire que par les nombreuses réformes au point d’être mises en place. Lorsque le Conseil avait rendu sa décision à l’égard de ce texte, nombreux spécialistes se sont interrogés sur la crédibilité de ce dernier. Ainsi, François Doutriaux avait publié un papier sur Rue89 en critiquant « le discrédit du Conseil Constitutionnel ». Bien qu’il était opposé à ce texte, il ne comprenait pas en quoi le Conseil se permettait de s’opposer à celui-ci : en regardant de près les motifs de leur opposition à cette loi, il expliqua « les entorses au principe de non-rétroactivité (de la loi) » et insistait sur le fait que la décision rendue par le conseil ne permettait pas à la loi se s’appliquer avant… 2023. Doutriaux exprimait bien sa colère : il voit en cette « manœuvre » l’illustration d’une loi française « dictée (…) par le diktat démagogique d’une émotion populaire instrumentalisée avec la complicité passive des médias ».

Le trio fâche contre Sarko’... et entre eux

La vérité, c’est que ceux qui composent le conseil sont sois ennemis entre eux sois ennemis du président Sarkozy. Et, en particulier, il y a un trio – Jean-Louis Debré, Valérie Giscard et, sans oublier, Jacques Chirac – à qui certains reprochent de mêler intérêts politiques avec la fonction qu’ils exercent.

Jean-Louis Debré et Jacques Chirac n’ont jamais été proches de Sarkozy. On connaît les relations tendues qu’ils entretiennent. Nicolas Sarkozy a été, pendant plusieurs années, ministre de l’Intérieur sous Chirac. Souvenez-vous de ses discours féroces : « ces racailles », « Tolérance zéro », en référence aux émeutes survenues dans les banlieues. Chirac en était furieux : lui qui incarnait, aux yeux des Guignols, la « mollesse » ou la « paresse » française, Sarkozy, lui, était sur tous les fronts pendant ce temps-là. Chirac, qui a été le premier à repérer Sarkozy, a vu, à cause de ce dernier, sa carrière politique décliner en l’espace de quelques années, pour ne pas dire quelques mois. Et, Debré, très proche de Chirac, a logiquement suivi sa ligne : il a fait de Sarkozy un de ses plus grands ennemis politiques.

Mais les relations tendues ne sont pas qu’entre certains membres du conseil et le Président : elles existent au sein même du conseil. Giscard et Chirac se détestent depuis plus de 30 ans ! Une des plus récentes batailles était sur Europe 1, lorsque Giscard se faisait interviewé : « Normalement, on n’accepte pas des financements étrangers mais j’ai appris que Jacques Chirac, mon concurrent, avait reçu des fonds d’Omar Bongo ». Même à la retraite, ils se tapent toujours dessus. Tout avait commencé en 1976 : Jacques Chirac démissionne de son poste de premier ministre le 25 août 1976 estimant de pas « disposer » de « moyens (…) nécessaire pour assumer efficacement (ses) fonctions de Premier Ministre. Et, de 1999 à 2007, VGE ne faisait que critiquer la politique menée par Jacques Chirac, alors président de la République. Tout y passait : le référendum de 2000, l’affaire des HLM en 2001, la Turquie en 2005, le CPE par de Villepin en 2006, en finissant par le critiquer dans ses mémoires en 2007. Leurs relations a donc un profond impact dans la manière dont les lois sont passées en revue au Conseil constitutionnel : la décision de l’un est alors contraire à celle prise par l’autre. Il semble que des intérêts politiques et personnels prennent le dessus dans leurs décisions…

Sarkozy est inquiet : ses promesses, sa vision de la République actuelle, pourra-t-il avancer et réformer, comme il le veut, dans le futur ? Le conseil, lui sera-t-il un barrage permanent ? Le doute persiste et, à l’Elysée, on se méfie. Car, une fois la crise passée, Sarkozy devra revenir à son agenda politique pour mettre en œuvre ses promesses de campagne. Car, comme il le dit si bien, les Français seront invités à « faire le bilan de sa politique à la fin de son mandat ».
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12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 07:00



Lundi 10 août, petite culpabilisation générale en Sarkofrance. Des plages du Cap Nègre, Sarkozy fait savoir qu'il s'active pour la libération de Clotilde Reiss. A Paris, Kouchner avoue que la France n'est pas restée si passive à l'ambassade de Téhéran. Et Philippe de Villiers se sent conraint de justifier son ralliement à l'UMP.

Sarkozy culpabilise
Entre deux bains dans l'eau tiède des plages du Cap Nègre, Nicolas Sarkozy "est sur le pont". C'est un nouveau communiqué officiel de l'Elysée qui nous l'apprend. Le Monarque se sent-il coupable d'avoir autant mis en scène son repos, après son malaise cardiaque du 26 juillet ? Samedi, les Français ont pu voir médusés les premières images du faux procès de la jeune Française Clotilde Reiss à Téhéran, et son "auto-accusation". Dimanche, seul Bernard Kouchner était audible sur le sujet. Sacrilège ! La politique étrangère, c'est le domaine ultra-réservé du Monarque de Sarkofrance. Lundi 10 août, la Présidence de la République a donc fait savoir, à propos de son chef en vacances, qu'""Il multiplie les interventions auprès de tous ceux qui peuvent exercer une influence en vue d'un règlement rapide et de sa libération". Tous les journaux reprennent. "Sarkozy mobilisé pour Reiss" (JDD); "la libération de Clotilde Reiss est une priorité pour Sarkozy" (Le Figaro);
Sarkozy culpabiliserait-il ?

Kouchner culpabilise
Le même jour, Bernard Kouchner a dû reconnaître que l'ambassade de France à Téhéran, comme ces consoeurs européennes sur place, abritaient bien des manifestants hostiles au président Amadinejad pendant la contestation qui suivit sa réélection en juin dernier. "Si des manifestants poursuivis cherchaient refuge à l'ambassade de France, la consigne était d'ouvrir la porte", a déclaré M. Kouchner au Parisien. "C'est une consigne de tous les Européens. C'est notre tradition démocratique." Il n'y a pas de quoi avoir honte Monsieur le Ministre ! Fallait juste le dire plus tôt !

A Téhéran, le porte-parole du ministre iranien des Affaires Etrangères a déclaré dimanche: "Cette Française affirme enseigner le français à Ispahan (...), et elle participe à des manifestations, prend des photos et des films. Cela n'a rien à voir avec l'enseignement de la langue française".

Philippe de Villiers culpabilise
Taclé par Nicolas Dupont-Aignan, Philippe de Villiers a cru bon devoir justifier son prochain ralliement à l'UMP. Il y a quelques jours, on apprenait qu'il rejoindrait Eric Besson et Jean-Marie Bockel au sein du "comité de liaison" animé par Jean-Claude Gaudin. Cette structure sert à coordonner les actions de l'UMP et de ses satellites (Nouveau Centre, Parti Radical, Gauche Moderne…) en vue des prochaines élections. Certains militants du MPF n'ont pas compris. Lundi 10 août, Le Vicomte de Villiers s'est donc confessé: Au sein de ce comité, "il sera plus facile de faire entendre la voix du MPF"; "la preuve a été apportée aux élections européennes que la voix du MPF n'était pas entendue comme elle devait l'être". De surcroît, "la deuxième raison, c'est que je souhaite apporter ma contribution au combat des régionales contre la gauche. Le MPF n'a pas l'intention de faire réélire des gens comme Ségolène Royal". Avant de préciser: "Nicolas Sarkozy accepte qu'il y ait des débats à l'intérieur du comité de liaison". Gageons que Philippe de Villiers a obtenu de belles contreparties électorales locales pour les futures élections régionales...

A droite, n'y-a-t-il donc pas d'avenir hors de l'UMP ?

Lire aussi:

Publié par Juan
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11 août 2009 2 11 /08 /août /2009 06:48

On compare Sarko à Napoléon. C'est amusant, parfois. Mais la caricature serait presque trop ressemblante. Le régime sarkozyste n'est pas fasciste, ni dictatorial. Mais il s'éloigne peu à peu de la démocratie. L'opposition peureuse et les médias obéissants y sont pour quelque chose.



Evoquer le césarisme sarkozyste c'est diriger la lumière sur le personnage, ses discours et ses pratiques, c'est aussi diriger la lumière vers les médias et l'opposition. Le regard porté vers le personnage permet de faire des comparaisons avec des contemporains comme Berlusconi et au passage de montrer l'entourage : les courtisans, les petits et les grands, les « saigneurs » du prolétariat.

La comparaison montre aussi que le personnage autoritaire n'est pas un dictateur à l'image de l'Italie de Mussolini, de l'Espagne de Franco, du Portugal de Salazar, de la Grèce des Colonels, de la France de Pétain, etc. Cela ne tient pas à une autolimitation du personnage mais renvoie à l'analyse du contexte, celui des institutions qui restent de type « démocratie modeste » en voie de dépérissement, celui des dynamiques à l'œuvre et notamment des oppositions au César et à sa politique qui disposent d'une liberté d'expression.

Car le sarkozysme n'est pas une dictature militaire ni une dictature de notables. Le régime politique n’est pas dictatorial et encore moins fasciste, même si les traits de la forme pénale et policière de l'Etat se renforcent. Le peuple peut décider, peut voter, peut manifester. Il le peut d’une façon très limitée, très modeste mais il le peut. Pourquoi ne le fait-il pas ou si peu ? Il faudra tenter de répondre à cette question.

Le rapprochement avec le bonapartisme

On peut rapprocher ce type de pouvoir personnalisé du bonapartisme, qui admet et même s'appuie sur le suffrage démocratique, mais en effectue un détournement populiste de type extrême-droite (1). André et Francine Demichel (2) définissaient le bonapartisme comme « une dictature de fonctionnaires et de bureaucrates soigneusement triés par le pouvoir. L'institution des préfets est à cet égard très révélatrice ». Les deux derniers conflits du semestre 2009 dans le champ universitaire et celui de l'hôpital montre une volonté de « préfectoralisation », avec la décision de placer des autorités disposant de pouvoirs importants directement subordonnés au volonté du César républicain français.

Le bonapartisme serait, selon André et Francine Demichel, « la traduction historique d'une situation d'équilibre entre les classes. La bourgeoisie, pour maintenir cet équilibre, est amenée tout en conservant bien entendu son pouvoir économique, à déléguer son pouvoir politique ». Sommes-nous dans cette situation ? La crise financière qui a débouché sur une crise économico-sociale sévère pour les travailleurs a mis en accusation le capitalisme. Evoquer le capitalisme prédateur, c'est un premier élément de gagné au plan de l'idéologie. Un élément faible car d'une part c'est le capitalisme financier et parasitaire qui a été accusé, et d'autre part les dirigeants ont annoncés bien vite leur désir de le « refonder ».

En face dans l'opposition on trouve les courants pour une alternative systémique de type éco-socialiste et les courants néo-solidaristes (3) qui s'appuient sur J.M. Keynes, E. Durkheim, L. Bourgeois, C. Bouglé dans cadre de la refondation et de l'alternance. L'enjeu est l'unité sans perdre ses spécificités pour évacuer le césarisme démocratique.

L'offre de changement déçoit une partie du peuple

Il ne suffit pas de dire (3) que les partis de gauche sont divisés et que les syndicats de salariés sont trop nombreux. Certes cette division dans les deux champs de la représentation est problématique mais elle est fondée sur des réalités. Faire l'unité avec le PS au moment où ce dernier penche de tout son corps vers la droite et que certains de ses membres s'y précipitent n'est pas chose facile pour l'autre gauche.

L’autre gauche est celle qui part en lutte, comme elle peut, avec ce qu’elle a, contre le monde-marchandise. Car c’est bien la logique marchande, si valorisée par le néolibéralisme et notamment l'OMC, qui généralise le dol et la compétition, qui porte de la corruption et du carriérisme chez les élites, de l'individualisme et de la cupidité chez les possédants, et du sécuritarisme au sein de la société. Il faut aussi évoquer la xénophobie institutionnalisée et le racisme multiforme montant, le sexisme qui perdure, la laïcité mise à mal. Mauvaise pente ! C'est peu de dire que cette logique globale fait évidemment le jeu du conservatisme.

Pour éradiquer le césarisme démocratique, il y a surtout besoin d'autres valeurs qui ne s'imposent pas d'emblée, notamment celle qui préfère la valeur d'usage à la valeur d'échange, celle qui refuse le capitalisme productiviste, celle qui milite pour un nouveau partage du temps de travail contraire au sarkozysme. Il y a besoin d’une vraie gauche avec un autre rapport au peuple, aux travailleurs, aux services public.

Faut-il rappeler que nous devons tous et toutes participer à la production de l'existence sociale. Cela s'organise politiquement et démocratiquement. Encore faut-il poser le principe républicain. Dans ce cadre, il n'y a pas d'une part celles et ceux qui travaillent 60 heures par semaine à un rythme élevé et avec des sursalaires et d'autre part celles et ceux qui sur le bord regardent trois euros en poche les champions du travail salarié. En conséquence, la gauche mandarinale ne saurait remplacer la droite préfectorale. Or on ne sent pas, c'est le moins qu'on puisse dire, au sein du PS, une gauche qui ose le changement. De celle-là, il ne faut rien attendre, que des coups-bas, avouent de nombreux salariés. Et pourtant pour le coup de boutoir, il va sans doute falloir oser une unité à l'image de celle construite par les syndicats pendant le premier semestre 2009.

L'insignifiance du monde et le formatage des esprits

Une mauvaise opposition n'explique pas tout de l'installation du césarisme démocratique. Si l’école démocratique a bien fait monter le niveau scolaire, les médias ont su faire baisser le niveau d’analyse critique. On se trouve donc face à une montée de l’insignifiance du monde de par un double formatage des esprits : celui des médias « libres » en Occident et celui des religions ailleurs.

Pas tous les médias ; et les religions sont aussi subdivisées. Mais la tendance lourde est là. Et ce formatage se cache derrière le pluralisme. Nous avons le sentiment de choisir notre divertissement. Ce divertissement a très souvent pour trame principale la fuite des questions aujourd'hui posées à l'humanité. Ici, il faut pointer à côté de la fatigue montante au travail l’embourgeoisement relatif d’une partie du peuple-classe. Stratégie du confort et de l’aisance financière la distingue de l’autre partie plus « en-bas » qu’elle. En somme la petite-bourgeoisie indépendante (professions libérales) et la petite-bourgeoisie salariée (les échelons de commandement supérieur du privé et du public) n’ont pas encore subi les effets de la crise, ni même leurs enfants. Certains en perçoivent même encore les fruits.

La montée de l’insignifiance du monde mène aussi bien au vote Sarkozy qu’à l’abstention, en tout cas au désintérêt de la chose publique. Car il n’y a pas que la montée du religieux, notamment intégriste, à pointer du doigt en ce début de siècle. L’obscurantisme se généralise sur tous les fronts. Les cerveaux se ramollissent. Ils gardent leur efficacité pour l’intelligence technicienne, pour la rationalité instrumentale, celle qui vient qualifier la force de travail. Mais comme citoyen le désert de la pensée progresse sur deux fronts. Les esprits sont de plus en plus coincés entre l’intensification du travail (pour ceux et celles qui travaillent) et l’abrutissement médiatique délivré aussi bien pour le repos du « guerrier économique » que pour le chômeur oisif. A cela s’ajoute le journalisme à sensations qui déploie « le poids des mots et le choc des photos ». La censure existe toujours mais ce n’est pas elle qui formate les esprits à l’acceptation du monde tel qu’il va.

Jamais les raisons de se révolter n'ont été aussi fortes, jamais les pesanteurs confortables du repli familial et du divertissement médiatique ont été encore plus puissantes. La capacité d’endormissement des consciences par les grands appareils d’influence médiatiques est surprenante. Ils disposent il est vrai de gros budgets, d’experts en techniques de propagande et de désinformation.

L’idéologie médiatique fonctionne à flux tendu sur les deux registres les plus perturbateurs pour l’individu : d’une part la monstration de ce qui est beau et séduisant - stars ou objets marchands - assimilé à ce que possèdent les riches et qui suscite une envie relative des déshérités, et d’autre part la monstration de ce qui est laid, puant, terrorisant et qui insécurise le peuple tout comme les riches. L’esprit du « chacun pour soi » se marie bien avec l’esprit de consommation marchande lié au besoin de confort généralisé. Comme l’esprit de « lutte des places » s’intègre à merveille à l’esprit de la concurrence généralisée du credo du libéralisme économique. Un tel ensemble génère au mieux un souci de conservation de son pré carré et une demande politique sécuritaire.

Pourtant, tout n’est pas noir. D’abord, il existe une presse critique. Il existe toujours des réseaux de solidarité de lutte éloignés des tactiques compassionnelles. Il existe un désir d’apprendre et de changer le monde. Il faut qu’il puisse se présenter aux lieux de débats et se confronter aux pensées critiques. Et exiger ensuite la démocratie véritable. Mais la démocratie demande du temps, de la pédagogie, de l'attention. Elle est aussi coûteuse. Mais elle est un des vecteurs du changement.

 

1) Ambiguïté du mot populisme : Pour les uns, le terme recouvre l'attitude des mouvements politiques de gauche qui veulent le gouvernement du peuple, pour le peuple et par le peuple dont ils font partie. Le peuple se distingue ici nettement de la classe dominante la bourgeoisie. On pourrait parler de peuple-classe. L'idéologie déployé est démocratique et égalitariste : justice sociale et justice fiscale. La critique du capitalisme y est courante mais avec des variations et donc des courants divers. Pour les autres, à l'extrême-droite, le populisme est une critique des élites politiques et médiatiques mais pas de la classe dominante. Il ne s'agit pas d'abaisser les pouvoirs de la bourgeoisie mais de remplacer les élites qui font le jeux de l'étranger, qui sont trop tournées vers l'extérieur. Ce populisme nationaliste débouche très souvent sur une xénophobie et un racisme mal cachés. Enfin, le terme est utilisé en sciences politiques pour englober l'un et l'autre des usages. Un terme à manier avec précaution pour qui entend être bien compris.

2) dans Les dictatures européennes d'André et Francine Demichel (PUF 1973)

3) Libertés, les blogueurs s'inquiètent : vers le Césarisme démocratique ?

Retrouvez les articles de Christian Delarue sur le blog Contre-feux
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11 août 2009 2 11 /08 /août /2009 06:43


Une jeune française, arrêtée le 1er juillet dernier en Iran, est emprisonnée depuis cette date. Accusée d'avoir participé aux manifestations qui ont suivi l'élection présidentielle contestée d'Amaninedjad, elle a été précipitée dans un procès inique samedi 8 août.

Samedi, un homme se fait sauter devant l'ambassade de France à Nouakchott, la capitale mauritanienne. La France a été l'un des rares pays à soutenir, très tôt, le général putchiste devenu depuis président après un élection contestée.

La France de Nicolas Sarkozy est-elle en passe de subir un véritable fiasco diplomatique ?

En Iran, le procès honteux
Tout est possible en Iran. La jeune universitaire figure à son procès, accompagnée, à sa droite, d'une policière iranienne. En public, elle s'est accusée, suivant un cérémonial digne des procès de Moscou des années 40: « J'ai écrit un rapport d'une page et je l'ai remis au patron de l'Institut français de recherche en Iran qui appartient au service culturel de l'ambassade de France. » Et encore: « Les motifs de ma participation aux manifestations étaient personnels (…) mais j'accepte que c'était une erreur et je n'aurais pas dû participer à ces rassemblements. (…) Je demande pardon au pays, au peuple et au tribunal d'Iran et j'espère que je serai graciée. » Deux autres étrangers travaillant pour des ambassades étrangères figuraient dans le box des accusés, tels Hossein Rassam de l'ambassade de Grande-Bretagne et Nazak Afshar, une franco-iranienne de 50 ans du service culturel de l'ambassade de France. Le fils de cette dernière a pris à partie les médias vendredi dernier:

« Elle a été arrêtée sans mandat et interrogée sur des mails qu'elle a envoyés à des amis et dans lesquels elle racontait les manifestations. Son ordinateur a été confisqué il y a quinze jours.

Son seul crime est d'être française et de travailler pour l'ambassade française depuis dix-huit ans. Elle est prise en otage par une justice injuste. »

La France maladroite ?
A l'annonce du procès de Clotilde Reiss, le Quai d'Orsay a réclamé officiellement sa libération immédiate. Dimanche 9 août, Bernard Kouchner s'est à nouveau exprimé, cette fois-ci sur LCI: "Je veux m'adresser avec force aux autorités iraniennes : ces allégations ne tiennent pas. Clotilde Reiss n'est coupable de rien du tout". Le 6 juillet dernier, Nicolas Sarkozy avait également dénoncé cet emprisonnement. Depuis son élection, le président français a adopté une position brouillonne face à l'Iran, un mélange de provocations verbales sans lendemain et d'ouverture : il s'est montré particulièrement hostile à l'Iran, mais en même temps il a toujours laissé la porte ouverte à un équipement nucléaire civil de l'Etat perse. Sarkozy a ainsi prêché les sanctions, appelé à la société civile (?), installé une base française à quelques kilomètres des côtes de l'Iran, et critiqué "l'ampleur de la fraude" électorale lors du scrutin de juin dernier. Mais il persiste aussi à proposer un accord nucléaire civil si l'Iran renonçait à ses plans militaires.

Une position qui tranchait avec le constat lucide de Barack Obama: "La différence entre M. Ahmadinejad et M. Moussavi en terme de politique pourrait ne pas être aussi grande que ce qui a été dit, avait-t-il déclaré en juin dernier. "D'un côté comme de l'autre, nous allons traiter avec un régime iranien historiquement hostile aux Etats-Unis."

La "fermeté" française se veut "originale". Qui peut croire que confier la technologie nucléaire civile à l'Iran l'empêchera de maîtriser des armes nucléaires ? S'agit-il, pour Sarkozy, d'un constat d'échec masqué sous des déclarations péremptoires ?

Candidat, Sarkozy ne disait pas autre chose: « Si je suis président de la République, je me battrai sur deux fronts, d’abord des sanctions sur ce régime iranien, et deuxièmement pour l’unité de la communauté internationale » avait-il expliqué le 28 avril 2007, quelques jours avant le second tour de l'élection présidentielle française. « On ne peut pas laisser le président iranien avec dans ses mains l’arme nucléaire, c’est absolument insensé... J’ai confiance dans les débats internes en Iran. Il faut que les sanctions obligent la société civile iranienne à prendre position et à faire céder le gouvernement iranien. »

L'échec de la constestation post-électorale en Iran en juin dernier l'a-t-il fait changer d'avis ?

En Mauritanie, le mauvais camp
Nicolas Sarkozy a rapidement choisi le camp de
Ould Abdel Aziz, le général putchiste en 2008. L'élection présidentielle qui s'est tenue il y a peu a été contestée. La Sarkofrance n'en a cure. On applaudit avec Alain Joyandet, le secrétaire d'Etat à la Françafrique. Samedi, un homme a joué les kamikazes. Il s'est fait sauter avec une bombe devant l'ambassade de France dans la capitale mauritanienne. "Une source policière a assuré samedi soir à l'AFP que le kamikaze était un Mauritanien né en 1987 et "formellement identifié comme un membre de la mouvance jihadiste"." Jo
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8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 09:25


Alors candidat à l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy avait promis ... un désengagement de l'Afghanistan: "Il était certainement utile qu'on les envoie dans la mesure où il y avait un combat contre le terrorisme. Mais la présence à long terme des troupes françaises à cet endroit du monde ne me semble pas décisive". Un an plus tard, parvenu à l'Elysée, le monarque nous expliqua le contraire: en février 200!, il fallait renforcer le contingent français aux côtés des forces de l'Otan, pour lutter "pour la paix" et combattre "les barbares". Un petit millier d'hommes rejoint alors les troupes sur place. Le 19 août 2008, dix soldats français périssaient dans une embuscade. Nicolas Sarkozy célébrait la mémoire des "combattants de la paix".

Samedi dernier, on apprenait qu'un soldat du Régiment d’infanterie de Marine de Vannes, âgé de 22 ans, avait été tué dans une embuscade qui coûta la vie à 5 autres militaires étrangers. Le communiqué de la présidence française prit des accents bushistes : "Le chef de l’État a une nouvelle fois condamné avec force les pratiques lâches et barbares des ennemis de la paix en Afghanistan et a réaffirmé la détermination de la France à lutter, aux côtés du peuple afghan, contre l’obscurantisme et le terrorisme." Trois autres militaires français ont été blessés le 21 juillet. Il n'y a eu que 29 morts français depuis 2011, dont près de la moitié depuis 2 ans...

Strapontin à l'OTAN
Il y a quelques mois, la France a rejoint le commandement militaire intégré de l'Otan, après l'avoir quitté en 1966. Le débat sur cette réintégration a été occulté. Sarkozy l'ayant officiellement annoncé sept jours avant le débat parlementaire. Depuis, la Sarkofrance tente de convaincre une opinion française dubitative que ce renforcement signifie rééquilibrage en faveur de l'Europe au sein de l'alliance atlantique. Le 30 juillet dernier, un officier français s'est ainsi trouvé nommé au poste de Commandant suprême allié de la Transformation à Norfolk, l'un des deux strapontins promis aux Français pour leur ralliement. L'Elysée a le communiqué triomphant: "Cette nomination, après celle du général Philippe STOLZ au poste de Commandant de l’état-major de force interarmées le 20 juillet dernier, confirme le renforcement du rôle de l'Europe au sein de l'Alliance, qui était au cœur de la décision de la France de reprendre toute sa place dans la structure de commandement de l'OTAN."

Rupture consommée avec le monde arabe ?
Mardi 4 août, le numéro d'Al Qaida a nommément visé la France. La Sarkofrance est la cible. Ayman al-Zawahiri s'en est pris aux polémiques françaises sur le port du voile et la burqa: «La France prétend être un pays laïque alors que son coeur est plein de haine pour les musulmans». D'après un récent rapport, la police française n'a recensé que 367 burqa. Pas de quoi fouetter un chat. Pourtant, le sujet, utilement symbolique, est pris en exemple par les fondamentalistes.

Nicolas Sarkozy avait tenté de solidifier nos relations au Moyen Orient. Mais l'Union Méditerranéenne s'est brisée sur la guerre à Gaza. Retour au point de départ ?

Au Royaume Uni, un rapport critique de la commission des affaires étrangères de la chambre des Communes est sorti ces derniers jours. La stratégie britannique, mise en oeuvre par Tony Blair depuis les attentats du 11 septembre, est sévèrement tâclée. Nos voisins s'aperçoivent de l'enlisement afghan.

La Sarkofrance reste anachronique.

Publié par Juan
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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 07:32

"Bien entendu qu’il faut négocier avec les Talibans" (Bernard Kouchner au Figaro, le 3 août 2009) "Le dialogue avec les Talibans, honnêtement, hein, je ne crois pas !" (Nicolas Sarkozy dans son intervention de l’Elysée, le 24 avril 2008)

La France a-t-elle infléchie sa position sur les Talibans pour se mettre au diapason de l’Etat-major américain ? Le Président et son ministre des Affaires Etrangères joueraient-ils au bon flic/mauvais flic (le négociateur et l’intransigeant) ? Ou, plus simplement, les deux hommes ne seraient-ils pas sur la même longueur d’onde quant à un possible dialogue avec les fondamentalistes musulmans d’Afghanistan ? Au lendemain de l’interview de Kouchner au Figaro, le blog anti-Sarkozy larageauventre.blogspot.com a mis en ligne un extrait de l’interview présidentielle datant du 24 avril 2008. Plus inflexible que jamais, Sarkozy répétait son refus catégorique de traiter avec les Talibans au moment de justifier l’intervention française en Afghanistan : "Moi ouvrir un dialogue avec des gens qui ont amputé d’une main une femme parce qu’elle avait mis du vernis à ongles, qui ont empêché des millions de petites jeunes filles d’aller à l’école, qui ont mis à terre des Bouddhas qui avaient plusieurs siècles d’histoire... qui lapident la femme prétendument adultère... Si c’est pour discuter avec cette équipe là, je pense qu’on n’aurait pas grand chose à se dire". Comme le dirait lui-même notre Président, "c’est clair, c’est simple, c’est net !"
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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 05:43
 


Dans l'affaire des sondages manipulés par l'Elysée, un autre sondeur et "spin-doctor" a fait surface. Pierre Giacometti émarge sur le budget du premier ministre. Mais il travaille en fait pour l'Elysée, comme l'expliquait Philippe Cohen dans Marianne le 25 juillet dernier.

Pierre Giacometti a travaillé pour l'institut BVA puis IPSOS avant de fonder son propre cabinet. Il a également assisté Nicolas Sarkozy avant son élection à la Présidence de la République. Le 6 mai 2007, il travaillait encore pour IPSOS, mais il était invité à la soirée du Fouquet's, par son "client privilégié".

A l'instar de Patrick Buisson, le fondateur de Publifact et heureux bénéficiaire d'un contrat annuel de 1,5 millions d'euros auprès de la Présidence - et d'une aide de 270 000 euros du gouvernement pour la chaîne thématique qu'il dirige en 2008 et 2009 - Pierre Giacometti s'est vu confier une mission auprès du Président une fois élu. Les amis, ça compte en Sarkofrance !

« C'est une relation qui dure depuis de longues années, mais ce n'est pas quelque chose dont je parle beaucoup, dont je pense qu'il faille se vanter… Ce n'est pas mon tempérament de répondre à tout ce que je peux lire ou entendre.

Se connaître dans la vie n'empêche pas d'avoir des relations professionnelles. Mieux, cela permet de travailler en confiance, et c'est vrai qu'un lien de confiance nous unit. De la confiance, mais aussi quelque compétences. »

Pierre Giacometti, cité par Rue89.

Le contrat conclu entre Giacometti et l'Elysée n'a pas été dévoilé. Il est connu depuis longtemps. Dès la création de sa propre agence, Giacometti a émargé auprès de Sarkozy, à compter de mars 2008. Cette prestation de Pierre Giacometti pour l'Elysée a été obtenue sans appel d'offre. Elle n'est pas mentionnée par la Cour des Comptes dans son rapport de la mi-juillet.
« Bien sûr qu'il y a un contrat », confie Pierre Giacometti à Rue89. « Il s'agit d'un contrat de gré à gré [contrat librement négocié entre les parties, ndlr], passé sans appel d'offre, comme il est de coutume à l'Elysée, bien avant 2007. » Pour la durée ou le coût, il faudra cependant repasser : « Là, seul le client peut vous renseigner. »

« Il s'agit de conseil en stratégie fondé sur l'intelligence d'opinion, c'est-à-dire sur toutes les ressources documentaires disponibles, que ce soit par les médias, par les études qualitatives… »
Tout juste a-t-on appris qu'il avait également gagné un appel d'offre auprès du Premier Ministre. La prestation est redondante avec les missions du Service d'Information du Gouvernement. Thierry Saussez, qui dirige ce dernier, n'était pas au courant. D'après Rue89 les services du Premier ministre rémunère ainsi Pierre Giacometti, quelques 358 000 euros par an:
« La mission sera constituée continûment et simultanément de deux unités d'oeuvre» :
  • « La première consistera en l'élaboration et la présentation de diagnostics hebdomadaires synthétiques basés sur les différents matériaux d'information relatifs au Gouvernement, et sur la veille média. »
  • « La seconde consistera notamment en l'accompagnement des investissements du Cabinet du Premier ministre en matière d'achat d'études.»
Quand il intervient dans les médias, Pierre Giacometti ne mentionne pas, à destination du grand public, qu'il travaille en fait pour l'Elysée. On ne mentionne que son titre, jamais son commanditaire. Le 22 juin dernier, peu avant l'intervention de Sarkozy au Congrès à Versailles, le "fondateur du cabinet Giacometti Péron & Associés" expliquait ainsi sur BFM qu' "il y finalement deux éléments majeurs dans l’intervention du président de la République qui seront probablement au cœur des débats qui suivront immédiatement et dans les jours qui viennent." Ou encore : "On a fait une réforme des institutions qui a entraîné un rééquilibrage des pouvoirs en faveur du Parlement et la fin d’une forme de relation équivoque entre le Parlement et le président de la République, qui est une vieille histoire de la République en France."

Le 22 mai dernier, Giacometti était invité par le fiston Jean Sarkozy à une réunion de l'UMP locale. Sans commentaire.

Publié par Juan
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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 04:14


Le gouvernement veut confier la gestion de 250 à 320 000 chômeurs à des prestataires privés. Vendredi 31 juillet, les résultats de l'appel d'offre ont été partiellement publiés. Sur les 64 lots définis, une dizaine n'ont pu être attribués, à cause de contestation.

Appel d'offre contesté
En mars dernier, Pôle emploi avait lancé son appel d'offres, dénombrant 64 lots. La semaine dernière, 54 lots ont pu être attribués à quelques-uns des 281 candidats. Deux types de prestations sont concernées: trouver un emploi à des chômeurs de longue durée, et accompagner des licenciés économiques. Vendredi 31 juillet, Pôle emploi a publié la liste des 31 premiers prestataires choisis.

Sur deux ans, quelques 450 millions d'euros seront dépensés par pôle emploi pour cette sous-traitance. Le placement des chômeurs devrait être efficace. Primo, ces cabinets privés auront une obligation de résultat. "Chasseurs d'emploi", ils seront rémunéré quelques 3500 euros par emploi retrouvé. Deuxio, les conseillers privés gèreront près de deux fois de chômeurs chacun que leurs homologues de pôle emploi, à en croire les expériences en cours déjà menées. Actuellement, le traitement de quelques 87 000 chômeurs est déjà sous-traité.

Dans son communiqué de presse vendredi dernier, Pôle emploi conclue sobrement : "La notification de 10 lots complémentaires a été reportée de quelques semaines en raison de procédures de référé suspension devant le Tribunal administratif de Paris."

Altedia, le cabinet du conseiller
Grand gagnant de l'opération, l'entreprise Sodie, ex-filiale d'Usinor et désormais propriété du groupe Alpha, a emporté 12 lots (Est-francilien, Centre, Pas-de-Calais pour les publics éloignés de l'emploi, et Ouest francilien, Est francilien, Sud-est francilien, Bourgogne, Nord, Pas-de-Calais, Lorraine, Bretagne, Poitou-Charentes pour les licenciés économiques). Suivent ensuite Manpower (11 % des lots), Vedior Bis (groupe Randstad, 7 %), Arcade Conseil (7 %), Eurydice (groupe Synergie, 6 %), le partenariat AFPA-Altedia (6 %), et Adecco (5 %).

Parmi les autres prestataires retenus, on découvre ... Altedia. Nous avions déjà mentionné l'information: Altedia est un cabinet appartenant au conseiller social de Nicolas Sarkozy, Raymond Soubie. Mélange des genres ? Dans les résultats communiqués par Pôle Emploi vendredi, Altedia récupère le lot numéro 40, l'accompagnement des licenciés économiques en Haute Normandie.

Publié par Juan
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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 03:58



Le Collectif des familles des victimes de l'attentat de Karachi en mai 2002 a un site. Il permet de relayer leurs inquiétudes, d'informer des progressions de l'enquête, de pousser des cris d'alarme.
Ces derniers jours, l'association lance une pétition, que je vous invite à signer.

Cette affaire est bizarre. Elle traîne depuis longtemps. On soupçonne des commissions occultes en faveur d'une certaine campagne électorale française. On nous a promis la levée du secret défense... pour septembre. Le Monarque a refusé de revoir les familles depuis les révélations récentes.

Cette affaire est bizarre.

"NON AU MEPRIS DU CHEF DE L’ETAT A L’EGARD DES FAMILLES DES VICTIMES DE L’ATTENTAT DE KARACHI !
En Avril 2008, l’ensemble des familles de victimes de l’attentat du 8 Mai 2002 à Karachi était reçu, par Le Président Nicolas SARKOZY alors qu’une instruction était en cours au Tribunal de Grande Instance de Paris depuis plusieurs années.
Il s’était alors engagé à nous informer des avancées de l’enquête et à nous recevoir chaque année pour nous assurer de la volonté de l’Etat français que toute la vérité et la lumière soient faites sur cet acte criminel odieux.

A la suite des révélations parues dans plusieurs grands quotidiens nationaux courant décembre 2008, nous avons souhaité être à nouveau reçu par le Président de la République à l’Elysée comme il s’y était engagé.

Le 20 Janvier 2009, Le Chef de l’Etat nous fit savoir de manière stupéfiante, par l’un de ses plus proches conseillers, qu’il ne pouvait faire droit à cette demande puisqu’« en application du principe constitutionnel de séparation des pouvoirs, le chef de l’Etat ne peut intervenir dans le cours d’une procédure judiciaire ».

C’est à se demander si ces mêmes principes n’étaient pas présents à l’esprit du Chef de l’Etat lorsqu’il nous avait reçus en Avril 2008.
Face à notre incompréhension, nous avons réitéré notre demande d’être reçu par le Chef de l’Etat le 8 mai 2009, cette requête est restée sans réponse à ce jour et pour cause….

En effet, le 18 Juin 2009, lors de notre rencontre à Cherbourg avec les Juges d’Instruction en charge de l’information, ceux-ci nous informaient notamment du fait que le mobile de l’attentat pouvait être lié à l’arrêt du versement de commissions du fait de l’existence de rétrocommissions illicites en relation avec la vente de sous-marins au Pakistan. Cette décision de ne plus honorer la parole de la France ayant été prise sous la Présidence de Monsieur Jacques Chirac.


Le lendemain, soit le 19 Juin 2009, Le Président Nicolas Sarkozy déclarait en réponse à une question d’un journaliste de l’AFP : « C’est ridicule […] C’est grotesque […] Qui peut croire à une fable pareille ? ».

Nous demandons instamment au Chef de l’Etat de tenir ses engagements à notre égard et de nous recevoir afin qu’il réitère la volonté solennelle de l’Etat français que rien ne viendra s’opposer à la recherche de la vérité et que le crime de nos proches ne restera pas impuni.
Soutenez nous en signant la pétition."
Pour signer la pétition, rendez-vous ici.
Publié par Juan
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1 août 2009 6 01 /08 /août /2009 06:55


Il y a 15 jours, la Cour des Comptes révélait dans un rapport sur les dépenses de l'Elysée qu'un cabinet de conseil (depuis identifié comme étant Publifact, créé et géré par Patrick Buisson), avait déboursé pour le compte de la Présidence de la République 392 000 euros au titre des baromètres mensuels "Politoscope" réalisés par OpinionWay.

Les dirigeants d'OpinionWay ont cru bon de se défendre dans une tribune publiée par ... Le Monde. Pourquoi donc Le Monde, et non pas le Figaro, leur client habituel ? Curieuse manière de répondre dans un autre journal que celui habituellement friand et client des sondages de l'institut. Les lecteurs du Figaro ne méritent-ils pas d'informés ?

Qu'écrivent donc Hugues Cazenave et Denis Pingaud, respectivement président et vice-président d’Opinion Way ? Ils menacent les critiques de procès en diffamation. Ils expliquent également que (1) l'Elysée ne représente que 3% du chiffre d'affaires de leur entreprise, (2) leurs sondages ne sont pas trafiqués, (3) ils font des jaloux dans la profession comme tout nouvel entrant qui bouscule le marché.

Bref, Opinion Way répond... à côté.

1. L'Elysée finance des sondages de manière occulte.
Ces sondages sont achetés et publiés par le Figaro, sans qu'il soit fait mention du financement élyséen. La somme déboursée par le Figaro est ridiculement faible par rapport au financement de l'Elysée, 50 000 euros pour 30 sondages en 2008. Ce qui fait dire à certains que la Présidence de la République est le commanditaire principal de ces sondages. N'aurait-il pas été plus transparent et "moral" d'afficher clairement ce financement présidentiel ?

2. En période électorale, ce financement occulte est illégal.
Quand un sondage a un lien direct ou indirect avec une élection, la loi impose de publier tous ses commanditaires. Or certains baromètres du "Politoscope", mentionnés par la Cour des Comptes, publiés avant les élections (municipales ou européennes) tombent sous le coup de cette obligation légale de transparence. Les deux dirigeants ne répondent pas sur ce problème.

3. Grâce à la publication de sondages qu'elle finance, l'Elysée manipule le débat public.
On aurait aimé connaître l'avis de ces deux experts sur la profusion de sondages publics ainsi financés par l'Elysée. Il ne se passe pas une semaine sans qu'un sondage déboule dans les colonnes d'un journal ou les ondes d'une radio. Tout est sondé, et tout le temps. Par leurs questions/réponses, les sondages orientent le débat politique. Quand on apprend, grâce à la Cour des Comptes, que l'Elysée en finance une soixantaine par an, on mesure combien l'entreprise de manipulation est importante. Si les sondages d'OpinionWay ne sont pas trafiqués, le débat politique en sarkofrance l'est assurément.

4. OpinionWay confirme que Publifact émarge à 50%
Les deux dirigeants démentent avoir perçu l'intégralité des 392 000 euros facturés par Buisson à l'Elysée au titre de leurs propres sondages: "OpinionWay a facturé, en 2008, au cabinet-conseil moins de la moitié de la somme évoqué par la Cour - 392 000 euros - comme étant la facturation de ce même cabinet à l'Elysée." Publifact émarge donc à 50% sur une prestation de service d'une simplicité troublante.

5. Opinion Way n'exagère-t-il pas son travail spécifique pour l'Elysée ?
Les deux dirigeants expliquent leur prestation élyséenne recouvrait en fait "trois prestations distinctes : un baromètre d'image du président de la République ; des études confidentielles ad hoc sur des sujets d'actualité ; les analyses détaillées, enfin, du fameux Politoscope, c'est-à-dire les tris par catégories de population - ce qui représente des centaines de pages de compte rendu". Visiblement, Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée et plus proche collaborateur du Président, ne voit pas vraiment la différence avec ce que le Figaro publie, lorsqu'il déclare il y a 15 jours au micro d'Europe1: "On commande des sondages, si des journaux veulent acheter les mêmes, nous on n'y peut rien."

6. OpinionWay menace.
L'article se clot sur une menace de procès. Pourtant, Hugues Cazenave et Denis Pingaud accusent leurs confrères de financement passé par les fonds secrets de la Présidence de la République. Diffamation contre diffamation ?

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Publié par Juan
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